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Mark Rutte, Angela Merkel, Ursula Von Der Leyen et Emmanuel Macron

Plan de relance : les pays frugaux mènent-ils l'Union européenne dans l'impasse ?

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La France et l'Allemagne ne parviennent toujours pas à convaincre les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark et la Suède d'approuver le plan de relance. Autre grand titre dans la presse internationale : la première mission spatiale arabe vers Mars, menée par les Emirats arabes unis.

Mark Rutte, Angela Merkel, Ursula Von Der Leyen et Emmanuel Macron
Mark Rutte, Angela Merkel, Ursula Von Der Leyen et Emmanuel Macron Crédits : Francisco Seco / POOL / AFP - AFP

"L’Union européenne a échoué au test qu’a été l’irruption du nouveau coronavirus sur son territoire. La faillite collective est imputable en partie à la Commission, plus largement aux États membres".  

Voilà ce que l'on peut lire dans un éditorial en ligne sur le site du quotidien belge La Libre. On peut parcourir également des comptes rendus précis de ces échanges pour le moins tendus qui se déroulent à Bruxelles depuis vendredi soir.  

Rappelons effectivement qu'aucun accord n'a pu être trouvé jusqu'à présent au sujet de ce plan de relance. Les pays dits frugaux (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède) refusent toujours de valider le projet. Ils demandent à réduire la part des subventions, ils veulent également que les aides soient conditionnées au respect de l'Etat de droit par les pays membres ainsi qu'à des réformes structurelles. Leur chef de file officieux est le premier ministre néerlandais Mark Rutte qui ne s'est pas fait beaucoup d'amis ces derniers jours.  

Mark Rutte, Premier ministre néerlandais
Mark Rutte, Premier ministre néerlandais Crédits : JOHN THYS / POOL / AFP - AFP

En lisant La Libre, le sentiment est celui d'être arrivé à un moment où chacun veut camper absolument sur ses positions. Jusqu'à quand une telle impasse peut-elle durer ?  "Nous, les Hongrois, sommes prêts à rester. Nous avons réservé notre hôtel pour une semaine." Voici les mots du premier ministre hongrois Viktor Orban. Selon lui, "si un accord est bloqué, ce ne sera pas de ma faute mais celle du gars des Pays-Bas, parce que c'est lui qui a commencé". 

La tension de ces échanges se mesure également en lisant le quotidien italien La Repubblica. Giuseppe Conte, premier ministre italien, est extrêmement remonté contre les pays frugaux. Il n'accepte pas par exemple que ses plans de réforme doivent à l'avenir être validées à l'unanimité des 27 comme le réclament notamment les Pays Bas.  "Mon pays a sa propre dignité. Il y a une limite à ne pas dépasser", tels sont les mots du premier ministre italien qui n'a pas ménagé son homologue hollandais, toujours selon la Repubblica. "Si nous laissons le marché unique être détruit, lui a-t-il dit, vous serez peut-être le héros chez vous pendant quelques jours, mais après quelques semaines, vous serez appelé à répondre publiquement devant tous les citoyens européens pour avoir compromis une réaction européenne adéquate et efficace". 

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte
Le Premier ministre italien Giuseppe Conte Crédits : François WALSCHAERTS / AFP / POOL - AFP

Il faut savoir que l'intransigeance de Mark Rutte fait peur y compris dans son propre pays. L' inquiétude est relayée par exemple dans les colonnes Opinion de Volkskrant, qui évoque "le doigt pédant des Pays-Bas perçu comme présomptueux, précisément parce que les Pays-Bas eux-mêmes, avec leur économie d'exportation ouverte, sont presque les plus grands bénéficiaires de l'UE parmi tous les États membres. Un tel comportement peut avoir des conséquences contre-productives".  Pour Volkskrant toujours, "à l'heure où la Russie et la Turquie voisines sont de plus en plus hostiles à l'UE, où l'allié américain a échoué et où de nouvelles économies comme la Chine menacent de dépasser notre continent vieillissant, l'unité européenne est plus importante que jamais". 

D'autres journaux européens voient au contraire une forme de résistance et même de courage dans le comportement des pays frugaux.  Dans le quotidien autrichien Der Standard, Thomas Mayer analyse ce qui se passe aujourd'hui comme un bousculement total des rapports de force dans l'UE. "Depuis des décennies, écrit-il,  c'est l'axe franco-allemand qui donne le ton. Cela conduit à des confrontations directes. Mais cette fois-ci ce sont pas les nains comme on les appelle souvent à Paris et Belin qui ont cédé.  Les procédures, l'ancienne répartition des pouvoirs, la prise de décision au niveau de l'UE changent. L'ancien ordre de l'UE est mort".   

Le sommet sur le plan de relance européen se poursuit aujourd'hui à partir de 16h.  

Dans la presse internationale, il est également question de la première mission spatiale arabe vers Mars, menée par les Emirats arabes unis. 

Al Amal est le nom de cette mission. Cela signifie Espoir. Le décollage de cet engin spatial non habité a eu lieu hier vers 22 h, heure de Paris. La sonde mettra sept mois pour parcourir les 493 millions de kilomètres jusqu'à Mars. Elle va rester en orbite pendant toute une année martienne, soit 687 jours. Elle doit étudier l'atmosphère de la planète rouge. 

Décollage de la sonde Al-Amal depuis le centre spatial de Tanegashima, dans le sud-ouest du Japon
Décollage de la sonde Al-Amal depuis le centre spatial de Tanegashima, dans le sud-ouest du Japon Crédits : Handout / Mitsubishi Heavy Industries / AFP - AFP

Dans la presse des Emirats, une très grande fierté est perceptible.  C'est un "sentiment indescriptible" affirme sur Dubai TV Sarah al-Amiri, directrice adjointe du projet, ministre également des Technologies avancées des Emirats. "C'est le futur des Emirats arabes unis", affirme-t-elle.  De son côté, le quotidien Gulf News raconte. "La mission vers Mars a émergé en tant qu'idée il y a 7 ans, en 2013. Ce sera la première sonde à étudier les changements climatiques martiens, ce qui permettra d'observer les tempêtes de poussière et leur impact sur l'atmosphère. Cette mission représente l'espoir ultime, non seulement des Emirats mais aussi de toute la nation arabe, d'un avenir meilleur".  

Dans un autre quotidien des Emirats, Khaleej Times, on peut lire cette prose franchement lyrique et enthousiaste. "Alors que la sonde Hope se dirige vers sa destination, son impact se fait déjà sentir sur la Terre, ici même aux Émirats arabes unis et dans le monde arabe. Al Amal a donné de l'espoir à des dizaines de millions de jeunes esprits. L'étincelle d'imagination s'est allumée. Les graines de la curiosité ont été semées".

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