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Quartier déserté de Itaewon à Séoul, le 10 mai 2020

Un regain de Covid-19 alimente l'homophobie en Corée du Sud

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Un foyer de contamination a été identifié dans des clubs gays de Séoul, autour d'un jeune homme qui a transmis le coronavirus à 75 personnes. La presse s'est emparée de l'affaire, stigmatisant la communauté homosexuelle dans un pays très homophobe. Le service public postal menacé aux Etats-Unis.

Quartier déserté de Itaewon à Séoul, le 10 mai 2020
Quartier déserté de Itaewon à Séoul, le 10 mai 2020 Crédits : Jung Yeon-je - AFP

Nous parlons ce matin d'un pays qui n'a pas connu de confinement face à l'épidémie de Covid-19, mais qui reste sur ses gardes.

Ce pays c'est la Corée du Sud, où cela faisait des semaines que le nombre de nouveaux cas de contamination se comptait sur les doigts d'une main, avec une épidémie bien sous contrôle depuis un mois. Les Sud-coréens se voulaient victorieux et exemplaires face à la pandémie... mais  que ces derniers jours les bilans quotidiens sont repartis à la hausse : pas moins de 35 nouveaux cas reportés ce dimanche, selon l'agence nationale Yonhap.

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C'est en grande partie lié à un nouveau "cluster", un foyer de propagation identifié la semaine dernière autour d'un quartier, celui d'Itaewon à Séoul, et même plus précisément autour d'une personne, comme nous l'explique The Korea Herald : au cœur de cette nouvelle brêche dans le système sud-coréen dont on a tant vanté les mérites et basé sur le traçage des individus et la détection de leurs contacts, il y a un jeune homme de 29 ans, employé dans une société de jeux vidéos et adepte des sorties nocturnes dans ce quartier festif, branché et cosmopolite d'Itaewon.  

Ledit quartier a été bouclé, les bars et discothèques fermés, même si comme l'indique The Guardian, tous ces établissements étaient ouvert jusque-là en toute légalité, et respectaient des règles de distanciation strictes.  

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Itaewon, jusque-là quartier qui ne dort jamais, est devenu une petite "ville-fantôme". Il faut dire qu'on a identifié au moins 75 personnes qui ont été contaminées à partir de ce seul patient-zéro. Lequel, et c'est important de le dire pour la suite, ne savait pas qu'il était porteur du coronavirus au moment où il a commencé ses virées nocturnes dans 5 établissements d'Itaewon au début du mois.

La suite, en l'occurence, c'est une forte vague d'homophobie qui se fait jour dans la société sud-coréenne.  

C'est bien ce que décrit Nemo Kim, le correspondant à Séoul du Guardian : les clubs qu'a fréquenté le jeune porteur sain, bien malgré lui, étaient des clubs gays pour lesquels Itaewon est réputée à travers tout le pays.  

Et depuis que les autorités sanitaires de la région de Séoul recherchent, pour les tester, toutes les personnes qui ont fréquenté ces mêmes clubs en même temps que notre patient zéro, il y a une peur panique qui s'installe dans la communauté homosexuelle : car, confirme le magazine américain LGBT The Advocate, la société sud-coréenne est profodément homophobe, en particulier le monde de l'entreprise ; les gay là-bas ne peuvent pas s'afficher en public, sous peine de conséquences sur leur emploi, et même sur leur entourage.

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Alors, de peur que la machine de surveillance anti-Covid ne les expose contre leur volonté, certains préfèrent ne pas répondre aux sollicitations des enquêteurs sanitaires : ils ont donné de fausses adresses aux policiers qui ont fait des descentes dans les clubs pour prendre les coordonnées de ceux qui s'y trouvaient. Dans le Korea Herald de ce lundi, le Premier ministre Chung-Sye -Kyun menace même de "lourdes sanctions" les habitués d'Itaewon qui refusent de coopérer et de se faire tester pour la Covid-19. Un langage de sanction, donc, qui prend bien peu en compte la peur qu'éprouve cette communauté, de voir ressurgir les pires moments de l'épidémie de sida, ceux de la stigmatisation dans l'opinion publique des homosexuels comme déviants et foncièrement irresponsables.

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La réalité telle que la décrivent aussi bien The Guardian que The Advocate, c'est celle d'une communauté gay sud-coréenne qui subit depuis quelques jours plus les conversations homophobes décomplexées au travail, les commentaires haineux sur internet, et même les messages de menaces envoyé via des faux comptes sur les applications de rencontres gay.

Voilà ce que peut aussi ramener le coronavirus avec lui, et voilà également un possible effet négatif du "tracking", cette méthode qui consiste à surveiller les déplacements et contacts des individus pour les identifier très précisément... quitte, pour des raisons sanitaires à priori louables, à livrer les détails de leur vie personnelle en pâture aux tabloïds et à la vindicte populaire.

Aux Etats-Unis, quel jeu Trump joue-t-il avec la Poste américaine ?

La Poste, dont le New York Times nous apprend qu'elle est "le service public le plus populaire aux Etats-Unis", avec une glorieuse histoire qui remonte à la conquête de l'Ouest et au Pony Express.

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La réalité actuelle est beaucoup moins glorieuse : avec la crise du coronavirus, le budget de ces US Postal Services est dans le rouge foncé, l'Etat fédéral est appelé à venir à son secours comme il l'a fait pour sauver d'autres pans de l'économie sinistrés, mais la présidence Trump et le parti républicain traînent les pieds, faisant de ce débat pour ou contre le maintien d'une Poste comme service public financé par l'impôt l'un des sujets politiques de débats de la compagne présidentielle.

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En gros, résume USA Today dans un éditorial consacré à la défense de la Poste publié la semaine dernière, le US Postal a besoin de 75 milliards de dollars et Donald Trump ne lui en accorde pour le moment pas plus de 10 milliards. Et il le fait parce qu'il veut pousser ses dirigeants à augmenter les tarifs de livraison de colis par leurs facteurs.  

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Ce serait en fait, de la part du président, une manière de s'en prendre à Jeff Bezos, patron d'Amazon, le géant de la vente en ligne qui bénéficie abondamment du réseau postal pour acheminer ses livraisons ; Jeff Bezos qui possède aussi le Washington Post, un journal qui éreinte, quotidiennement, la présidence Trump.

La Poste et son demi-million d'agents seraient les victimes collatérales d'une vengeance sournoise de la Maison Blanche contre le boss d'Amazon ? Ce serait déplorable, commente David Cole dans The New York Review of Books, à un moment où l'Amérique a grand besoin selon lui d'une "démocratie postale". 

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Et c'est vrai qu'avec l'épidémie qui fait des ravages aux Etats-Unis, la possibilité d'un vote par correspondance, par courrier, est évoquée très sérieusement pour permettre à la présidentielle de se tenir en novembre sans risquer de déclencher une deuxième vague de Covid-19. Faire voter les américains par la Poste, est-ce possible dans un pays qui aurait délaissé ce service public et l'aurait abandonné à des sociétés privées ?  

En tous cas les politologues américains s'accordent à penser que cela permettrait une hausse importante de la participation des Afro-américains qui sont plus souvent que d'autres réticents à se rendre dans les bureaux de votes, pour des raisons historiques décrites par David Cole.  

Et comme rien n'est jamais complètement un hasard, pour le moment Donald Trump s'est montré plutôt réticent, à cette idée que le vote sur sa réélection se déroule par voie postale.

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