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La vice-présidente américaine Kamala Harris à son arrivée dimanche 6 juin au Guatemala. Elle compte apporter un message d'espoir, alors que le Covid-19 est l'une des cause du départ de la plupart des sans-papiers cherchant à entrer aux États-Unis.

Les milliards américains peuvent-ils limiter l'immigration clandestine ?

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Kamala Harris, la vice-présidente américaine, est arrivée au Guatemala. La presse guatémaltèque et américaine doute de l'efficacité de la stratégie envisagée pour limiter les départs vers les États-Unis. Au Nigeria, la suspension de Twitter pour avoir supprimé deux tweets du président fait débat.

La vice-présidente américaine Kamala Harris à son arrivée dimanche 6 juin au Guatemala. Elle compte apporter un message d'espoir, alors que le Covid-19 est l'une des cause du départ de la plupart des sans-papiers cherchant à entrer aux États-Unis.
La vice-présidente américaine Kamala Harris à son arrivée dimanche 6 juin au Guatemala. Elle compte apporter un message d'espoir, alors que le Covid-19 est l'une des cause du départ de la plupart des sans-papiers cherchant à entrer aux États-Unis. Crédits : JIM WATSON - AFP

wLa vice-présidente américaine Kamala Harris est arrivée au Guatemala, début d'une tournée  consacrée à l'immigration clandestine qui la mènera ensuite au Mexique. C'est le dossier sensible qu'a confié le président américain Joe Biden à sa vice-présidente, et c'est son premier voyage international. Aucun quotidien guatémaltèque ne fait l'impasse sur cette visite. Notamment ici et ici. 

Pourquoi cette visite commence-t-elle par le Guatemala ? Pas pour son mérite, titre le Plaza Publica, mais par défaut. 

Sur le site du journal, la photo de Kamala Harris, visage très souriant, s'affiche en grand format. On voit en arrière plan, sur un écran, le président du Guatemala Alejandro Giammattei, lors d'une visioconférence en avril pour préparer la rencontre d'aujourd'hui.  

Photo de une de Plaza publica, en arrière plan, le président du Guatemala lors d'une visio en avril pour préparer la tournée qui démarre
Photo de une de Plaza publica, en arrière plan, le président du Guatemala lors d'une visio en avril pour préparer la tournée qui démarre Crédits : Plaza Publica

"Les États-Unis n'avaient pas d'autres options" explique Plaza Publica. "Au Salvador, le président Nayib Bukele étend son pouvoir à tous les organes de l'état et se rapproche de la Chine. Quant au président hondurien, Orlando Hernandez, son frère purge une peine d'emprisonnement à perpétuité pour trafic de drogue à New York".   

"Dans ce qu'on nomme le triangle Nord de l'émigration vers les États-Unis (Guatemala, Honduras, Salvador) le Guatemala est le moins pire des pays", écrit Justo Perez, "car il a serré les poings, et écouté patiemment l'analyse de Kamala Harris selon laquelle la corruption provoque la violence et la violence l'émigration".   

Pourquoi serré les poings ? Parce que Le Guatemala connait également une forte régression de l'État de droit, témoigne une experte américaine sur l'Amérique centrale citée par Plaza Publica. Et de rappeler le cas de Gloria Porras, présidente pendant dix ans de la cour constitutionnelle du Guatemala, réfugiée aux Etats-Unis à la mi avril, après avoir été exclue de son poste pour avoir pointé les liens entre les politiques et le crime organisé. 

Au delà des discours bienveillants et de la promesses de vaccins et d'investissements qui ne manqueront pas de marquer cette visite, les États-Unis continuent d'aborder le problème des frontières à court terme, comme l'administration précédente, finit Plaza Publica.    

Le Titre 42, un décret de Trump qui empêche l'entrée des demandeurs d'asile pour des raisons de santé, reste en vigueur. Il y a eu plus de 178 000 arrestations aux frontières en avril, soit le chiffre le plus élevé des vingt dernières années.   

Mind your own business...   

La visite de Kamala Harris a déjà donné lieu à une manifestation. C'est le quotidien la Hora qui s'en fait l'écho, photos à l'appui. Un petit groupe de personnes qui se présentent comme des vétérans de l'armée ont déplié des banderoles dans l'un des lieux où passera Kamala Harris aujourd'hui.  

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On lit notamment en anglais : "Mind your own business — mèle toi de tes affaires". "Trade not us aid, work not charity — des échanges commerciaux, pas des aides, du travail, pas la charité". Ou encore "on ne veut pas de vos millions de pots de vins qui vont à nos politiciens corrompus"...  

A qui va l'aide américaine ? Est-elle efficace pour réduire l'immigration illégale ? Le New York Times consacre une longue enquête à cette question, et sa réponse est dans son titre : "L'aide américaine à l'Amérique centrale n'a pas ralenti la migration. Kamala Harris le peut-elle ?".  

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Le journal cite le président Joe Biden, qui lorsqu'il était vice-président de Barack Obama avait lui aussi en charge ce dossier sensible. Dans un récent discours au Congrès, il a loué cette approche : des milliards d'aide pour encourager les gens à rester dans leur pays.   

Cela a marché, a t-il dit au Congrès, mais les chiffres racontent une autre histoire, détaille le journal : "Le Guatemala a reçu plus d'un milliards 600 millions de dollars sur la dernière décennie, or le taux de pauvreté a augmenté, la malnutrition est devenue une crise nationale et le pays envoie plus d'enfants non accompagnés aux États-Unis que jamais".   

Or l'une des raisons de cet échec est américaine.   

La moitié de ce qui est donné par les États-Unis va en réalité..... aux États-Unis, à des entreprises américaines qui dépensent l'argent en salaires, notes de frais et profits avant même de rendre le moindre service.   

Le journal donne de nombreux exemples de projets qui ne génèrent aucun revenu pour les populations locales ou totalement inutiles, comme ces séminaires pour apprendre à des agriculteurs comment planter de nouvelle variétés de café... comme s'ils n'avaient pas déjà ce savoir.  Bref, un article lui utile, qui montre que le problème de l'inefficacité de l'aide n'est pas qu'un problème de politicien du sud corrompu.   

#TwitterBan au Nigeria  

Au Nigeria, le ministère de l'information a suspendu vendredi pour une durée indéterminée le réseau social Twitter, et la pression monte sur le gouvernement. Plusieurs pays occidentaux, le Canada, les Etats-Unis, mais aussi l'Union européenne ont déploré cette décision ce week-end, rapporte le quotidien nigérian Premium Times.  

Avant eux, médias et leaders de la société civile ont aussi demandé au gouvernement d'annuler cette décision, retrace le Daily Trust.  

Une décision prise officiellement à cause "de la désinformation et des fakes news qui circulent sur ce réseau". Plus certainement parce que le réseau social a supprimé deux tweets du président mercredi dernier.  

"Après Donald Trump, Muhammadu Buhari", relate le Courrier international.  

Dans ses tweets, le président Buhari menaçait de "traiter avec un langage qu'ils comprennent, les responsables des violences actuelles dans le sud est du Nigeria".   

Plus d'une centaine de membres des forces de l'ordre y ont été tués depuis le début de l'année, rappelle le Premium Times, qui décode ce qu'a voulu dire le président.  

L'un des tweet du Président nigérian supprimé par twitter mercredi dernier
L'un des tweet du Président nigérian supprimé par twitter mercredi dernier Crédits : Premium Times

Il s'adresse aux indépendantistes biafrais, mais ces mots prennent un relief particulier, car l'ancien général Buhari est de ceux qui a combattu la rébellion des biafrais à la fin des années 60. La guerre du Biafra a fait un million de morts, elle a provoqué l'une des plus grandes famines du continent africain.   

Voilà pourquoi les tweets du président ont été interprétés comme une forme d'appel à la violence, qui enfreignait ses règles d'utilisation, a justifié Twitter pour supprimer les tweets.   

Twitter a peut-être ses règles, mais elles ne sont pas universelles. C'est en ce sens que Lai Mohammed, ministre de l'Information nigérian, précise : 

Si un président est extrêmement préoccupé par quelque chose, il est libre de le dire.        
(Lai Mohammed)   

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Sur les 200 millions de Nigérians, 39 ont un compte Twitter, le réseau social est très populaire chez les jeunes. Plusieurs députés de l'opposition ont dit dans les journaux ce week-end leur intention de mettre à l'agenda du parlement demain, ce #TWITTER BAN... qui est une entorse à la constitution du pays, et la liberté d'expression des nigérians.  

Le conflit entre le pouvoir nigérian et twitter est plus ancien, rappelle le Premium times. Au moment des manifestations contre les violences policières, Jack Dorsey, le patron de Twitter, avait appelé à des dons en bitcoin pour soutenir les manifestants. 

La mission de Twitter au Nigeria est très suspecte, quels sont ses objectifs ? S'est aussi interrogé le ministre de l'Information.   

Cette interdiction n'empêche pas réellement les Nigérians d'accéder à Twitter via des moyens détournés, mais ils peuvent être poursuivis, menace le ministre de la Justice.  

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