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Antonio Costa et le PS portugais renforcés par les législatives

Portugal : 4 ans de plus pour la gauche plurielle d'Antonio Costa

6 min
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Le Premier ministre socialiste du Portugal Antonio Costa sort renforcé des élections législatives, les électeurs ont approuvé la reconduite de sa coalition des gauches au gouvernement. En Ukraine, le président Zelensky contesté dans la rue pour avoir "capitulé" sur le processus de paix dans l'Est.

Antonio Costa et le PS portugais renforcés par les législatives
Antonio Costa et le PS portugais renforcés par les législatives Crédits : PATRICIA DE MELO MOREIRA - AFP

Il existe un pays, où les socio-démocrates arrivent encore à gagner des élections. 

Ce pays se trouve en Europe : c'est le Portugal, et le premier ministre Antonio Costa vient avec son parti de centre-gauche d'y remporter le meilleur score aux législaltives de dimanche. Rapide analyse des résultats avec le Jornal de Noticias : le PS portugais remporte 37% des voix, loin devant le centre-droit à 28%, et le Bloc de gauche qui confirme son ancrage comme troisième force politique du pays avec pas loin de 10% des suffrages. 

Résultats des législatives 2019 au Portugal
Résultats des législatives 2019 au Portugal Crédits : Diario de Noticias

En clair, Costa n'obtient pas de majorité absolue pour gouverner seul mais il conforte grandement le poids des Socialistes, au Parlement d'abord avec 106 députés au lieu des 86 de la précédente législature, et ensuite au sein de la prochaine coalition qui s'annonce avec la gauche radicale.  

Et ça permet au Diario de Noticias de titrer que "Costa tente une nouvelle geringonça", un nouveau "bidule", puisque c'est comme cela il y a 4 ans qu'il avait surnommé cette alliance, cette sorte de gauche plurielle à la portugaise : la "gerinconça", le "machin", en somme.  

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Antonio Costa a donc salué hier soir le fait que les électeurs portugais ont apparemment "aimé ce bidule gouvernemental au point de voter pour la continuité", quatre ans de plus. Mais à la différence d'il y a quatre ans la prochaine coalition sera marquée par un PS plus fort.  D'où cette question posée par plusieurs éditorialistes : est-bien le même "bidule" qui va reprendre les commandes du pays, ou un nouveau ? Et tiendra-t-il aussi bien la marée, avec un PS si puissant à sa tête ? Est-ce que la force de cette coalition des gauches, en 2015, ce n'était pas justement d'être menée par un Antonio Costa plus faible et donc plus dépendant de ses partenaires, obligé à un pragmatisme finalement plutôt constructif sur sa gauche ? 

Ce déséquilibre potentiel, ce risque d'une trop grosse domination du PS sur ses alliés, c'est aussi l'une des crainte formulée dans les colonnes de Publico par Sao José Almeida : la journaliste politique remarque surtout que le nouveau Parlement portugais est "éparpillé", façon puzzle, avec certes un solide groupe socialiste, une droite qui perd encore du terrain, mais aussi de nouveaux arrivants : à l'extrême-droite de l'échiquier politique, le parti Initiative Libérale obtient un élu,  tout comme, à l'opposé à gauche "Livre", petit parti qui se revendique comme "féministe, anti-raciste et anti-fasciste", et qui a réussi à faire élire sa candidate Joacine Katar Moreira, à Lisbonne.  

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Cette avocate de 37 ans, issue de l'immigration, pourrait bien être approchée dans les prochains jours par le Parti socialiste d'Antonio Costa, qui dit vouloir élargir le champ de sa "geringonça". Il se dit prêt également à négocier le ralliement du Parti PAN qui milite pour les droits des animaux et de la nature, et qui a obtenu quatre sièges de députés hier soir. 

La gauche plurielle portugaise y trouvera-t'elle de nouvelles couleurs, confirmant sa réputation d'improbable coalition ? A moins que cette main tendue de Costa ne soit qu'une stratégie de sa part pour pousser ses partenaires habituels, communistes et Bloc des gauches à accepter ses conditions pour rester au pouvoir ? 

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El Pais en Espagne, nous dit d'ores et déjà que le Parti communistre (qui a enregistré son pire score historique hier) n'est plus vraiment en position de poser ses conditions en matière de politique sociale comme par exemple l'augmentation du salaire mininum de 600 euros actuellement à 850 euros. Le Bloc de gauche reste tout de même le plus incontournable des alliés pour le PS : il a obtenu 19 députés hier, comme en 2015, et il a déjà fait savoir qu'il négocierait pied à pied, dès ce lundi, la nouvelle forme du "bidule" portugais.

Non, l'Ukraine n'est pas seulement le décor de l'affaire qui pourrait faire tomber Donald Trump! 

C'est vrai qu'on parle beaucoup de l'Ukraine en ce moment avec l'enquête en destitution lancée contre le président américain accusé d'avoir détourné la diplomatie de son pays au bénéfice de ses intérêts politiques personnels... Mais l'Ukraine c'est aussi un pays en guerre, avec une région, la Crimée, annéexée illégalement par la Russie depuis 2014, et deux autres régions, aux mains de séparatistes pro-russes, où les combats sporadiques se poursuivent ; ils ont fait près de 13 000 morts en 5 ans. 

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Or cette réalité-là n'échappe pas aux ukrainiens eux-mêmes, ni à leur journal en ligne Ukrainska Pravda: on y apprend qu'ils étaient environ 10 000 personnes dimanche rassemblés sur la célèbre place Maydan de Kiev, pour "une veillée funèbre". Dix mille Ukrainiens venus alerter sur cette décision prise la semaine dernière par le président Volodymyr Zelensky, le 1er octobre, de signer ce qu'on appelle la "formule Steinmeier" du nom de l'ancien ministre de Affaires étrabngères allemand Franz-Walter Steinmeier. Cette formule c'est une proposition de réglement du conflit est-ukrainien qui prévoit d'accorder une grande autonomie administrative, un "statut spécial" même, aux régions occupées du Donbass et de Lougansk, d'y tenir des élections sous tutelle de l'OSCE, et finalement de pérenniser (la guerre en moins) le fait que ce territoire ukrainien de droit échappe au contrôle politique de Kiev. 

Cette formule Steinmeier, ajoute Ukrainska Pravda, elle devrait être la base des discussions prévues bientôt entre dirigeants russes, ukrainiens, allemands et français, selon le format de négociation dit "Normandie"... mais le fait d'accepter ces conditions de paix, pour de nombreux Ukrainiens, c'est inacceptable, c'est une "capitulation" qui ne dit pas son nom. C'est contre cette "capitulation" qu'ils manifestent sur la place Maydan depuis six jours et le mouvement pourrait prendre de l'ampleur. "Nos soldats, nos volontaires, ne sont pas morts dans le Donbass pour ça", disaient les manifestants d'hier.

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Derrière cette formue Steinmeier, il  y a, nous explique enfin le média citoyen Hromadske, la crainte de voir l'Est de l'Ukraine devenir une territoire de conflit gelé, avec un pouvoir local tenu par la Russie mais mis sous cloche par la communauté internationale : la paix au prix d'un renoncement de fait à la souveraineté sur ces deux régions. Et la "formule" est loin d'être nouvelle :  les Russes l'ont déja pratiquée en Moldavie avec la république fantoche de Transnistrie, ou encore en Géorgie avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie qui échappent toujours au contrôle de Tbilissi. Moldavie, Géorgie :  deux pays dont la marche vers l'Ouest est entravée, depuis deux décennies, par ces enclaves pro-russes sur leur territoires. A L'Ukraine le tour ?

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