LE DIRECT
Arrivée de la délégation talibane à Doha, le 12 septembre 2020

Afghanistan : quelle réconciliation possible avec les talibans ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Les négociations de paix entre autorités de Kaboul et talibans démarrent vraiment ce lundi à Doha. Alors que les islamistes poursuivent leurs attaques en Afghanistan, quelle chance véritable pour la réconcilation ? Sous pression de Trump, le chinois TikTok va céder sa filiale USA à Oracle.

Arrivée de la délégation talibane à Doha, le 12 septembre 2020
Arrivée de la délégation talibane à Doha, le 12 septembre 2020 Crédits : KarimJaafar - AFP

L'Afghanistan connaîtra-t-il un jour la paix ? C'est tout l'objet des pourparlers qui commencent à Doha au Qatar. 

Des négociations de paix "historiques" car intra-afghanes, telles que les présente le journal Doha News : pour la première fois donc depuis au moins trois décennies, toutes les composantes de la société afghane sont assises autour de la même table que les talibans pour tenter de poser les bases d'un Afghanistan enfin pacifié, stabilisé, réconcilié avec lui-même... et débarrassé de la présence américaine. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Car autant le dire tout de suite, avec The Washington Post : même si c'est le Qatar qui joue les médiateurs, ce sont bien les Etats-Unis qui sont à l'impulsion de ces pourparlers historiques, et si l'Amérique a réussi à convaincre le mouvement fondamentaliste islamiste de venir négocir à Doha,, c'est bien sûr en leur faisant comprendre que c'est la condition sine qua non d'un véritbale retrait militaire américain d'Afghanistan, dès l'année prochaine comme l'a à nouveau fait miroiter Mike Pompeo samedi. 

Pour le moment, note studieusement la chaîne d'info afghane Tolo News, les discussions s'y déroulent "dans un esprit plutôt optimiste de part et d'autres, chacun évitant consciensieusement d'aborder les sujets de discorde, pour s'en tenir à négocier l'agenda et les points d'organisation des débats". C'est ce lundi que le fond va commencer à être abordé, et c'est là que deux visions vraiment différentes du futur Afhganistan devraient s'opposer comme semble le craindre Susannah George du Washington Post. la délégation envoyée à Doha par le gouvernement, composée de 4 femmes et de représentants de toutes les composantes de la société civile, explique n'avoir "aucune ligne rouge" dans ces négociations de paix mais elle le dit : "pas question de lâcher sur les libertés civiles, les droits des femmes, et la démocratie". "Une personne, un vote", résume Abdullah Abdullah le chef du Haut Conseil National de Réconciliation ; s'il faut faire des concessions avec les Talibans, ce ne sera pas sur ces questions-là car dit-il, "renoncer à ces principes-là ne nous conduira jamais à une paix véritable". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le soucis, c'est que cette délégation officielle arrive à Doha divisée, affaiblie par le morcellement de la société afghane et les rivalités politiques. En face, les talibans sont unis et très clairs sur ce qu'ils veulent, à commencer par l'imposition de la sharia comme loi fondamentale.  

Ils gardent aussi une carte maîtresse dans leur jeu, celle de  la violence des attaques quotidiennes qu'ils mènent contre le pouvoir et l'armée sur tout le territoire du pays. Même après la cérémonie très protocolaire d'ouverture des négociations sous les lustres de Doha samedi, pas moins de 19 attaques terroristes ont été enregistrées par l'Afghanistan Times, faisant des morts dans les rangs des militaires. Il y a donc bien une multiplication de ces attaques, alors que les négociateurs de Kaboul espéraient obtenir une trève dans ces violences le temps de laisser sa chance au dialogue. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais apparemment, ce sera le dialogue et la violence en parallèle, comme un moyen de pression dont les talibans n'ont pas l'intention de se priver à ce stade, analyse également le journal en ligne émirati The National. Et les autorités de Kaboul ne sont pas vraiment en situation de leur imposer quoi que ce soit, sauf à risquer de les voir quitter la table de Doha, et ça, le chaperon américain ne saurait l'accepter tant l'administration Trump a besoin que ces négociations suivent leur cours. A deux mois de la présidentielle , le président américain fait feu de tout bois pour afficher des succès diplomatiques.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dès lors, les conditions sont-elles vraiment réunies pour qu'une paix véritable émerge de ces pourparlers? Là encore, il n'y a pas vraiment d'autre choix que d'y croire, semble nous dire dans le Sunday Times d'hier l'Afghane Fawzia Koofi, qui a accepté de venir négocier à Doha face aux talibans alors-même qu'elle porte encore les séquelles de la tentative d'assassinat qu'ils ont organisé contre elle il y a un mois. Après tout ce qu'il lui ont fait subir, on se dit que si cette militante infatiguable des droits des femmes arrive encore en à s'impliquer sur la voie de la réconciliation, c'est qu'il doit bien rester un peu d'espoir en Afghanistan.   

L'application chinoise TikTok ne sera pas rachetée par Microsoft aux Etats-Unis. 

Vous avez peut-être suivi ce feuilleton ravivé cette nuit par The Wall Street Journal : le réseau social vidéo TikTok, c'est la coqueluche des jeunes internautes depuis 2017. On y tourne, monte et partage des petits films musicaux ; plus d'un milliards de membres à travers le monde, de quoi ringardiser totalement Facebook et Twitter. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Or donc, TikTok est né en Chine, et s'est retrouvé au coeur des tensions diplomatico-commerciales entre Pékin en Washington : Donald Trump a déclaré cet été que l'appli représentait rien de moins qu'une "menace pour la sécurité nationale américaine", un cheval de Troie installé dans les portables des ados occidentaux par les serbvices de renseignement chinois, et donc que TikTok serait interdite aux Etats-Unis si sa filiale USA n'était pas vendue à un repreneur américain avant ce mardi 15 septembre. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce qu'il y a de nouveau donc dans le Wall Street Journal, alors que l'ultimatum expire demain, c'est que la maison-mère chinoise a apparemment choisi ce repreneur, et ce ne sera pas le géant de l'informatique Microsoft associé pour l'occasion au géant de la grande sdistribution Wallmart. Non, pour éviter l'écran noir dès demain, TikTok USA va désigner comme partenaire technologique la société Oracle, un acteur très important sur le marché mondial des logiciels, bien que moins exposé que Microsoft. 

Difficile de ne pas noter, avec The Financial Times, que le PDG d'Oracle, lui, est bien connu comme l'un des seuls patrons de la Silicon Valley à soutenir publiquement Donald Trump dont semble proche. Est-ce que ces liens ont joué un rôle dans le choix fait par les Chinois dans un deal imposé par le président américain en personne ? CNN Business ne semble pas loin de le penser...

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais par contre, les Chinois avertissent dans les colonnes du South China Morning Post : pas question de livrer aux Américains le secret de l'agorithme qui a fait le succès planétaire de TikTok. Oracle va récupérer la franchise mais devra développer son propre système d'exploitation. Pékin fait des concessions aux Américains mais préserve tout de même ses secrets industriels.

Chroniques

7H40
43 min

L'Invité(e) des Matins

Politiques, scientifiques : gouverner face à l’épidémie
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......