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Andrzej Duda a revendiqué la victoire dès dimanche soir 12 juillet 2020

La Pologne déchirée par une présidentielle ultra-polarisée

6 min
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Le 2nd tour de la présidentielle de dimanche en Pologne semble donner un très léger avantage au sortant Andrzej Duda face à son rival libéral Rafal Trzaskowski. La campagne d'une grande violence verbale laisse le pays profondément divisé. Au Yemen, une bombe à retardement écologique en mer Rouge.

Andrzej Duda a revendiqué la victoire dès dimanche soir 12 juillet 2020
Andrzej Duda a revendiqué la victoire dès dimanche soir 12 juillet 2020 Crédits : Janek Skarzynski - AFP

Nous parlons ce lundi de l'élection présidentielle en Pologne... mais peut-être faudrait-il parler des Polognes au pluriel ?

Un pays tranché, par le centre, en deux parties distinctes et opposées : c'est vraiment l'image qui domine après ce deuxième tour de l'élection présidentielle qui, on peut le dire quoi qu'il arrive, n'aura pas réussi à départager les deux Polognes en présence.  

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Des deux prétendants, tout de même nous confirme le journal conservateur Polityche, c'est tout de même le président sortant, le national-populiste Andrzej Duda qui a pu revendiquer la victoire dès hier soir. Mais de vraiment pas grand-chose : le baromètre en Une de la Gazeta Polska ce matin est resté bloqué sur ce très léger déséquilibre, 51% pour Duda, 49% pour le maire libéral de Varsovie Rafal Trzaskowski. On ne pouvait pas faire marge plus réduite, juste au-dessus toutefois de la marge d'erreur de ce qui est bien à ce stade un sondage sortie des urnes, et pas des résultats officiels après dépouillements.  

Pour ces résultats vraiment définitif, il faudra sans doute attendre mardi, prévient le quotidien Do Rzeczy, et Andrzej Duda ferait mieux de retenir ses grands discours de victoire d'ici là, d'après le politologue et historien Antoni Dudek. L'entourage du président sortant et son parti le PiS se partagent déjà la peau de l'ours, et pourtant "à moins de 3 points d'écarts dans des sondages sortie des urnes, on ne peut pas vraiment être sûrs que l'ours a bien été tué", selon l'universitaire.

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Ca veut dire qu'il peut encore y avoir une surprise avec les résultats officiels qui vont être  communiqués dans les prochaines 24 heures par la Commission électorale polonaise. On ne peut pas l'exclure, mathématiquement, confirme le patron de la Wyborcza Gazeta Jaroslaw Kurski. Mais plutôt que de s'entretenir dans un espoir bien fragile, l'éditorialiste por-libéral  préfère dire ceci : quel que soit le résultat final, ce qui s'est passé autour de cette présidentielle est une grande victoire pour le "camp démocrate" polonais, qui a dit eu le courage de "dire non", qui s'est indubitablement trouvé un nouveau leader en la personne de Rafal Trzaskowski, et qui a réussi à faire vaciller l'emprise liberticide du PiS sur le pouvoir. Car arriver à faire 49% des voix face au président sortant, sachant tout ce que ce statut a conféré au camp Duda comme avantages électoraux et moyens de pressions administratives sur le vote, c'est déjà "comme si David avait réussi à terrasser Goliath".

Tout cela, il faut bien le dire, sonne un peu comme des discours de perdants qui tentent  d'atténuer l'amertume de leur défaite.  Mais il fallait sans doute ça au camp libéral et pro-européen de Rafal Trzaskowski pour arriver à digérer ce que Yaroslav Kurski dans la Wyborcza Gazeta qualifie de "nuit d'horreur" passée à subir les discours d'auto-congratulation victorieuse de Duda et des siens. 

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Mais le pire, poursuit Michaou Szuldrzynski pour Rzeczpospolita, ce sont les appels à la réconciliation qu'a répêtés toute la nuit le soi-disant vainqueur. En revendiquant la victoire Andrzej Duda a invité son adversaire à venir lui serrer la mai au palais présidentiel à 23h pour marquer la fin des hostilités et montrer qu'il voulait être le président de tous les polonais  enfin réunis derrière lui sous la bannière des vraies valeurs polonaises. Bien entendu, Rafal Trzaskowski a refusé la poignée de mains en attendant les résultats officiels puisqu'il n'a pas officiellement reconnu sa défaite ; et puis plus largement, écrit Michal Sczuldrzynski, "il faudra bien plus qu'une poignée de mains pour faire oublier les divisions", les insultes, les désinformations, les discours de haines et d'intolérance qui ont caractérisé la fin de la campagne d'Andrzej Duda. 

Entre les deux tours en particulier, le président sortant a littéralement hystérisé la campagne autour du rejet d'un soi-disant "idéologie LGBT" qui aurait déjà gangréné l'Union Européenne et tenterait à travers elle de pervertir les valeurs traditionnelles de la nation polonaise. Andrzej Trzakowski, dans cette rhétorique, était le candidat de l'étranger, de l'ennemi, dont on a publiquement mis en cause la loyauté envers sa propre Patrie.

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La campagne présidentielle qui s'achève, conclut l'article de Rzeczpospolita, "a montré le pire dont est capable la politique polonaise", elle a montée l'une contre l'autre deux Polognes qui regardent vraiment dans deux directions opposées. Décidement, il faudra bien plus que des discours de réconciliation creux des poignées de mains photogéniques pour faire oublier tout cela...

EDIT : à 8h20 ce lundi matin la Commission électorale polonaise a livré des premiers résultats après dépouillement de 99% de bulletins confirmant la victoire d'andrzej Duda avec 51,21% des voix. 

Au large du Yemen en guerre, la lente corrosion d'un pétrolier fait craindre une catastrophe écologique majeure aux Nations Unies.

C'est l'un des facettes du drame polymorphe qui se joue dans la guerre du Yemen depuis 2014, à lire dans le Middle East Eye, cette histoire donc d'un pétrolier super-tanker nommé Safer et laissé à l'abandon depuis 5 ans au large du port d'Hoddeydah tenu par les rebelles pro-Iraniens Houthis. Le navire est vieux de plus de trente ans et contient encore un million cent mille barils de brut dans ses cuves ; en l'absence d'entretien, la rouille et l'accumulation de gazs explosif l'ont transformé au fil du temps en bombe à retardement au beau milieu de la mer Rouge.  

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Ces dernières semaines l'ONU, dans le cadre de sa mission de médiation entre les belligérants yéménites a alerté sur une importante fuite d'eau qui s'est déclaré dans la salle des machines, confirmant l'imminence du danger. Mais depuis le début de la guerre, les Houthis refusaient que quiconque monte à bord ; il faut dire que le contenu du pétrolier, qui vaut environ 50 milions de dollars, est l'ojet de toutes les convoitises.

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Mais le risque est devenu trop fort de voir une marée noire gigantesque polluer la mer Rouge.. Alors, on apprend sur le site d'info Arab News que les chefs Houthis ont enfin accepté ce dimanche que des experts de l'ONU montent à bord et procèdent à des réparations d'urgence. Ca ne résoudra pas le problème de fond, mais au moins ça permettra de gagner un peu de temps pour négocier, entre belligérants, le partage du trésor toxique que le Safer retient dans son ventre ; négocier, enfin et surtout une paix durable au Yemen, car elle seule permettra d'éviter la catastophe annoncée en mer Rouge. 

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