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Soleyman Soylu, ministre de l'Itnérieur turc, le 05/03/20

Deux jours de confinement-express et une démission de ministre rejetée en Turquie

6 min
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Le président turc a rejeté la démission de son ministre de l'Intérieur, critiqué depuis vendredi pour avoir annoncé un confinement de deux jours deux heures seulement avant son début. Au Nicaragua les autorités entretiennent le déni de la pandémie et l'incertitude sur l'absence du président Ortega.

Soleyman Soylu, ministre de l'Itnérieur turc, le 05/03/20
Soleyman Soylu, ministre de l'Itnérieur turc, le 05/03/20 Crédits : Gokhan Balci - AFP

La Turquie se réveille ce matin... déconfinée, mais un peu déconfite, aussi...

C'est vrai qu'on lit un un soulagement, une délivrance, dans ce titre du quotidien Sozcü : "Ca y est, le couvre-feu est levé, les Turcs peuvent à nouveau sortir de chez eux !". Mais il faut tout de même relativiser ce cri du cœur, en rappelant que 31 provinces turques et leurs millions d'habitants n'étaient confinés... que depuis 48 heures.  

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Alors oui, confirme Sozcü, ça a été dur à vivre, d'autant plus que le gouvernement n'a annoncé ce confinement-express que deux heures avant son entrée en vigueur. Vous imaginez donc aisément les scènes de panique dans la population, les ruées dans les magasins (exactement ce que le gouvernement disait vouloir éviter par cette anonce tardive), et je peux vous dire que l'heure n'était pas pas vendredi soir au civisme et au respect des gestes-barrières.

Au final, la consigne a plutôt bien été respectée, pendant ces 48 heures, on s'en rend compte en parcourant les récits dans la presse turque d'une Istanbul étonnament calme et silencieuse tout le week-end.  

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En fait, l'agitation et le débat s'étaient reportés sur les réseaux sociaux, où l'opposition et des dizaines de milliers d'internautes turcs s'emportaient sur l'im-préparation et l'irresponsabilité criminelle de leurs dirigeants, le ministre de l'intérieur Süleyman Soylu en tête ; d'ailleurs sa tête (ou en tous cas sa démission) était très largement demandée par les blogueurs et éditorialistes d'opposition depuis vendredi soir.

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Mais le vrai coup de théâtre est arrivé hier dimanche en fin d'après-midi, et c'est le journal Hurriyet qui s'en fait l'écho : Süleyman Soylu, ministre des purges politiques qui compte parmi les plus proches collaborateurs du président Erdogan, a annoncé qu'il présentait sa démission, qu'il "acceptait toutes les critiques" formulées contre lui depuis deux jours comme il acceptait l'entière responsabilité de la mauvaise gestion de ce couvre-feu express. Une vraie auto-critique en règle, pour celui qui avait déclaré vendredi que le confinement de 48 heures était mis en place "sur ordres du président", et qui ensuite a tenu à en dédouaner au maximum ce dernier.

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Il faut croire que la contrition est une valeur appréciée par le chef de l'Etat turc, car, comme le rapporte le site d'info indépendant Ahval, Recep Tayyip Erdogan a rejeté dimanche soir la démission de son ministre de l'Intérieur.  

Est-ce qu'il faut y voir une manière de faire taire des tensions inédites au sommet de l'Etat turque, ou au contraire une mise en scène de la magnanimité du président qui au final "réaffirme son entier soutien à Süleyman Soylu et vante la qualité de son service exemplaire de la Nation", comme tient à le mettre en avant le journal pro-pouvoir Daily Sabah ?  

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Ahval en tous cas note que ce sont des journalistes très liés au régime qui ont orchestré sur les réseaux sociaux une campagne de soutien populaire au ministre démissionnaire, des milliers de messages l'appelant à rester au gouvernement qui, selon la version officielle, auraient achevé de convaincre Erdogan de sauver le ministre Soylu.  

En tous cas, scènes de paniques ou pas dans les magasins turcs, on peine toujours à comprendre la logique véritable de ce confinement général de 48 heures seulement, dans une Turquie qui a de bonnes raisons de craindre un emballement de l'épidémie de Covid-19 dans les prochains jours.. avec un millier de morts pour le moment sur 57 000 cas avérés. Une chose est sûre en tous cas, Erdohan n'avait surtout pas besoin d'une crise ouverte au sein de son gouvernement, pour compliquer encore la situation.

En Amérique centrale, le Nicaragua se demande où est passé son président.

Le Nicaragua qui était, comme le note le service hispanophone de la Deutsche Welle allemande, l'un des rares pays au monde à proposer toute la semaine dernière de vraies processions traditionnelles de la semaine sainte, avec foules rassemblées dans les rues et dans les églises, le tout sans aucune mesure de restriction liée à une quelconque pandémie mondiale.

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"Le Nicaragua continue de défier le coronavirus avec des concerts, des danses et de fausses cérémonies religieuses", constate à son tour le média mexicain El Imparcial : là-bas, on ignore ce que c'est que cette distanciation sociale qui est devenue une hygiène de survie pour la moitié de l'Humanité. Les autorités organisent même des rassemblements pour montrer que la population continue à vivre normalement... et pourtant, pendant ce temps, il y a une question qui taraude les Nicaraguéens : "Mais qu'est-il donc arrivé au président Daniel Ortega ?"

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CNN en espagnol a bien compté : cela fait un mois complet que le chef de l'Etat ne s'est pas montré et qu'il n'a pas communiqué officiellement en son nom propre. C'est sa femme et vice-présidente Rosalia Murillo qui semble prendre les décisions importantes, à tel point, note El Diario depuis Miami, que "l'opposition au Nicaragua exige déjà que la vacances du pouvoir soit constatée, qu'un gouvernement de transition soit mise en place".

Cette absence d'information en haut lieu, comme il fallait s'y attendre, est comblé par une abondance de rumeurs dans la population. Il y en a même, comme le journal El Manana, pour évoquer une possible maladie ou même la mort du président... sans aucune preuve, cela va sans dire.

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Finalement, la rumeur la plus vive à Managua prétend qu'Ortega, l'ancien guerillero sandiniste, se terrerait dans le bunker présidentiel d'El Carmen : c'est en tous cas là qu'on l'a vu la dernière fois selon El Confidencial. Un président qui se confine à triple tour, alors qu'il nie l'existence-même d'une menace Coronavirus pour le reste de sa population, ce n'est clairement pas ça qui a améliorer la popularité du président dont on se souvient que son pouvoir autoritaire et corrompu avait été très violemment ébranlé par plusieurs mois d'insurrection à l'été 2018. D'ailleurs El Confidencial remarque que tout au long de cette crise-là également, Daniel Ortega avait brillé... par son absence.

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