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 En visioconférence avec les gouverneurs, Donald Trump les a averti : la lutte contre l'épidémie est de la responsabilité de chacun des 50 Etats américains.

Quelle politique contre la pandémie ?

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Aux Etats-Unis les gouverneurs reprochent à l'administration Trump son absence de politique nationale contre la pandémie tandis qu'en Grande-Bretagne l'hospitalisation de Boris Johnson pose la question d'une vacance du pouvoir à la tête de l'Etat.

 En visioconférence avec les gouverneurs, Donald Trump les a averti : la lutte contre l'épidémie est de la responsabilité de chacun des 50 Etats américains.
En visioconférence avec les gouverneurs, Donald Trump les a averti : la lutte contre l'épidémie est de la responsabilité de chacun des 50 Etats américains. Crédits : Shealah Craighead/White House - Maxppp

Aux Etats-Unis la presse se concentre ce lundi sur le "tirage" qu'il peut y avoir entre l'administration centrale et les gouverneurs des différents Etats américains dans la lutte contre le coronavirus. Des gouverneurs qui sont "sur la corde raide", titre le New York Times alors qu'ils réclament davantage d'aide fédérale de la part de Washington, tout en critiquant l'absence de stratégie globale de cette même administration Trump. Le quotidien rappelle que lors d'une conférence téléphonique avec les gouverneurs des 50 Etats américains le mois dernier, Donald Trump les avait assuré que le gouvernement fédéral serait à leurs côtés, mais que c'était bien à eux, à chaque Etat, qu'il revenait d'acheter les produits médicaux dont ils avaient besoin : masques chirurgicaux ou respirateurs pour lutter contre l'épidémie. Résultat : les Etats se sont retrouvé en concurrence les uns avec les autres : "un autre Etat à surenchérit sur notre commande de masques et nous est passé devant pour les obtenir" a par exemple dénoncé le gouverneur - Républicain - de l'Arkansas sur Meet-the Press, la grande émission politique du week-end de la chaîne NBC.

Sur Fox News Sunday, la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer , une Démocrate, exprimait sa frustration "de ne pas avoir de stratégie nationale pour tout le pays au lieu du patchwork actuel... chaque stratégie étant basée sur l'identité de tel ou tel gouverneur".  Et sur CNN,  John Bel Edwards le gouverneur de Louisiane, l'un des Etats les plus touchés par la pandémie prévenait que les ressources médicales de la Louisiane seront  dépassées en moins d'une semaine s'il ne recevait pas d'aide fédérale.

Donald Trump a bien annoncé la distribution de 1700 respirateurs supplémentaires pour les hôpitaux des Etats les plus touchés notamment le New Jersey et la Louisiane, rapporte The Hill et le gouverneur de Louisiane a bien confirmé en avoir reçu 200, mais assurait-il encore hier "ça ne suffira pas face à la vague épidémique des prochains jours... On sera à cours de respirateurs d'ici le 9 avril"

En Europe, c'est l'état de santé de la tête du gouvernement britannique qui fait les gros titres des journaux : la plupart des titres de la presse britannique reviennent bien sûr ce matin sur le discours de la Reine diffusé hier soir à la télévision, un discours aux accents "émouvants" évoquant l'esprit de la résistance pendant la dernière guerre commente ce matin The Sun, le grand quotidien populaire. Mais le Sun revient d'abord et surtout sur l'hospitalisation express de Boris Johnson hier soir : le premier ministre  "a été transporté à l'hôpital parce que ses symptômes n'avaient pas disparus au bout d'une semaine", explique le quotidien. Le chef du gouvernement a en effet  été contaminé par le Covid19 et "ses collaborateurs se sont dit inquiets de le voir toujours tousser et hoqueter au bout d'une semaine... les médecins préviennent, que les symptômes de la maladie, s'ils sont persistants, peuvent dégénérer en une pneumonie".

Cette hospitalisation a été décidée "par précaution" annonce le 10 Downing Street et pourra se prolonger "aussi longtemps que nécessaire" ; "le Premier Ministre reste en responsabilité du gouvernement mais c'est le Secrétaire d'Etat aux affaires Etrangères qui devrait présider la réunion gouvernementale autour de l'épidémie de ce matin", note pour sa part la BBC.

Chris Mason le correspondant politique de la chaîne remarque  pour sa part que le premier ministre, tout comme la Reine personnifient la réponse du pays face à cette pandémie... "Les officiels du gouvernement assurent que Boris Johnson est toujours à la tête du gouvernement, écrit-il, "mais l'indéniable réalité reste qu'il n'y a rien de normal dans tout ça : les conseillers du PM, certains hauts fonctionnaires et d'autres ministres ont tous du se mettre en quarantaine... et au final le Covid19 non seulement paralyse notre économie, non seulement il rogne nos libertés mais il pèse aussi désormais sur la capacité même de nos gouvernants à faire leur travail et en l'occurrence à répondre à l'Epidémie".

En Asie, c'est la perspective d'une nouvelle "Grande Dépression" économique qui agite les commentateurs. Une catastrophe économique équivalente à la crise de 1929 "ne peut être totalement exclue si l'épidémie se poursuit de la même manière c'est-à-dire totalement hors de contrôle et que la détérioration de l'économie réelle se trouve amplifiée par une éruption de risques financiers" ; c'est Zhu Jun, la directrice de la division internationale de la banque centrale chinoise qui lançait cet avertissement dans la presse pékinoise... 

"Le coût économique de l'arrêt de tous les échanges de particulier à particulier pousse de nombreux économistes à avertir que le choc économique de la pandémie  pourrait être plus rude encore que la crise de 2008, voire que la Grande Dépression des années 30", renchérit le South China Morning Post. Et le grand quotidien de Hong-Kong de lister : "déjà les marchés mondiaux sont en baisse de l'ordre de 35%, les marchés de crédit sont au niveau auxquels ils étaient en 2008 et les grandes sociétés financières comme Goldman Sachs ou Morgan stanley s'attendent à une contraction de l'économie américaine de l'ordre de 6% pour les trois premiers mois de l'année et jusqu'à 30% pour les trois mois suivants".

Interrogé par le quotidien, Nouriel Roubini, professeur d'économie à la Stern school of Business de l'université de New-York considère lui aussi que la perspective d'une nouvelle Grande Dépression se précise de jour en jour et il prévient : "après le crash de 2008, une réponse forte des Etats (bien que tardive) a contribué à faire remonter l'économie mondiale des abysses ou elle se trouvait. Cette fois-ci on n'aura peut-être pas la même chance. D'autant qu'"on se demande bien qui pourrait être en mesure de renflouer les banques, les entreprises, et les ménages" eux-mêmes dans les pays émergents".

Le pire n'est certes pas le plus certain temporise, toujours dans les colonnes du South China Morning Post, le professeur  Terence Chong de  l'université de Hong-Kong : "l'économie mondiale pourrait parfaitement rebondir".. Mais pour ce faire, "il faudrait que la plupart des restrictions aux échanges mondiaux puissent être levées d'ici juillet" prochain, prévient il. Pour le moment on est encore loin du compte...

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