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De jeunes opposants à Alexandre Loukachenko manifestent à Varsovie en Pologne devant l'ambassade de Biélorussie, le 8 août 2021.

Biélorussie : un an plus tard, que reste-t-il du mouvement contre la réélection d'Alexandre Loukachenko ?

6 min
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Le 9 août 2020 Alexandre Loukachenko se maintenait au pouvoir en Biélorussie après une élection marquée par des fraudes, déclenchant d'immenses manifestations réclamant son départ.

De jeunes opposants à Alexandre Loukachenko manifestent à Varsovie en Pologne devant l'ambassade de Biélorussie, le 8 août 2021.
De jeunes opposants à Alexandre Loukachenko manifestent à Varsovie en Pologne devant l'ambassade de Biélorussie, le 8 août 2021. Crédits : WOJTEK RADWANSKI - AFP

A la une du site du Temps, le quotidien suisse : "La société civile biélorusse, brisée mais résolue." On y voit des manifestants en rouge et blanc, toujours déterminés à dénoncer la fraude, la dictature d'Alexandre Loukachenko. Mais ces manifestants sont photographiés à Londres, loin de la police politique biélorusse. "Un an plus tard", raconte la correspondante du Temps à Minsk, "les rues de la capitale sont aussi calmes qu’en hiver, les drapeaux blanc-rouge-blanc, symbole de l’opposition, ont disparu. [...] Des dizaines d’ONG et de journaux indépendants ont été fermés. Le pays compte désormais 600 prisonniers politiques." Voilà le bilan d'un an de répression.  

Le quotidien suisse dresse le portraits de militants de l'opposition restés au pays. Alexeï, 30 ans, qui par principe, refuse de s'en aller, d'abandonner, même s'il songe parfois au départ. Mikalai, 24 ans, qui veut se convaincre que "La révolution n’est pas terminée." Liza, professeur à l’université, qui a perdu son poste en raison de son engagement mais qui ne veut pas "céder à la peur". Max, un étudiant, qui ne peut se résoudre à partir quand ses amis sont en prison et qui se sent "plus utile à Minsk qu’à l’étranger." 

Peut-être sont-ils le dernier espoir de l'opposition à Alexandre Loukachenko, ces jeunes qui osent parler à la presse étrangère depuis la Biélorussie. Car "quand personne n'ose dire ce qu'il pense, tout le monde se sent seul." écrit le Süddeutsche Zeitung dans un éditorial consacré au Bélarus. Le journal allemand se souvient il y a un an des "gens faisaient la queue devant les urnes" et croyaient l'heure du changement enfin venue. Tandis qu'aujourd'hui quiconque est critique du pouvoir "ne peut plus se sentir en sécurité". Pour le Süddeutsche Zeitung, l'Europe doit d'urgence protéger les Biélorusses en exil, pourchassés à l'étranger par le régime. Le quotidien de Munich recommande aux 27 d'expulser les agents du régime en poste dans les ambassades biélorusses. Serait-ce suffisant pour qu'Alexeï, Liza et Max ne se sentent pas abandonnés par les démocraties européennes ?

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Pas de vacances en Espagne pour tout le monde

Le Frankfurter Allgemeine publie un reportage sur la Costa Blanca à Alicante et Benidorm où les plages sont noires de monde. Pourtant on n'y entend rarement un mot d'anglais, ou de néerlandais. Ce sont surtout les touristes espagnols qui profitent de la côte en l'absence des étrangers, retenus par l'épidémie et les restrictions de voyage. Sur la Costa Blanca le taux de contamination au Covid est 10 fois plus important que l'année dernière. Mais les restaurants prisés sont complets sur deux semaines et il faut pousser son voisin pour poser sa serviette sur le sable. Le coronavirus semble presque oublié écrit le Frankfurter, hormis dans le quartier des bars et des discothèques de Benidorm, où l'absence des touristes anglais pousse certains patrons à garder le rideau baissé cet été. Globalement le secteur touristique s'en sort bien mieux que l'année dernière, grâce à cet afflux de vacanciers espagnols. 

El Pais vient toutefois nous rappeler la réalité de centaines de milliers de Madrilènes qui ne verront pas la mer cet été. Une habitante de Madrid originaire de République Dominicaine montre sur son portable une photo de sa dernière fois à la plage. C'était il y a 3 ans, pendant 3 jours, à Valence. La mer lui manque, elle qui a grandie dans les Caraïbes. Comme cette femme, 190 000 Madrilènes dépendent des banques alimentaires pour se nourrir. C'est une autre Espagne que nous raconte El Pais. Celle qui passe ses vacances à regarder celles des autres à la télé. Celle pour qui on a pas trouvé le vaccin contre le chômage. Loin des patrons d'hôtels d'Alicante pour qui la crise est déjà presque un mauvais souvenir.

Sur les traces des mercenaires colombiens

De la jungle, aux villes en ruines du Yémen, le New York Times enquête sur les vétérans de l'armée colombienne reconvertie dans la sécurité privée. Une vingtaine d'entre eux auraient participé il y a un mois à l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse. L'arrestation d'ex-commandos colombiens à Port-au-Prince a mis en lumière le phénomène des anciens soldats de Bogota qui vendent au plus offrant l'expérience acquise pendant des décennies de guerre contre les FARC. 

Le New York Times rappelle le contexte : plus de 50 ans de guerre civile, la deuxième force armée d'Amérique latine, avec un financement massif venu des États-Unis. Chaque année 10 000 militaires sortent des rangs, après souvent 20 ans de caserne, selon le ministère colombien de la Défense. Ayant quitté l'uniforme ils touchent une pension de 400 dollars par mois. C'est relativement peu pour vivre à Bogotá et l'armée ne propose que quelques formations dans le bâtiment ou la restauration pour se réintégrer à la vie civile. Dans une économie locale fragile, le risque est grand de voir ces anciens militaires reprendre du service pour des compagnies privées.

"Nous sommes des machines de guerre, c'est pour cela que nous avons été formés", revendique le dirigeant d'une association d'anciens combattants colombiens qui admet : "Nous ne savons rien faire à part ça." Les recruteurs de mercenaires ont rapidement flairé l'opportunité.  Les liens entre les soldats colombiens et les États-Unis, forgés par des décennies de lutte anti-communiste ont logiquement amené des vétérans colombiens vers des sociétés américaines. On les a d'abord retrouvés en Irak et en Afghanistan explique Sean McFate, professeur à l'Université de Georgetown, spécialiste des mercenaires. Mais depuis le début des années 2010 ce sont surtout les Émirats arabes unis qui emploient les colombiens par le biais d'Erik Prince, le fondateur de la célèbre compagnie de mercenaires américains Blackwater, installé à Abou Dhabi. Voilà comment plusieurs centaines de ces soldats se sont retrouvés sur le front au Yémen dès 2015, dans les rangs de la coalition menée par l'Arabie Saoudite contre les Houthis. 

C'est bien sûr le salaire qui attire ces mercenaires, et la perspective de rentrer au pays avec un capital de départ suffisant pour lancer un petit commerce. Certains mercenaires gagneraient jusqu'à 5 000 dollars américains par mois au service des Émiratis. "Cela a totalement changé ma vie", témoigne William Amaya, 47 ans, un ancien soldat, mercenaire pendant deux ans au Yémen, et désormais patron d'une petite entreprise en Colombie. Mais ces derniers temps la demande des Émirats arabes unis est en forte baisse. Les mercenaires arrêtés à Haïti auraient postulé sans succès auprès d'employeurs Émiratis. Leurs familles en Colombie jurent qu'ils ignoraient le but réel de leur mission et pensaient opérer comme gardes du corps. L'épouse de l'un des vétérans colombiens arrêté à Haïti se confie : "Nous avons trois enfants et nous n'avions plus d'argent."

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