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La paix en Afghanistan ne se fera pas sans les Afghans

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Après la signature d'un accord préalable à la paix en Afghanistan par les Etats-Unis et les talibans, le président afghan tente de reprendre la main sur des négociations dont Kaboul a été exclu jusque-là. Pete Buttigieg quitte les primaires démocrates US : le "tout sauf Bernie Sanders" prend forme.

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Il manque quelqu'un sur cette photo saurez-vous retrouver qui ? Crédits : Stringer / EPA - Maxppp

Une question ce matin : Donald Trump peut-il faire la paix en Afghanistan... sans l'Afghanistan ? 

Nous sommes 48 heures après la signature à Doha d'un accord préalable entre les Etats-Unis et les talibans afghans, un accord qui selon le président américain doit lui permettre de tenir l'une de ses principales promesses à savoir le retrait des marines d'Afghanistan après 18 années de guerre. 

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Mais si vous avez bien lu la phrase que je viens de prononcer, vous avez remarqué une chose importante : l'accord de samedi n'impliquait pas, à ce stade, les autorités afghanes. Les Etats-Unis et les talibans ont négocié sans Kaboul ; officiellement la négociation afghano-afghano entre le gouvernement afghan et les islamistes doit démarrer le 10 mars, dans le respect du cadre défini à Doha. 

Jusqu'à ce dimanche, analyse donc Le Temps depuis Genève, il manquait une voix, et pas des moindres, au grand concert pour la paix en Afghanistan : la voix du président afghan Ashraf Ghani.. Et quand celle-ci s'est fait entendre on a compris qu'à "peine signée, cette paix est déja fragilisée". Ashraf Ghani, écritr Filippo Rossi, incarne "l'autre visage de l'Afghanistan", celui que l'on a pas vu samedi se réjouir, celui qui s'inquiète en particulier que les Américains aient un peu vite accepté comme condition préalable la libération de 5000 prisonniers talibans en échange de 1000 autres en sens inverse. 

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"Cette décision, de libérer ou non des milliers de prisonniers talibans, elle revient au gouvernement afghan et pas aux Etats-Unis", tempête le chef de l'Etat en Une du Daily Afghanistan, ce quotidien de Kaboul qui pose le problème dans son dernier édito : "l'accord préalable de paix de Doha contient de graves violations de la souveraineté nationale afghane". Alors oui, quand Ashraf Ghani dit que ni Washington ni les talibans ne peuvent l'obliger à relâcher 5000 combattants islamistes dans la nature, il "veut réaffirmer son pouvoir", comme le résume Le Temps, lui qui a eu le sentiment d'être "mis sur la touche" ces 18 derniers mois. Et de préciser cette fois dans les colonnes de l'Afghanistan Times qu'on "peut discuter de l'échange de prisonniers, mais pas l'imposer de l'extérieur".  

Un autre aspect du casse-tête afghan, c'est que les Talibans ne reconnaissent pas la légitimité politique du président et de son gouvernement, des autorités qu'ils acceptent tout au plus de qualifier d'"administration de Kaboul" dans les textes signés samedi.  C'est dire si la paix est encore une perspective très lointaine, poursuit la chaine d'info afghane Tolo News qui rajoute encore un niveau de complexité : figurez-vous que le président Ashraf Ghani est en désaccord avec son premier ministre Abdullah Abdullah sur la formation-même de la délégation qui doit négocier avec les talibans à partir du 10 mars, chacun s'accusant de vouloir placer ses hommes et affirmer sa domination sur ladite délégation. 

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Il faut rappeler que Ghani et Abdullah se sont affrontés lors de la dernière présidentielle afghane l'an dernier, que le second n'a jamais reconnue la victoire du premier et qu'ils dirigent le pays depuis ensemble au prix d'une très fragile et conflictuelle union nationale. Tout ça, vouys l'aurez compris, nous dit bien à quel point la prudence est de mise avant de crier à la victoire de la paix en Afghanistan. Comme l'écrit le spécialiste de l'Asie Michael Kugelman dans le quotidien saoudien The Arab News, "la partie la plus dure des négociations ne fait que commencer". 

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Pour que la paix ait une réelle chance, il faudra que Donad Trump montre qu'il la veut vraiment, cette paix afghane, qu'il ne se contentera pas de retirer ses troupes pour satisfaire sa base, et "après moi, le déluge". Il faudra enfin, conclut Michael Kugelman, "que les Talibans acceptent d'abandonner la violence comme principale arme d'affirmation politique".  

"Ce sera dur, ce sera long" mais une chose est sûre : ce sont les Afghans eux-mêmes qui parviendront (ou pas) à faire la paix, personne d'autre ne pourra le faire à leur place.

Aux Etats-Unis les primaires démocrates sont entrées dans une nouvelle phase ce week-end. 

Ca devrait encore s'accélérer demain avec le "Super Tuesday", les 14 Etats dont le Texas et la Californie plus les démocrates de l'étranger qui vont désigner leur favori dans la course à l'investiture présidentielle, mais si ces dernières heures semblent avoir fait basculer les démocrates vers la phase finale  de ces primaires,... c'est avec le retrait la n,uit dernière du candidat Pete Buttigieg. 

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Le jeune maire de South Bend dans l'Indiana, 38 ans et inconnu du grand public il y a encore un an, a mis fin à sa campagne, un peu à la surprise générale, avant donc le Super Tuesday et juste après la primaire de Caroline du Sud samedi où il n'était arrivé que quatrième. "Buttigieg n'a pas réussi à séduire l'électorat afro-américain et à élargir sa base" analyse The New York Times. Le candidat s'en remet donc aux chiffres et se retire pour, dit-il, "donner un maximum de chance à l'union des démocrates pour désigner un candidat fort et battre Donald Trump, in fine en novembre"

Pete Buttigieg, souvent comparé à Barack Obama en 2008, pour l'élan de popularité quy'il a réussi à faire naître en quelques mois autour de sa personne, restera dans l'histoire des Etats-Unis comme le premier candidat ouvertement gay à la Maison Blanche,  précise Politico... avant de pronostiquer, comme la plupart des autres commentateurs américains, que cet homme-là est promis à un bel avenir aux avants-postes de la politique nationale.   

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Mais "Mayor Pete", comme il a été surnommé, c'était aussi l'un des candidats de la frange la plus centriste du Parti démocrate : s'il se retire, lit-on également dans Politico, c'est parce que lui et les financeurs de sa campagne ont compris qu'il n'était pas le mieux placé pour incarner cette partie-là de l'électorat, celle qui veut arrondir les angles, attirer des ex-républicains en froid avec Donald TRump, bref réunir l'Amérique sur une base centriste et consensuelle. 

Cette stratégie-là, avec le retrait de Buttigieg, c'est l'ancien vide-président Joe Biden, grand vainqueur de la primaire de samedi en Caroline du Sud, qui en est désormais le fer de lance.  D'ailleurs dans The Los Angeles Times on nous explique à quel point Biden, que l'on disait hors-jeu au début des primaires, a repris du poil de la bête et se plait à expliquer que désormais "la course à l'investiture se joue entre deux hommes", lui et Bernie Sanders. Le Sénateur du Vermont incarne, lui, l'aile socialiste radicale du Parti démocrate, et depuis qu'il s'est affirmé en favori pour l'investiture lors des premiers caucus, il est devenu l'homme à abattre pour l'establishment du parti. 

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Pete Buttigieg quitte la campagne, et "tous les candidats qui veulent faire barrage à Sanders devraient en faire de même", préconise Tiana Lowe dans The Washington Examiner. Le "tout sauf Bernie Sanders" prend forme et le Chicago Tribune retient cette phrase en particulier prononcée par le maire de South Bend hier soir : "l'heure de vérité" est arrivée pour le camp démocrate.

Chroniques

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