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A Téhéran, le 4 janvier 2019, des Iraniens brûlent des drapeaux américains et israéliens lors d'une manifestation anti-américaine contre les meurtres de Qassem Soleimani et du chef paramilitaire irakien Abu Mahdi al-Muhandis.

Après la mort de Qassem Soleimani, un front antiaméricain est en train de se souder

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Après la mort de celui qui est considéré comme un martyr, les menaces de représailles se multiplient en effet. En Iran, en Irak, et aussi au Liban. Ce lundi, s'ouvre aussi aux Etats-Unis le procès du producteur Harvey Weinstein.

A Téhéran, le 4 janvier 2019, des Iraniens brûlent des drapeaux américains et israéliens lors d'une manifestation anti-américaine contre les meurtres de Qassem Soleimani et du chef paramilitaire irakien Abu Mahdi al-Muhandis.
A Téhéran, le 4 janvier 2019, des Iraniens brûlent des drapeaux américains et israéliens lors d'une manifestation anti-américaine contre les meurtres de Qassem Soleimani et du chef paramilitaire irakien Abu Mahdi al-Muhandis. Crédits : ATTA KENARE - AFP

La réponse de Donald Trump après que des roquettes se sont abattues près de l’ambassade américaine à Bagdad, cette menace du président américain de frapper 52 cibles iraniennes n'est pas de nature à apaiser les choses. Middle East Eye raconte la résolution historique votée hier par le Parlement irakien pour que le gouvernement mette fin à la présence de troupes étrangères en Irak et notamment celle des 5 200 soldats américains de la coalition. L'Irak, souligne le Washington Post, ébranlé par l'attaque contre le général Soleimani, craint que son pays ne devienne à nouveau  le foyer d'une guerre sanglante entre Washington et Téhéran. A Bagdad, selon le journal, on retrouve les mêmes incertitudes qui ont précédé l'invasion américaine de 2003. 

De son côté, l'Iran pourrait ne pas reculer devant une mise en cause aussi directe de son régime. Le pays se dit libéré de son accord sur le nucléaire. Toujours selon le Washington Post, "les agences d'espionnage américaines ont d'ailleurs détecté des mouvements préoccupants dans les unités de missiles balistiques du pays". Une menace qui n'est peut-être pas prise assez au sérieux aux Etats-Unis, selon un conseiller de Joe Biden repris par le site Foreign Policy "Le président américain semble croire que l'Iran est un tigre de papier et qu'il retournera dans sa grotte si on lui donne un coup sur e nez. Le régime a parfois été prudent par le passé face à plus fort que lui mais aujourd'hui s'en prendre au deuxième plus haut responsable du pays crée une situation bien différente". Le son de cloche est bien différent dans les pays du Golfe ou l'on se réjouit quasiment de la mort de Qassem Soleimani, bête noire des pétromonarchies, comme le rapporte Courrier international. Intellectuels koweïtiens, émiratis et saoudiens stigmatisent "un homme qui a tant de sang sur les mains et qui a soufflé sur les braises du sectarisme dans la région", "un terroriste pire qu'Abou Bakr al-Baghdadi, qui nourrissait la guerre civile en Irak et avait planifié la mort de centaines de milliers de Syriens, l'exode de millions d'autres..."    

Le procès Harvey Weinstein s'ouvre aujourd'hui aux Etats-Unis. Deux ans après que l'affaire a éclaté.

C'est le procès de la démesure pour le New York Times. Ne serait-ce que par le nombre des victimes présumées : il y en aurait plus de 80. Mais le procès va reposer concrètement sur deux accusations de viol seulement, dont une restée secrète jusqu’à présent. Les autres faits sont soit trop anciens, soit ne relevaient pas de la juridiction de New York. Certaines victimes ont aussi reculé devant la perspective de contre interrogatoires musclés et ont estimé que s'exposer ainsi serait une trop grande souffrance. Elles ont préféré s'abstenir. Les procureurs vont appeler à témoigner un certain nombre de femmes pour établir une sorte de schéma de prédation, puisque les récits se ressemblent jusque dans les détails, victime après victime et année après année. La Cour n'attaquera le fond que dans deux semaines pour des audiences qui devraient s’étendre sur deux mois. Mais dans les deux années passées, le chemin vers le palais de justice a été pavé d’embûches, reprend le Times. Du côté du Parquet, il a fallu abandonner certaines poursuites : le principal enquêteur ayant été dessaisi pour "inconduite policière". La défense de l'ex producteur a aussi connu déjà beaucoup d'aléas, comme le précise Le Temps de Genève. Les équipes d'avocats se sont faites et défaites. Harvey Weinstein aurait aussi récemment tenté de trafiquer le bracelet électronique qu'il porte à la cheville. Et l’équipe d’enquêteurs de choc engagée par le producteur déchu - dont la société israélienne de renseignement Black Cube, constituée d’anciens agents du Mossad passés maîtres en techniques d’intimidation en tous genres - les enquêteurs de la défense n'ont pas tout à fait réussi à faire pression sur les victimes et les journalistes. Deux mille personnes ont maintenant été convoquées pour la sélection du jury dans l'espoir, conclut le Times, que 500 d'entre elles se présentent, que parmi elles la Cour suprême puisse trouver 18 jurés suffisamment candides sur le dossier, ce qui ne s'annonce pas comme une mince affaire. S'il est reconnu coupable, Harvey Weinstein pourrait être condamné à la prison a vie.    

Crédits : Sabrina BLANCHARD, Gal ROMA, Laurence CHU - AFP

Pour finir cette revue de presse, direction la Chine, qui se découvre une passion pour les pigeons. Et les pigeons de course, ceux-la même qui étaient utilisés pour communiquer en temps de guerre, nous dit Courrier international. L'hebdomadaire précise en passant que le ministère français de la Défense conserve toujours un colombier en région parisienne. En Chine, la colombophilie de loisir a pris des proportions gigantesques : 400 000 Chinois s'y adonnent, et pas seulement pour l'amour du sport ou des oiseaux mais parce que l'engouement est tel que gagner des championnats est devenu le meilleur moyen d'améliorer son salaire. C'est aujourd’hui un marché de presque un milliard et demi d’euros. Ce sport a beau ne pas être né dans ces contrées, le salon annuel de Langfang, près de Pékin, est devenu le premier rendez-vous mondial. Un record de vente a été battu en mars dernier quand un oiseau a atteint le prix d'1,25 million d'euros. Petite revanche de l'Europe, le pigeon était belge.

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