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Manifestation le 31 avril à Alger

L'Algérie entre dans un dangereux vide institutionnel

6 min
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Le Conseil Constitionnel algérien a annulé l'élection présidentielle du 4 juillet, prolongeant de facto le mandat du président par intérim. Immigration : les dirigeants de l'UE visés par une plainte à la CPI pour "crimes contre l'Humanité". Venise proscrira-telle enfin les paquebots ?

Manifestation le 31 avril à Alger
Manifestation le 31 avril à Alger Crédits : RYAD KRAMDI - AFP

Après le report de la présidentielle prévue en Algérie le 4 juillet, le pays se retrouve dans un vide juridique complet.  

La décision semblait inéluctable depuis des semaines : après le rejet des deux candidatures fantoches auquel seul semblait encore croire le chef d'état-major Ahmd Gaid Salah, il ne restait plus rien, dimanche, de la date tant invoquée de ce 4 juillet. 

Cette élection présidentielle, qui devait clore la séquence révolutionnaire de la chute de Bouteflika et acter un retour à la normale institutionnelle, n'est plus qu'un mauvais souvenir. D'où ce résumé de la situation selon le site d'info Tout sur l'Algérie : " C'est incontestablement un camouflet pour le pouvoir et une autre grande victoire pour le peuple". Mais TSA tempère immédiatemment : cette victoire, elle est "symbolique, sans plus : sur l'essentiel, le vieux pouvoir n'a rien cédé", et rien n'indique qu'il soit prêt à faire des concessions. 

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Le Conseil Constitutionnel hier a donné mandat à l'actuel chef de l'Etat pour convoquer à nouveau le corps électoral... mais quel chef de l'Etat?  Le président par intérim Abdelkader Ben Salah, nous rappelle l'édition algérienne du Huffington Post, était censé quitter ses fonctions le 9 juillet, ue fois justement un président légitimement élu. L'annulation du scrutin du 4 juillet, en déduisent les journaux algériens, équivaut donc à prolonger sans le dire son mandat en dehors de tout cadre constitutionnel. 

Avec tout ça, "le pouvoir prend de gros risques" écrit encore TSA, le principal de ces risques étant de reconvoquer l'élection présidentielle à une nouvelle date, en misant sur l'essoufflement du mouvement populaire mais sans vraiment écouter son exigence de réel changement. Le journal en ligne avertit donc  : "Si les visages dont le peuple ne veut plus sont maintenus, alors tout ce pourra entreprendre le pouvoir actuel fera l'effet de coup d'épée dans l'eau". Il faudrait donc à nouvea uque des têtes tombent, même si cela semble "très improbable". 

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D'autant, constate El Watan, que ceux qui jusque-là ont parié sur l'essouflement de la contestation et ont organisé sa répression croissante en sont pour leurs frais. Il suffit de voir, avec le quotidien Liberté, comment la mort en détention d'un militant, le docteur Kamal-Eddine Fekhar, a remis le feu aux poudres, en plein ramadan, pour voir que "le combat de la rue algérienne s'annonce encore long".

L'Union Européenne devra-t-elle un jour répondre de "crimes contre l'Humanité" devant la Cour Pénale Internationale ? 

Crimes contre l'humanité, et responsabilité dans la mort de 14 000 migrants en 5 années :  voilà ce dont il est question dans cette enquête menée par plusieurs avocats internationaux spécialisés dans les Droits de l'homme, déposée aujourd'hui à la CPI de la Haye, et qui pourrait donc donner lieu à des poursuites contre des responsables actuels des institutions européennes.  

La démarche fait l'objet d'articles coordonnés ce matin aussi bien dans le Spiegel Allemand, The Washington Post aux Etats-Unis, El Pais en Espagne, The Guardian en Grande-Bretagne, et le Monde, cet après-midi en France... bref, ce qui se fait de plus retentissant dans la presse mondiale. 

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Les auteurs de ce plaidoyer, parmi lesquels on retrouve le français Juan Branco ou l'israélien Omer Shatz, affirment que Bruxelles, Paris, Berlin et Rome ont pris des décisions qui ont mené directement, et en connaissance de cause, à la mort de milliers de personnes. En Méditerrannée, bien sûr, mais aussi en Libye, où la politique migratoire concertée des 28 est accusée d'avoir "cautionné l'existence de centres de détention, de lieux de tortures, et d'une politique de la terreur, du viol et de l'esclavagisme généralisé" contre ceux qui traversaient la Libye pour tenter ensuite de rejoindre l'Europe. 

Aucun dirigeant européen n'est directement nommé par ce réquisitoire, mais le rapport des avocats cite des discours entre autres d'Emmanuel Macron, d'Angela Merkel. Il évoque aussi, selon The Guardian, des alertes qui auraient été clairement formulées, en interne par l'agence Frontex en particulier, sur le fait que le changement de politique européenne en 2014 en Méditerranée "allait conduire à une augmentation des décès en mer".  C'est ce qui s'est passé : 2014, c'est l'année-bascule, celle où le plan Mare Nostrum qui consistait à organiser les secours en mer autour de l'Italie, a été remplacé par ce partenariat UE-Libye qui, selon les auteurs de l'enquête, a ouvert la voix aux exactions que l'on sait, et qui ont été documentées par Der Spiegel dans son reportage publié début mai, et titré " _Libye : l'enfer sur terr_e". 

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A présent, dit Juan Branco dans The Washington Post (et dans ce style qui lui vaut tant d'ennemis en France), c'est aux procureurs de la CPI de dire "s'ils oseront ou non" remonter aux sommet des responsabilités européennes. J'en terminerai pour ma part sur les doutes de cet expert en droit européen cité par El Pais et qui "ne prédit pas un grand succès devant la Cour" à cette action.

Sur ce même sujet, ce week-end un navire des garde-côtes italiens a secouru et débarqué 100 naufragés dans le port de Gênes.  

Le Cigala Fulgosi, nous disait l'agence ANSA, a touché terre dans la nuit de samedi à dimanche, après deux jours de navigation forcée vers ce port du nord de l'Italie alors qu'il avait secouru ces migrants entre Lampedusa et la Libye.  

Mais de toute façon ce n'est déjà plus de ce bateau-là, dont parle la presse italienne : lle se passionne pour le MSC Opera, ce paquebot géant qui a raté son créneau hier dans le port de la Giudecca à Venise.  

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La vidéo est impressionnante, il  n'y a heureusement eu que 4 blessés et de la tôle froisséen  mais l'affaire remet en première page la question de ce tourisme de masse, de ces géants des mers qui débarquent chaque jour dans la fragile cité lacustre.  

"Il faut les interdire, cela fait 7 ans et que 5 gouvernement successifs le disent, et aucun n'a réellement agi contre ce fléau", s'emporte Sergio Rizzo dans les colonnes de La Repubblica.  Mais cette fois la vidéo est virale, l'indignation aussi, et le gouvernement italien jure que c'est l'incident de trop, que dès ce mois de juin les paquebots seront interdits de débarquer à la Giudecca. 

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Mais l'affaire, comme à peu près tout en ce moment en Italie, a très vite tourné à la guerre politique entre les deux partis qui se partagen tle pouvoir, la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio... enfin surtout en l'occurrence de Danilo Toninelli, le ministre des infrastructures : c'est lui hier qui a annoncé l'interdiction à venir des débarquements à Venise, et qui a été immédiatemment accusé par Salvini en personne d'avoir empêché, depuis des mois, que la question soit résolue par la mise en place d'une déviation pour les paquebots.

 Il Fatto Quotidiano tient donc depuis hier matin la chronique des invectives entre ces deux alliés de gouvernement que les élections europénnes ont achevé de brouiller. Car la question est beaucoup plus profonde : jusqu'à quand leur alliance tiendra-t-elle, alors que les européennes ont démontré que le Mouvement 5 Etoiles n'avait rien à y gagner, qu'il était en train de se faire totalement phagocyter par la Ligue ?  

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"Ce gouvernement est arrivé à la croisée des chemins", constate Il Corriere della Serra, qui cite enfin l'ultimatum de huit jours lancé par le Président du Conseil, Giuseppe Cionte, en position d'arbitre : "ou bien nous nous disons nos quatre vérités et nous retrouvons une méthode pour travailler ensemble", ou bien il faut mettre un terme à l'alliance scellée il y a très précisément un an.

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