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Un haut responsable houthi revendique l'attaque contre le pétrole saoudien

Derrière l'attaque contre le pétrole saoudien, l'ombre iranienne et la piste irakienne

6 min
À retrouver dans l'émission

Deux sites de production de pétrole saoudiens ont été visés samedi par des attaques de drones revendiquées par les Houthis du Yemen. Mais Riyad et Washington y voient une agression commanditée par Téhéran. En Algérie, l'armée au pouvoir annonce une élection présidentielle pour le 12 décembre.

Un haut responsable houthi revendique l'attaque contre le pétrole saoudien
Un haut responsable houthi revendique l'attaque contre le pétrole saoudien Crédits : Al-Huthi Group Media Office - AFP

Une fois de plus, la semaine commence avec les Etats-Unis et l'Iran qui rivalisent de déclarations belliqueuses. 

Donald Trump a "le doigt sur la gâchette", Téhéran se tient prêt à une "guerre totale" : voilà donc où l'on en est, à lire les grands titres par exemple du Times of Israel, deux jours après ces attaques de drones qui ont endommagé deux des principaux sites pétroliers d'Arabie Saoudite. 

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La production de brut saoudien est divisée par deux, les cours mondiaux s'envolent... et voici donc revenue la rhétorique de la guerre imminente entre Etats-Unis et Iran. Car si les rebelles houthis du Yemen ont revendiquées ces attaques samedi, leur fait d'arme n'a apparemment pas convaincu grand-monde. 

Non, derrière, il y aurait forcément les Iraniens, qui parrainnent et arment les Houthis depuis des années. D'ailleurs, affirme CNN, les drones utilisés par les rebelles yéménites sont "fabriqués à partir d'une technologie iranienne, elle-même adaptée de drones nord-coréens". La chaîne d'info américaine explique aussi que les Houthis possèdent de tels appareils depuis environ deux ans ; ils ont déjà envoyé des dizaines en Arabie Saoudite sauf que "jusque-là, presque tous avaient été interceptés et détruits par la défense saoudienne et les autres s'étaient écrasés d'eux-même sans faire de dégâts". 

Ce serait donc un coup de maître qu'auraient cette fois réussis les Houthis... à moins que leur fière revendication ne cache un autre coupable. Le New York Times évoque ces images satelittes, diffusées hier soir par la Maison Blanche et qui semblent prouver que les drones ne sont pas venus du sud, du Yemen, mais plutôt du nord, de l'Irak ou de l'Iran.  

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L'Iran, le nom est donc lâché, et Donald Trump dans ses derniers tweets de la nuit, a eu cette formule qui laisse réveur, que l'on soit diplomate ou journaliste : "Nous avons des raisons de penser que nous savons qui est le coupable, nous avons le doigt sur la gachette, mais nous attendons tout de même une vérification de la part de l'Arabie Saoudite".  Attendre une "vérification" avant de déclencher une guerre ouverte avec tout le Moyen-Orient, c'est vrai que c'est une sage précaution...   

Mais pour conforter son analyse, le président américain pourra lire (une fois n'est pas coutume) The Middle East Eye : le journal en ligne plutôt proche du Qatar que de l'Arabie Saoudite, affirme sources du renseignement irakien à l'appui que ce sont bien des drones iraniens qui ont frappé samedi. Mais il ajoute que ces drones ont décollé depuis le sud de l'Irak, et étaient pilotés par des combattants chiites d'Hashd-Al-Shaabi, une milice irakienne soutenue par l'Iran qui, toujours selon le Middle East Eye, aurait eu deux raisons pour attaquer les installations pétrolières : "D'abord, envoyer à Washington un message de la part de Téhéran, selon lequel les Américains ne seront jamais tranquilles dans la région tant qu'ils imposeront un blocus économique strict à l'Iran ; ensuite, se venger des attaques, au drone également, qui ont été menées cette fois par Israël, contre des positions d'Hashd-Al-Shaabi, en Syrie et en Irak cet été, attaques israéliennes mais qui selon la milice auraient dirigées et financées par l'Arabie Saoudite". 

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Oeil pour oeil, dent pour dent, on est vraiment en plein dans la "guerre par proxy", par procuration, que se mènent par groupes armés interposés des puissances trop grandes pour s'affronter directement. Sauf que cette foisi-ci, c'est CNN qui le dit, les attaques contre le pétrole saoudien, quel que soit le canal par lequel elles sont passées, "sont de nature à changer la donne" : le conflit encore contenu entre Etats-Unis/Arabie Saoudite et Iran prend une nouvelle ampleur, la température grimpe à des niveaux vraiment inquiétants.  

Quand on pense que la semaine dernière la presse internationale se demandait si l'éviction du "faucon" John Bolton allait amener la Maison Blanche à adoucir ses relations avec l'Iran... on se dit que c'est tout l'inverse qui a l'air de se préparer.

Nous nous intéressons également ce matin à l'Algérie, où l'on connait depuis hier soir la date des prochaines élections présidentielles.  

Dans un pays secoué depuis l'hiver dernier par une véritable révolution populaire, on pourrait se réjouir de voir le peuple convoqué le 12 décembre prochain pour choisir son premier président de l'après-Bouteflika. Pour cela, on lirait le quotidien L'Expression et l'on se dirait avec son éditorialiste Zouhir Mébarki qu'"il était temps, que les Algériens n'en peuvent plus de vivre dans président élu depuis six mois" ; six moisque, "on ne va pas se mentir, l'Algérie tient debout grâce à l'armée. Et à présent donc, tous les Algériens qui veulent du bien à leur pays s'apprêtent  à aller voter, pour éviter le chaos,  pour refroidir les élans de nos ennemis et couvrir de honte les traîtres". Voilà donc pour L'Expression, journal pro-pouvoir qui a déjà sa carte d'électeur en main.

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Mais "on ne va pas se mentir", le quotidien si fier de son armée est un peu seul avec son bel enthousiasme dans les kiosques algérois ce matin. Car ceux que Zouhir Mébarki appelle "les traîtres et les ennemis", ceux qui continuent de défendre l'esprit du soulèvement populaire et l'exigence d'une véritable transition démocratique, ne veulent toujours pas d'une élection pilotée par les militaires. 

Dans le Matin d'Algérie, par exemple, l'activiste berbère Ali Brahimi dénonce l'élection du 12 décembre comme ''un passage électoral forcé, une présidentielle à la hussarde qui, sitôt commise, permettra de sortir ouvertement les blindés dans la rue pour en finir avec la révolution citoyenne".  

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C'est cette "machine"-là qui est lancée depuis hier, constate le HufffPost Algérie, qui nous rappelle qu'au mois de juin dernier la présidentielle n'avait pu être organisée faute de candidats ; mais cette fois dans les rangs de l'opposition l'unité dans le boycott montre déjà des fissures, avec l'ancien premier ministre Ali Benflis qui laisse entendre qu'il pourrait participer au scrutin.

 Lui aussi se retrouve accusé de "traîtrise" ; d'ailleurs le ton est très nerveux dans les articles que j'ai consulté ce matin à travers la presse algérienne. Les discours sont particulièrement véhéments, les mots sont saturés de tension... à l'image du climat politique algérien dans son ensemble. 

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Tout sur l'Algérie nous en donne un bon aperçu : hier quelques heures avant que la date du 12 décembre pour la présidentielle soit annoncée, 21 jeunes qui avaient été arrêtés dans les manifestations pacifiques de vendredi ont été envoyés derrière les barreaux, en détention provisoire ; une marche contre la présidentielle a également été réprimée à Constantine, avec deux journalistes interpellés ; la contestation sociale reprend aux quatre coins du pays, avec au moins un douzaine de routes coupées par des barricades. ..

La conclusion, toujours pour TSA et son sens prononcé de la litote : décidemment "ce processus électoral censé sortir l'Algérie de la crise et lui faire retrouver la stabilité ne conmmence pas de la meilleure des manières".

Chroniques
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