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Manifestation sous la pluie samedi 1e août à Khabarovsk

Russie : d'inhabituelles manifestations anti-Kremlin se poursuivent à Khabarovsk

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Les manifestants dénoncent depuis quatre semaines l'arrestation, selon eux politique, de leur gouverneur. Dans cette revue de presse, nous nous intéressons également au Zimbabwe où le régime est accusé de profiter la crise du coronavirus pour intensifier les arrestations d'opposants.

Manifestation sous la pluie samedi 1e août à Khabarovsk
Manifestation sous la pluie samedi 1e août à Khabarovsk Crédits : Aleksandr YANYSHEV / AFP - AFP

Dans l'Extrême-Orient Russe, se déroule un étonnant mouvement anti-Kremlin qui pose plusieurs questions.

Pour le quatrième week-end consécutif, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis dans la ville de Khabarovsk. Ils ont défilé en scandant des slogans contre le pouvoir par exemple "Poutine démission".

Ils protestent contre l'arrestation de leur gouverneur Sergueï Fourgal, élu il y a deux ans contre le candidat du Kremlin. Officiellement Sergueï Fourgal a été interpellé pour des meurtres présumés qui remonteraient au milieu des années 2000. Mais pour les habitants de la région, il s'agit d'un emprisonnement politique. Vladimir Poutine n'a selon eux simplement pas accepté cette défaite électorale pour son camp.

Le magazine anglais New Statesman nous en parle plus en détails.  "Fourgal, écrit-il, avait été autorisé à se présenter aux élections de 2018 dans une démonstration chorégraphiée de compétition, mais il était supposé n'avoir aucune chance de gagner. La réforme controversée des retraites cette année-là avait cependant galvanisé la colère du public, et le vote Furgal était apparu comme un vote de protestation contre les autorités".

Voilà ce qui explique notamment pourquoi ensuite son arrestation a déclenché tant de colère.

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Des rassemblements de 35.000 à 50.000 personnes ont eu lieu ces précédents week-ends. La durée et l'ampleur de cette mobilisation sont inhabituelles.

Les chaînes de télévision publiques ignorent les protestations, mais les médias plus indépendants en parlent.  Ce samedi, il y avait pourtant moins de monde, nous dit The Moscow Times.

"Selon certains médias locaux, raconte-t-il, ce sont plus de 10 000 personnes qui se sont présentées au rassemblement de samedi". C'est donc effectivement un chiffre en baisse. Mais il s'agissait "du premier week-end pluvieux depuis le début des manifestations".

Il faut également noter que près de la moitié (45%) des Russes disent approuver ce mouvement, selon un sondage indépendant du Levada Center.

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Pour le moment, le pouvoir réagit en essayant plus ou moins de temporiser.

Déjà le 20 juillet dernier Moscou a nommé un gouverneur par intérim dans la région, issu du même parti que Sergueï Fourgal. Mais cela n'a pas calmé la population.

"Le Kremlin, nous dit The Moscow Times toujours, semble adopter une approche attentiste (...) pendant la marche de samedi - comme lors de tous les rassemblements jusqu'à présent - la police a escorté les marcheurs tout au long de leur boucle de cinq kilomètres autour de la ville, sans interférer".

Quant au gouverneur par intérim, il a "quitté Khabarovsk pour le deuxième samedi consécutif afin de visiter une autre ville".  Signe peut-être d'une certaine nervosité...

La patience de Vladimir Poutine a évidemment des limites, d'autant plus que d'autres villes commencent à vouloir suivre le mouvement. "Cette semaine deux manifestants ont été condamnés à une semaine de prison" nous dit Moscow Times. Selon l'ONG OVD-Info, 55 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

Ce mouvement est-il condamné à s'éteindre petit à petit, à rendre progressivement les armes ?

Peut-être pas, nous suggère le Financial Times. Il rappelle qu'en Russie ce type de mouvement a pu porter quelques fruits déjà dans le passé.

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Par exemple "en Sibérie, rappelle-t-il, des protestations ont finalement forcé M. Poutine à renoncer au projet de construction d'une énorme cathédrale sur le site d'un parc populaire. Il y avait également eu des troubles à Moscou en faveur d'un journaliste détenu sur de fausses accusations, qui avait ensuite été libéré". Le Financial Times parle ici d'Ivan Golounov, 36 ans, soupçonné de trafic de drogue et finalement libéré quatre jours après son arrestation. C'était en juin 2019.

La revue de presse nous emmène maintenant au Zimbabwe, où il y a eu d'autres appels à manifester ces derniers jours...

C'est l'opposition qui appelle à manifester contre le régime du président Emerson Mnangagwa. Il s'agit de protester contre la corruption et la crise économique géante qui frappe ce pays, situé en Afrique australe. Le site Bloomberg nous dresse le tableau: "inflation de 737%, des pénuries de nourriture et de carburant, effondrement de la monnaie locale également"...

Le mouvement de manifestation prévu pour vendredi dernier a été peu suivi. Les autorités ont averti que les forces de sécurité "en alerte", n'hésiteraient pas à intervenir... ce qui a effectivement dissuadé les gens de sortir.  Ce week-end "de nombreux commerces étaient encore fermés et peu de gens étaient dans les rues", nous dit Bloomberg toujours.

Certains manifestants ont été arrêtés, dont la romancière Tsitsi Dangarembga, sélectionné pour le Booker Prize en Angleterre. Elle est très active notamment sur Twitter.

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Libérée sous caution elle doit comparaître le 17 septembre prochain.

Cette situation zimbabwéenne préoccupe la revue anglaise de géopolitique African Arguments dans un article signée de la journaliste et romancière zimbabwéenne Panashe Chigumadzi.

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"On est loin, écrit la revue, des promesses faites par Mnangagwa lors de son arrivée au pouvoir en novembre 2017, après le renversement de Robert Mugabe. À cette époque, le nouveau président promettait une relance économique et des réformes démocratiques. Voeux reniés bien avant que le coronavirus n'atteigne le Zimbabwe, mais la pandémie a aggravé la situation".

Depuis le mois de mars le parti au pouvoir "a utilisé la COVID-19 écrit la revue comme couverture pratique pour piller des fonds, réprimer la liberté de la presse, violer les droits de l'homme et arrêter des militants".

C'est le cas par exemple du journaliste Hopewell Chinono qui a révélé un scandale de corruption autour d'achat de matériel médical. Arrêté le 20 juillet dernier, accusé d'incitation à participer à la violence publique, il doit comparaître le 7 août. C'est ce que nous apprend cette fois-ci le quotidien en ligne sud-africain Daily Maverick.

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