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Gergely Karacsony, nouveau maire d'opposition de Budapest

Municipales hongroises : Orban contesté dans les villes mais sauvé par les campagnes

6 min
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Le Fidesz de Viktor Orban essuie une défaite retentissante en perdant Budapest et une dizaine de grandes villes, mais conserve la majorité aux élections municipales grâce au vote rural. En Haïti, les artistes se mobilisent à leur tour et pacifiquement contre le président Jovenel Moïse.

Gergely Karacsony, nouveau maire d'opposition de Budapest
Gergely Karacsony, nouveau maire d'opposition de Budapest Crédits : Attila KISBENEDE - AFP

En Hongrie, les élections municipales de dimanche ont vu la capitale Budapest échapper aux partisans du Premier ministre Viktor Orban. 

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C'est un véritable "glissement de terrain" politique, s'enthousiasme en Une le journal en ligne Index qui est l'un des rares groupes de média en Hongrie qui échappent au contrôle de Viktor Orban et son parti le Fidez. Glissement vers le centre-gauche, en l'occurence : Budapest a un nouveau maire d'opposition âgé de 44 ans, issu du militantisme écologiste, pro-européen et libéral. Gergely Karacsony est ce matin dans la presse hongroise libre le visage d'un nouveau phénomène : cette croyance, validée par les urnes hier, que l'ordre autoritaire et nationaliste incarné par le Fidesz peut être contesté comme il ne l'avait jamais été en 10 ans et 7 élections. 

La victoire est d'autant plus belle, poursuit Index, qu'elle est vaste : 9 arrondissements de Budapest ont été reconquis au parti du Premier ministre ; l'opposition va disposer d'une majorité stable pour vraiment faire de la capitale la figure de proue de son offensive politique nationale pour chasser Viktor Orban du pouvoir. 

Au-delà de Budapest, lit-on sur le site du Heti Vilaggazdasag, une dizaine d'autres centres urbains hongrois d'imporantce nationale sont passés à l'opposition, comme Pecs,  Eger, Mickolc, etc. Mais qu'on ne s'y trompe pas, temporise tout de même le quotidien Magyar Hirlap, le Fidesz reste majoritaire dans plus de 70% de ces grandes villes hongroises, et il l'est plus encore dans la Hongrie rurale.  

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C'est d'ailleurs l'un des enseignements de ces élections, le décalage qui s'accentue entre le vote des villes et le vote des champs.  Et cela pose d'ailleurs un dilemme à Viktor Orban, décrypté pour nous par Valérie Hopkins la correspondante du Financial Times à Budapest : il y a la tentation, dans le camp du Premier ministre, de faire ce qu'il a toujours fait ces dernières années au pouvoir, d'axer sa politique sur le pays rural pour soigner cet électorat acquis, et de punir ceux qui ne votent pas pour lui par exemple en faisant voter une loi qui réduirait les pouvoirs des grandes métropoles. 

Sauf que cette fois le Fidesz commence à avoir peur du mouvement de rejet qui s'affirme contre lui et sa politique jugée bien trop autoritaire et arrogante par de plus en plus de Hongrois. Peur également  de cette opposition qui s'est pour une fois unie très largement, allant même jusqu'à fédérer le soutien du Jobbik, petit mais très virulent parti d'extrême-droite en voie de recentrage politique. 

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Alors, Viktor Orban fait profil bas, pour le moment : l'hebdomadaire HVG s'étonne d'ailleurs du fait qu'à Budapest le maire sortant, issu du Fidesz, a très rapidement et très clairement reconnu sa défaite dimanche soir. En fait, le camp Orban a pris conscience hier qu'il est "pris au piège" : il ne veut pas donner du grain à moudre à cette opposition qui pourrait contester son pouvoir sinon à cette élection, peut-être plus sûrement à la prochaine. Alors il joue les bons perdants à Budapest et fait ce qu'il a de mieux à faire : attendre, laisser l'opposition diriger la capitale, en sachant que, vue l'hétérogénéïté de cet attelage qui va des anciens communistes aux ultra-nationalistes plus ou moins repentis de Jobbik, il y a de bonnes chances que l'expérience du pouvoir à Budapest se retourne contre ses nouveaux maîtres.

Une île dans l'impasse : Haïti  traverse depuis la fin août une crise sans précédent. 

C'est ce qu'affirme Etienne Côté-Palluck, reporter du journal québécois La Presse à Port-au-Prince, secouée depuis un mois par des manifestations quasi-quotidienne et violentes à l'image du ressentiment populaire contre le président Jovenel Moïse.  

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Contesté depuis son éléction il y a deux ans, le chef de l'Etat est devenu, dans l'esprit de milliers de manifestants, l'incarnation même de tous les maux qui frappent l'île : la vie chère, les pénuries de carburants, une gouvernance défaillante, une corruption abyssale, une pauvreté que l'on ne retrouve à une telle échelle nulle part  ailleurs en Amérique. 

Mais hier, nous dit Jacqueline Charles pour le Miami Herald, les affrontements qui étaient devenus la norme autour des défilés réclamant la démission du président, ont laissé la place à une ambiance de carnaval. Hier dimanche ce ne sont plus les syndicats, les partis politiques, ou les universitaires qui appelaient à manifester, mais les artistes et chanteurs populaires haïtiens. 

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Il faut voir cette vidéo tournée par la reporter de Voice of America, Sandra Lemaire, pour comprendre l'importance de cette manifestation-là, pacifique, festive, avec cette foule en tee-shirt blanc venue reprendre l'hymne de la mobilisation "Jojo Domi Deyo", mais aussi crier les slogans que l'on entend à Port-au-Prince depuis un mois. Cette fois, insiste donc Le Nouvelliste de Port-au-Prince, tout s'est déroulé dans la bonne humeur et sans incident majeur... et le message n'en est que mieux passé. 

Un seul message : "Jovenel Moïse doit partir", et plus largement il faut "changer de système, ne pas laisser un autre Jovenel Moïse s'installer au pouvoir", résume le rappeur-vedette  Izolan. Pour comprendre l'ampleur de cette remise en question d'un système qui n'a jamais réussi à sortir l'le de l'urgence humanitaire, on relira cette enquête du Guardian publiée avant le week-end, et qui dresse le terrible bilan de l'aide américaine à Haïti depuis le terrible séisme de 2010. 

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Promesses non tenues, millons de dollars détournés, mise sous tutelle de fait de la politique haitienne : le bilan près de 10 ans plus tard est sans appel et c'est, nous dit Jacob Kushner, celui d'une vision totalement néo-libérale de l'aide humanitaire, avec implication de grandes entreprises américaines qui devaient construire un nouveau port, une centrale électrique pour donner (moyennant retour sur investissement) un avenir radieux aux Haitiens. 

De tout celà rien n'est advenu, et les Haitiens ent ont assez d'attendre. Ils l'ont dit hier en chantant et en dansant, mais faute de réponse de leur président aux abonnés absents, les prochaines manifestations cette semaine promettent d'être beaaucoup moins bon enfant. 

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