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Manifestation à Minneapolis le samedi 06 juin 2020

La ville de Minneapolis veut démanteler et refonder sa police

6 min
À retrouver dans l'émission

La mort de George Floyd continue de mobiliser les foules pacifiques de Black Lives Matter donc l'un des slogans "defund the police" commence à produire ses effets, à Minneapolis en particulier. En Australie, le mouvement a fait ressurgir la questions des discrimnations subies par les Aborigènes.

Manifestation à Minneapolis le samedi 06 juin 2020
Manifestation à Minneapolis le samedi 06 juin 2020 Crédits : Stephen Maturen - AFP

Nous sommes ce lundi de retour à Minneapolis, là où tout a (re)commencé il y a deux semaines pour le mouvement Black Lives Matter.

Alors que le mouvement entre dans sa troisième semaine depuis la mort de George Floyd entre les mains de la police de Minneapolis, la ville du Minnesotta refait la Une des journaux américains parce que son conseil municipal dit vouloir rien de moins que "démanteler sa police municipale pour refonder un nouveau modèle de sécurité publique vraiment au service des citoyens". Je cite là The New York Times qui cite lui-même la déclaration de la majorité écrasante du conseil municipal de Minneapolis : il s'agit de donner raisons aux centaines de milliers de marcheurs de ces dernières semaines pour dire que le racisme systémique et l'impunité des services de police aux Etats-Unis sont tels qu'il ne suffira pas de les réformer une énième fois. Ca ne marchera pas cette fois comme ça n'a pas marché les fois précédentes. Il faut donc fermer, abolir ces services corrompus en profondeur par le mal raciste, en réinventer d'autres, avec d'autres moyens, d'autres missions, d'autres chefs... en somme, une nouvelle philosophie du maintien de l'ordre.

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En affirmant cette volonté très forte, les élus municipaux de Minneapolis, nous dit Newsweek, se rangent du côté de la rue et désavouent complètement le maire de la ville. Jacob Frey, puisque c'est son nom, avait été hué par la foule dans la manifestation de samedi quand il a refusé de répondre "yes" à l'une des principales demande des marcheurs de Black Lives Matter, à savoir le démantèlement de sa police municipale.  

Obligés de quitter le cortège devenu hostile samedi, Jacob Frey est donc aujourd'hui cornérisé par son propre conseil municipal, confirme USA Today, et ça illustre bien la force de ce mouvement américain qui bouscule les forces politiques établies et commence à transformer vraiment la société américaine à force de pacifisme et de détermination.

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L'une des leaders de cette contestation, Kandace Montgomery, se réjouit dans le New York Times de voir que les lignes commencent à bouger. Elle se redit convaincue que "nous serons tous plus en sécurité sans ces patrouilles armées et toutes-puissantes, payées par notre argent public pour mener la chasse aux noirs". Et de regretter "qu'il ait fallu tant de morts avant d'en arriver enfin là".

Bien loin de Minneapolis, la mort de George Floyd a réveillé une colère raciale très profonde en Australie.

C'est l'une des autres grandes forces de cet mouvement, de résonner avec d'autres combats contre les brutalités policières, et autres discriminations raciales. En Australie, note l'édition nationale du Guardian, les Aborigènes ont repris le flambeau allumé par le meurtre de George Floyd : ils étaient plusieurs dizaines de milliers samedi à Melbourne pour reprendre également les slogans de Black Lives Matter, en y ajoutant très naturellement ceux de la cause aborigène. La dénonciation de la sur-incarcération criante des jeunes issus de cette communauté, le nombr inacceptable de mort en détention de ces mêmes jeunes, et la triste banalité des brutalités dont ils sont victimes de la part de la police australienne.  

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Pour s'en convaincre, avec la chaîne télé ABC, il suffit de visionner les trop nombreuses vidéos d'arrestations violentes ou dégradantes, subies par des Aborigènes, et qui ont ont fleuri sur les réseaux sociaux. Ce ne sont pas des cas isolés, confirment toutes les personnes interrogées par la chaine. On retrouve dans ce reportage les mêmes mots que ceux prononcés par les afro-américains : le fait qu'on élève les jeunes ici comme là-bas à vivre avec la menace policière, à ne pas courir surtout, au risque d'y laisser sa vie.

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En guise de réponse, le gouvernement conservateur australien de Scott Morrisson a jugé bon ce dimanche de qualifier "d'incroyables égoïstes" les manifestants de la veille, les accusant à demi-mots de risquer une nouvelle propagation du coronavirus en bravant les règles de distanciation pour manifester malgré l'interdiction légale.  

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"Les marcheurs de samedi ne sont pas égoïstes mais incroyablement courageux",  répond un lecteur du Sydney Morning Herald dans le courrier du journal, évoquant le courage qu'il faut aux Australiens pour enfin "cesser d'être complaisants, de détourner de regard face à l'injustice systémique infligée aux Aborigènes".   

Le problème, affirme enfin la professeure de droit Megan Davis dans le même Sydney Morning Herald, c'est que des manifestations de ce genre, il y en a depuis au moins 30 ans en Australie, comme aux Etats-Unis d'ailleurs. Ici comme là, la question est donc de passer du constat et de la dénonciation au véritable changement. 

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Les Aborigènes qui meurent par centaines en prison, affirme l'auteure (elle même issue de cette communauté) meurent "non pas à cause de brutalités subies mais bien d'un manque de soin de la part des surveillants". Accorder de la valeur à la vie de ces hommes et de ces femmes, c'est donc avant tout leur rendre leur humanité et la considération qu'ils méritent autant que tout autre C'est aussi plus généralement "redonner une place aux Aborigènes dans la démocratie australienne", pour leur permettre de décider d'eux-mêmes sur les sujets qui les concernent.  

… En la matière, l'actualité récente en Australie nous a donné un bon contre-exemple.

C'est à lire notamment dans The Financial Times : la compagnie minière anglo-australienne Rio Tinto voit sa réputation très sérieusement écornée sur l'île parce qu'elle a réduit en poussière, le mois dernier, un site aborigène sacré de la plus haute importance dans les gorges de Juukan : deux grottes qui portaient les traces d'occupations humaines ininterrompues depuis au moins 46 000 ans.

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Tout cela, donc, a été pulvérisé au nom de la raison économique du premier producteur de minerai de fer au monde. De nombreuses voix en Australie s'étaient élevées contre ce saccage annoncé, des investisseurs internationaux de Rio Tinto s'étaient même élevés contre, au nom de la responsabilité sociale et environementale de l'entreprise ; mais "les projets miniers australiens n'arrêtent pas leur effrayante expansion pour si peu", comme le laisse entendre le quotidien The Australian.  

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Les habitants aborigènes de cette région n'ont eux tout simplement rien pu faire pour sauver leur patrimoine ; ils contestent l'affirmation de Rio Tinto selon laquelle "les propriétaires du site avaient donné leur accord à son exploitation". De toute façon, constate le Financial Times, "la loi australienne ne protège pas suffisamment le droit au consentement des Aborigènes en ce qui concerne leur culture". Le ministre en charge de ces questions a promis de changer ces lois... trop tard, toutefois pour sauver les grottes de Juukan.

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