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Gergely Karacsony lors d'une manifestation contre la nouvelle politique culturelle du gouvernement Orban

Le maire de Budapest en appelle à "l'auto-défense" culturelle contre Viktor Orbán

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Le nouveau maire de Budapest Gergely Karacsony s'affirme comme leader de l'opposition au Premier ministre illibéral Viktor Orbán, en particulier contre sa reprise en main des théâtres publics. Au Chili, la population plébiscite l'adoption d'une nouvelle Constitution via une consultation citoyenne.

Gergely Karacsony lors d'une manifestation contre la nouvelle politique culturelle du gouvernement Orban
Gergely Karacsony lors d'une manifestation contre la nouvelle politique culturelle du gouvernement Orban Crédits : Zoltan Mathe - Maxppp

En Hongrie, la capitale Budapest s'affirme comme fer de lance de l'opposition à Viktor Orbán. 

Ce lundi le maire de la ville, le libéral-écologiste Gergely Karacsnozy s'allie avec ses homologues de Prague, Varsovie et Bratislava pour créer "l'union des villes libres",  des capitales qui, explique The Financial Times, veulent jouer un rôle d'interlocuteurs pour l'UE contre les politiques illibérales de leurs gouvernements respectifs (on y reviendra dans le journal de 8 heures de Clara Lecocq-Réale). 

Les grandes villes d'Europe Centrale s'affirment donc comme des lieux où l'on peut "faire de la politique autrement" (c'est d'ailleurs le nom du parti fondé par le maire de Budapest),  et c'est particulièrement vrai en Hongrie, comme le reconnait la Budapester Zeitung, en allemand: Gergely Karacsony, y lit-on, est "le seul dans l'opposition hongroise à avoir du charisme" et surtout il a vraiment les moyens, à la tête de sa capitale, de prouver qu'on peut proposer une alternative à celle d'Orban et de son parti le Fidesz.

Bref, selon Boris Kalnoky de la Budapester Zeitung, l'élection de Karascony "redonne des couleurs à la politique hongroise", oblige le Premier ministre à se remettre en question, et recrée un véritable enjeu pour les législatives de 2022. Car Gergely Karacsony ne cesse de s'affirmer comme premier opposant au Fidesz : pas plus tard que samedi dans le quotidien Index il disait sa volonté de voir sa victoire, aux dernières municipales, en alliance avec les forces de gauche et du centre, servir de modèle au niveau national "aux forces républicaines" en vue donc de 2022.  "Le Parlement n'est plus le principal lieu de de résistance" au Fidesz, affirme-t-il, manière de dire que c'est au niveau des villes et en particulier de la capitale, de "sa" capitale, que ça se passe désormais.  

Et pour mener cette bataille, le maire de Budapest s'est choisi un combat, depuis quelques semaines : un combat culturel, autour d'une réorganisation par le gouvernement du système des subventions au théâtre public. L'affaire intéresse jusqu'au New York Times qui y voit une véritable "guerre menée à la culture" par Victor Orban : dans la loi que son gouvernement a fait voter mercredi dernier, il prévoit de nommer directement les directeurs des théâtres municipaux, et de priver de subventions les théâtres indépendants. 

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Pour les milliers de professionnels de la culture et simples citoyens qui ont manifesté contre ce texte mercredi encore, c'est clairement une remise au pas politique de la création te de la liberté tréâtrales,  un retour à une censure d'Etat similaire à ce qui se faisait du temps du communisme hongrois. Et comme à chacune des manifestations sur le sujet, constate le site d'info Hungary Today (en anglais), mercredi dernier le maire Karacsony était en vedette à la tribune pour redire que "défendre la liberté des théâtres municipaux, c'est défendre la liberté des villes en général", affirmer que ces villes peuvent faire acte "d'auto-défense" face aux politiques illibérales du gouvernement Orban.  

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Dans le New York Times, on nous explique que le gouvernement a profité d'un scandale d'agression sexuelle visant du directeur du théâtre Joszek Katona de Budapest, pour discréditer tout le secteur et expliquer qu'il fallait plus de "transparence, une reprise en main de ces théâtres largement financés par l'Etat". Et dans les colonnes du quotidien Magyar Hirlap l'éditorialiste Pal Dippold a beau dénoncer "le soudain intérêt de l'opposition pour la chose culturelle", soutien "opportuniste" selon lui pour trouver un moyen de s'en prendre à Viktor Orban... Il n'en reste pas moins que la question de l'indépendance de la culture en Hongrie est devenue la première bataille du jeune maire de Budapest Gergely Karascony dans le combat personnel qu'il a lancé contre le Premier ministre en vue des législatives de 2022.

Dans le même esprit des pouvoirs municipaux qui s'affirment en acteur d'opposition face à leurs gouvernements, nous partons à présent au Chili. 

Là-bas, nous apprend le journal en ligne Cooperativa, c'est l'Association chilienne des Municipalités qui a pris l'initiative d'organiser un référendum citoyen, tenu ce dimanche dans des bureaux de vote et sur internet. On y demandait aux Chiliens quelles étaient leur priorité, dans la grande crise politique et sociale qui secoue le pays depuis plus de deux mois. La réponse semble sans équivoque : sur plus de deux millions de vote exprimés, 90% se prononcent en faveur d'une révision de la Constitution, pour en finir avec celle qui avait été mise en place par la dictature d'Augusto Pinochet et n'avait jamais été remise en cause depuis.  

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Aujourd'hui il apparaît donc, constate aussi la radio Biobiochile, que la population veut une nouvelle Constitution qui soit définie (et c'est la nuance la plus importante) "par une convention constituante composée de citoyens élus et non des seuls parlementaires actuels". La volonté de changement est claire, reconnait également le quotidien La Tercera selon qui "le succès de cette consultation populaire a été au-delà des attentes de ses organisateurs". Alors bien sûr il convient de rappeler que le vote n'a pas eu lieu partout sur le territoire chilien, avec seulement 226 communes participantes sur la base du volontariat ; rappeler aussi que 2 millions de votants, sur 13 millions d'inscrits sur les listes électorales, ça reste minoritaire et pas complètement représentatif ; rappeler enfin qu'il y a des réserves sur la manière dont ce référendum a été organisé, avec par exemple certaines villes qui autorisaient le vote dès 14 ans... 

La Tercera nous dit, à titre de comparaison, que lors de la dernière élection présidentielle (dans un cadre officiel donc) seulement 7 millions de Chiliens s'étaient déplacés pour voter... deux millions pour une consultation citoyenne, c'est donc loin d'être négligeable. voilà en tous cas qui donne une voix à la contestation sans précédent qui s'est emparée du Chili au mois d'octobre, et qui ne faiblit pas, malgré les efforts du président Sebastian Pinera pour l'atténuer, et la répression policière intense dénoncée vendredi dernier par le Haut-commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU. 

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La demande d'une nouvelle Constitution pour sortir d'une ère politique toujours marquée par l'ère Pinochet, est depuis le début de la mobilisation chilienne une revendication forte : elle a déjà poussé Sebastian Pinera à consentir l'organisation d'un référendum, officiel celui-là, sur le sujet pour mars 2020. Mais comme l'analyse La Jornada au Mexique,  grâce à l'initiative des villes chiliennes et de leurs maires, le pouvoir actuel est prévenu : la population veut avoir son mot à dire dans la rédaction de la nouvelle "magna carta" et ne se laissera pas confisquer le processus constituant.

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