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Policier = criminels autorisés", à Ikeja, Nigeria, le 08/10/20

La jeunesse nigériane obtient une victoire contrastée face aux violences policières

5 min
À retrouver dans l'émission

La dénonciation des crimes policiers au Nigeria a soulevé une mobilisation sans précédent, débouchant sur le démantèlement de l'unité de police incriminée. Cela va-t-il assez loin ? Au Brésil, controverse judiciaire et chasse à l'homme après la libération contestée d'un narcotrafiquant.

Policier = criminels autorisés", à Ikeja, Nigeria, le 08/10/20
Policier = criminels autorisés", à Ikeja, Nigeria, le 08/10/20 Crédits : Pius Utomi Ekpei - AFP

"La victoire en marchant", pour la jeunesse nigériane engagée depuis une semaine contre les violences policières. 

Une semaine de manifestations quotidiennes dans les plus grandes villes du Nigeria, résumées ainsi par le Daily Post d'Abuja : la jeunesse aux commandes, des chanteurs populaires mobilisés,  les réseaux sociaux en ébullition après la publication de vidéos montrant des policiers tuant un homme en pleine rue... et à l'arrivée, ce dimanche après-midi, le directeur général de la police du Nigéria qui fait cette annonce, en direct à la télévision :  

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"L'unité au cœur de toutes les critiques, la brigade spéciale contre les vols, est démantelée à effet immédiat, dans toutes ses formations" déclare donc le plus haut responsable de la police nigériane Mohammed Adamu, et ce sont des cris de joie qui s'élèvent des rues du pays tant cette brigade surnommée de ses initiales, SARS et créée en 1992 cristallisait contre elle les accusations de violences policières à travers le pays. 

Pour le Daily Trust, pas de doute, le pouvoir politique a clairement "cédé à la pression citoyenne", et la police a dû elle aussi céder, pour une fois. Tous les titres de la presse nigériane notent bien que cette fois au moins on ne leur promet pas une énième réforme sans réels contours de la police nationale. Il est bien question du "démantèlement", de la disparition de la brigade honnie, une victoire claire donc pour les manifestants de ces derniers jours. 

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"La volonté exprimée par la population a été respectée", commente également The Vanguard à Lagos, quand The Nation revient avec force témoignages sur le tableau de service assez effrayant de cette unité de police coupable de tous les crimes qu'elle était censée combattre : des brutalités, des abus de pouvoir, du racket institutionnalisé, des tortures et surtout des exécutions extra-judiciaires, un véritable permis de tuer que s'arrogeaient ces policiers en toute impunité. C'est d'ailleurs la vidéo d'une de ces exécutions sommaires qui a mis le feu aux poudres et finalement condamné l'unité en question.  

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C'est donc une victoire pour la mobilisation populaire, mais une victoire en demi-teinte tout de même : déjà certains journaux citent des leaders du mouvement qui, bien sûr, se réjouissent de son issue, du démantèlement de la brigade et pas d'énièmes promesses de réformes policières sans avenir, mais qui remarquent aussi que l'annonce du chef de la police a été claire : "tous les agents de la brigade SARS vont être redéployés dans d'autres unités", aucun pour le moment n'aura à répondre de ses mauvaises pratiques. 

The Guardian, dans ses pages Afrique, décrit donc la réaction des Nigérians hier comme contrastée, entre la satisfaction de voir que les autorités pour une fois ont agi, et le sentiment que tout ça ne va pas assez loin, que l'on sacrifie une unité pour mieux protéger tous les autres policiers qui se livrent eux aussi à des abus de pouvoir et de violence. 

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En l’occurrence, les manifestations de ces derniers jours l'ont montré, ces violences policières sont au Nigéria un problème généralisé, bien au-delà de la brigade démantelée ; ce problème-là n'a pas de réponse à la hauteur pour le moment, reconnait également The Washington Post, et la violence avec laquelle les manifestations de la semaine dernière ont elles-mêmes été réprimées prouve qu'il faut agir en profondeur sur cette question. 

Mais, comme l'observe Danielle Paquette du Washington Post, la mobilisation de ces derniers jours a prouvé aux Nigérians qu'ils peuvent agir, s'organiser et se faire entendre de leurs dirigeants, jusqu'à obtenir des résultats... et ça c'est une victoire qui pourrait en appeler d'autres à venir.   

Au Brésil, c'est la Justice qui est mise en cause, pour avoir laisser un gros bonnet du trafic de drogue disparaître dans la nature. Ce narco-trafiquant libéré de prison vendredi, c'est André do Rap, à la tête selon El Pais Brasil du groupe mafieux PCC qui exporte des tonnes de cocaïne chaque année depuis le port de San Paolo vers l'Europe. 

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C'était un vrai petit miracle qu'il ait pu être arrêté et mis derrière des barreaux il y a un an, mais l'affaire a donc viré ce vendredi au couac phénoménal pour tout l'appareil judiciaire brésilien. André do Rap, en fait, a été libéré sur ordre d'un juge de la cour Suprême, Marco Aurelio Mello, en vertu d'un article de loi, qui d'après la revue Forum "n'avait fait l'objet, lors de son vote au parlement, que de 17 secondes de débat entre les députés". 

Il est pourtant loin d'être anodin, comme nous l'explique la Folha de Sao Paolo : le texte de loi prévoit que tout détenu qui n'aura pas été jugé au bout de 90 jours de détention préventive pourra faire une demande de libération à un juge. L'intention est bonne : obliger la justice à tenir ses délais, éviter la prolongation excessives des incarcérations avant jugement, réduire la surpopulation carcérale. 

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Mais là, il faut reconnaître avec la Gazeta do Povo que cette disposition fait tâche, cette fois-ci, où elle est invoquée par un juge de la Cour suprême, au bénéfice d'un parrain de la mafia. Depuis vendredi cette "complaisance présumée du juge Marco Aurelio Mello envers le crime organisé" n'en finit pas d'alimenter les critiques au Brésil... mais le magistrat se défend en expliquant qu'il n'a fait qu'appliquer la Loi et défendre les droits humains. 

Alors bien sûr, poursuit la Folha, André do Cap devait être assigné à résidence une fois sorti de prison vendredi pour attendre son procès sagement chez lui ; mais, on ne s'en étonnera pas vraiment, il a disparu dans la nature à peine les portes du pénitencier franchies. Depuis, le président de la Cour suprême a eu beau casser la décision de libération prise par son collègue, la police a beau assurer qu'elle mène une véritable "chasse à l'homme" pour retrouver le fugitif, il y a bien peu de chance de le revoir de sitôt. Certains journaux cités par la BBC affirment qu'il a déjà quitté le Brésil.

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