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Le président bolivien Luis Arce à La Paz, 08/11/20

En Bolivie, un retour d'exil triomphal et encombrant pour Evo Morales

5 min
À retrouver dans l'émission

L'ex- président de gauche Evo Morales rentre ce lundi en Bolivie après un an d'exil forcé en Argentine. Ce retour très médiatisé intervient au lendemain de l'investiture de Luis Arce, dauphin de Morales devenu président à son tour. Aung San Suu Kyi et la LND assurés de rester au pouvoir en Birmanie.

Le président bolivien Luis Arce à La Paz, 08/11/20
Le président bolivien Luis Arce à La Paz, 08/11/20 Crédits : Handout/ABI - AFP

Un nouveau président a pris ses fonctions ce dimanche en Amérique : il s’agit bien sûr du socialiste Luis Arce en Bolivie.

Une arrivée au pouvoir qui s’est concrétisée ce dimanche, d’après ce qu’en raconte le quotidien El Deber à la Paz, par l’apparition sur le balcon du Palacio Quemado, le vieux palais présidentiel, de Luis Arce le nouveau chef de l’Etat (élu dès le premier tour de la présidentielle le mois dernier) et de son vice-président David Choquehuanca. Les deux hommes, bardés de leur écharpe aux couleurs boliviennes vert-jaune-rouge, ont assisté au grand défilé militaire et civil organisé en leur honneur… soldats et syndicalistes défilants les uns derrière les autres, il n’y a à peu près qu’en Bolivie qu’on peut encore voir ça.

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La gauche est bel et bien revenue au pouvoir en Bolivie, confirme CNN en langue espagnole, rediffusant la prestation de serment du nouveau président… dont on sait qu’il a longtemps été le ministre de l’économie de son désormais prédecesseur Evo Morales, 14 années au pouvoir jusqu’à qu’il soit chassé du pouvoir l’an dernier alors qu’il briguait un quatrième mandat… 

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Un an plus tard, le MAS, le "Mouvement vers le socialisme" dont Morales reste la figure tutellaire, a reconquis dans les urnes la tête du pays et Luis Arce, d’après le quotidien argentin Clarin, va avoir fort à faire pour s’imposer dans l’ombre de son mentor. 

"Imposer ses différences, son style propre", voilà le défi de Luis Arce : car bien au-delà de sa renommée en tant qu’économiste, ancien directeur de la banque centrale bolivienne devenu donc ministre de l’Economie sous Morales pour qui il avait mis en musique la sortie du système néo-libéral et les grands succès socio-économiques qui en avaient résulté dans les premières années, au-delà de cette légitimité-là le nouveau président doit convaincre, et il l’a répêté hier encore à Clarin, que son gouvernement "n’est pas un gouvernement fantoche piloté à distance par Evo Morales". 

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C’est d’autant plus compliqué que l’ancien président qui vivait en exil depuis un an en Argentine est en train de faire son grand retour au pays. "Evo Morales passera la frontière ce lundi", il l’a lui-même annoncé aux journalistes de La Razon qui suit les derniers détails de ce moment très politique et largement mis en scène pour les médias. 

"Evo va à nouveau fouler le sol national" lui qu avait du le fuir en paria, accusé de fraudes électorales, il y a un an ; "il sera accompagné, prévient The Guardian qui suit l’affaire de près, par une caravane de 800 véhicules"… Et ce retour, ajoute Tom Philips pour le quotidien britannique, suscite autant de ferveur populaire dans les populations indigènes des montagnes andines que de malaise dans les sénacles politiques de la capitale : Evo Morales reste certes une figure tutéllaire de la gauche bolivienne, mais il est "aussi charismatique que clivant", après ce qui lui est arrivé l’an dernier, cette image du leader qui s’accroche au pouvoir contre l’avis de son peuple qui lui colle à la peau, et beaucoup à commencer par Luis Arce craignent qu’il ne veuille continuer à tirer les ficelles comme il l’a fait pendant toute la campagne présidentielle.

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Mais l’ancien producteur de feuille de coca devenu président se défend de toute arrière-pensée politique, avec ce retour triomphal au pays. Pensez donc : selon l’agence de presse argentine Telam, Morales veut se consacrer pleinement à "ses deux grands projets : la création de fermes piscicoles dans s arégoin montagneuse de Chapare, et l’ouverture d’un restaurant" où ce sera lui le patron et où l’on poussera les tables le soir pour organiser des grandes soirées karaoké. Mais pas l’importe quel karaoké : on y chantera seulement des chansons à la gloire de son parti le Mas. "Il en existe plus de 300 et j’ai écrit les paroles de l’une d’entre elles", signale fièrement l’ex-président à Telam… comme quoi, chassez la politique, elle revient au galop, et en chanson s’il vous plaît !

En Birmanie, la Première ministre Aung San Suu Kyi semble assurée de rester au pouvoir après les élections générales de dimanche.

C’est en tous cas une certitude que partagent tous les médias asiatiques, même si le dépouillement est en cours d’après la Nikkei Asian Review japonaise : le parti LND (la Ligue natonale pour la démocratie) de la "dame de Rangoon" va assurément rafler la mise de ces  deuxièmes élections libres seulement dans l’histoire moderne de la Birmanie. 

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Pour les premières, en 2015, l’ancienne opposante à la junte militaire et militante des droits Aung San Suu Kyi avait, avec ce même parti, réalisé "un vrai raz de marée électoral" ; et après 4 années au pouvoir, malgré le bilan en demi-teinte et les critiques internationales sur sa complaisance (pour le moins) avec la répression de la minorité rohingya, la Première ministre semble toujours très populaire auprès des siens. 

Elle a bien, à son tour, des opposants, précise Al Jazeera, en la personne notamment du militant pro-démocratie Ko Ko Gyi, mais celui-ci reste inaudible car en vérité, lors du scrutin d’hier, il ne semblait dans la bouches des électeurs n’y avoir "qu’un seul choix à faire" : Aung San Suu Kyi et la LND ou bien le retour de la junte militaire au pouvoir.

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C’est donc bien "par peur des militaires que les Birmans ont voté comme un seul homme" ce dimanche, annonce déjà le Myanmar Times. Des militaires, nos rappelle le quotidien anglophone, qui restent tout de même très proches du pouvoir, la constitution birmane leur accorde automatiquement 25% des sièges dans le nouveau parlement.

Plus que jamais, Aung San Suu Kyi reste aux yeux de ses 37 millions d’électeurs celle qui a ramené la démocratie dans son pays. Même si c’est dans une négociation permanente et au prix de compromis parfois cruels avec la junte, la formule semble convenir aux Birmans pour cinq années de plus.

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