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Enterrement de victimes d'attentat contre une école de filles, Dasht-e-Barchï, Afghanistan, le 09/05/21

En Afghanistan, la minorité hazara seule face à ses bourreaux

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Un attentat contre une école de filles a fait une soixantaine de morts samedi près de Kaboul ; il visait la minorité chiite hazara qui a toutes les raisons de craindre le retrait des troupes américaines. Le plus gros oléoduc américain frappé par une cyberattaque, le cours de l'essence flambe.

Enterrement de victimes d'attentat contre une école de filles, Dasht-e-Barchï, Afghanistan, le 09/05/21
Enterrement de victimes d'attentat contre une école de filles, Dasht-e-Barchï, Afghanistan, le 09/05/21 Crédits : Wakil Kohsar - AFP

Le président Ashraf Ghani a décrété une journée de deuil national ce lundi, en Afghanistan.

C’est la première information que l’on lit sur le site de la chaîne de télévision afghane Tolo News, et dans l’article suivant, on revient sur les terribles évènements de ce week-end, cette attaque terroriste contre une école de la région de Kaboul, plusieurs engins explosifs savamment coordonnés pour faire un maximum de victimes… en particulier parmi le écolières, car c’est bien une école de filles qui a été visée, souligne Tolo News… 

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Plus de soixante mort au final, "victimes jeunes et innocentes, tuées avec la pire des cruautés, pour alimenter le feu d’une guerre psychologique" comme l’explique un homme de la localité endeuillée, en marge des obsèques qui ont eu lieu ce dimanche.

Sur la colline dite des martyrs, là où ont eu lieu les enterrements, "il n’y avait presque plus assez de place pour autant de tombes d’un seul coup", rapporte dans un saisissant article pour The New York Times Adam Nossiter, longtemps chef du bureau du quotidien à Paris avant de prendre ses fonctions en Afghanistan. 

Pour lui, pas de doute possible : "l’ampleur de ce massacre et l’innocence des victimes sonnent comme un avertissement du démantèlement violent qui guette l’Afghanistan avec le retrait déjà engagé des troupes américaines : chaque jour les Talibans regagnent du terrain, et le gouvernement de Kaboul semble incapable de protéger sa population".

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Et c’est particulièrement vrai pour une partie de cette population, la minorité hazara qui est au cœur du reportage d’Adam Nossiter, cible criante de l’attentat de samedi, et pourtant elle n’est jamais évoqué dans les articles de Tolo News qui se concentrent surtout sur le fait que c’est la jeunesse afghane, son accès à l’éducation et en particulier, celui des jeunes filles qui ont été visés. 

Tout ça est vrai, mais impossible pour autant d’ignorer le fait que c’est, à nouveau une localité peuplée par cette minorité chiite des Hazaras qui a été décimée. La continuation d’une longue histoire de persécutions qui culminent depuis des décennies dans les zones contrôlées par les Talibans ou le groupe Etat islamique. Après l’invasion américaine en 2001, raconte encore Nossiter, on s’est beaucoup appuyé sur les Hazaras pour refonder l’administration, et en particulier le système éducatif afghan ; aujourd’hui, ils passent pour les supplétifs des Américains et du gouvernement de Kaboul qui pourtant, ne fait rien ou pas grand-chose pour les protéger de leurs persécuteurs. 

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A présent, le retrait américain les laisse seuls et désarmés face à cette fatalité des massacres qui semble s’acharner sur eux… Alors dans le recueillement des funérailles ce dimanche, le journaliste du New York Times raconte que certains groupes d’hommes parlaient déjà de prendre les armes, de s’organiser soi-même pour défendre les siens, et rejoindre dans le maquis la petite armée d’auto-défense, levée par un chef de guerre Hazara. 

Samedi après l’attentat, raconte enfin Ali M. Latifi d’Al Jazeera, quand les policiers et les ambulances sont finalement arrivés sur les lieux, des habitants excédés qu’ils aient mis autant de temps à arriver les ont caillassés. Et dimanche encore, il n’y avait aucun policier pour sécuriser les cortèges des enterrements. La colère est telle que là encore, des jeunes Hazaras disent à Al Jazeera leur volonté de ne plus se laisser massacrer et de se protéger eux-mêmes. La voilà, la "guerre psychologique" dont parlait un villageois tout à l’heure ; et le voilà aussi le "démantèlement violent de tout un pays" décrit par Adam Nossiter dans le New York Times, dans un Afghanistan qui semble bien en train de basculer à nouveau vers ses heures les plus sombres.  

Sur la côte Est des Etats-Unis, le prix des carburants commence à s’affoler.

Et c’est la conséquence d’une cyber-attaque menée vendredi et qui a frappé le plus gros oléoduc : le Colonial Pipeline, tel que nous le décrit Politico, étend sur près de 9000 kilomètres son réseau qui relie le Texas au New Jersey et qui fournit la moitié des hydrocarbures à toute la côte Est américaine. Et comme il va sans doute falloir du temps avant qu’il ne puisse être remis en route, le cours de l’essence s’affole à New York et dans sa grande région. 

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Cette attaque de piraterie informatique, elle met en lumière de manière criante et urgente la vulnérabilité du réseau énergétique américain, alerte Liam Denning sur le site de Bloomberg quand NBCNews affirme d’après plusieurs sources fiables que le hackers ont agi (est-ce vraiment une surprise ?) depuis la Russie. Il s’agirait d’un groupe apparu assez récemment, qui se fait appeler DarkSide et qui affirme n’agir qu’à des fins d’extorsion de fonds, volant des données sensibles de la part d’opérateurs stratégiques pour ensuite exiger une copieuse rançon en menaçant de publier les données. 

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L’agence russe Interfax explique que Darkside a juré de ne jamais s’en prendre à des hôpitaux, des établissements scolaires ou des installations gouvernementales, mais seulement à des grands groupes privés tout en reversant une partie des rançons obtenues à des ONG en faveur de l’aide à l’enfance ou de l’accès à l’eau potable en Afrique.

Wired, le mensuel américain spécialisé dans les nouvelles technologies, estime que le gouvernement russe est coupable au moins, de tolérer ces groupes de hackers, qui ne sont jamais inquiétés par la Justice dans leur pays, et parfois utilisés à des fins géopolitiques par le Kremlin. Joe Biden devrait annoncer dans les prochains jours un plan d’action contre la menace des cyber-attaques.

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