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Entre 15 et 17 millions de visons d'élevage ont été abattus au mois de novembre.

Le Danemark va exhumer 4 millions de visons abattus en novembre dernier

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Le parlement danois a décidé de déterrer 15 000 tonnes d'animaux abattus en novembre dernier, pour éviter la pollution des sols. On craignait alors une mutation dangereuse de la Covid-19.

Entre 15 et 17 millions de visons d'élevage ont été abattus au mois de novembre.
Entre 15 et 17 millions de visons d'élevage ont été abattus au mois de novembre. Crédits : Morten Stricker - AFP

C'est bien la potentielle mutation du coronavirus en Grande Bretagne qui fait les gros titres dans le monde entier ce lundi. Le discours de Boris Johnson a clairement lancé une nouvelle vague d'effroi dans les médias, le terme "out of control" est repris en chœur par les journaux tous continents confondus, avec un peu moins d'empressement en Afrique, toujours relativement épargnée par la pandémie. 

Mais il ne s'agit pas de la première mutation du virus qui suscite la crainte. Souvenez vous au Danemark début novembre, le gouvernement avait ordonné l'extermination pure et simple de tous les visons d'élevage du pays, entre 15 et 17 millions de bêtes avaient été abattues sans autre forme de procès. Une décision alors largement critiquée, l'exécutif danois avait d'ailleurs reconnu qu'elle était dépourvue de base légale, entraînant la démission du ministre de l’agriculture et les excuses toutes en larmes de la première ministre. Et cette affaire connaît un rebondissement qui pourrait faire rire s'il ne donnait pas envie de pleurer. Le parlement danois a voté hier soir pour déterrer 15 000 tonnes d'animaux mort rapporte le journal Berlingske. Une entreprise qui va durer des mois et coûter la modique somme de 80 millions de couronnes (plus de 10 millions d'euros).   

En effet les autorités craignent désormais une pollution des sols, notamment dans deux sites militaires ou près de 4 millions de bêtes ont été enterrés à la hâte, déversés dans des fosses communes par des camions-bennes. Un de ces cimetières géant a même été creusé à 200 mètres seulement d'un lac de baignade, défiant toutes les recommandations sanitaires faites à l'époque. Et les inhumations ont été tellement bâclées que certains cadavres de vison remontent à la surface de la terre explique la publication danoise. Bref, un documentaire animalier d'horreur en bonne et due forme, qui devrait connaître son épilogue cet été. Les exhumations prévues par le parlement doivent débuter au mois de mai, et les cadavres récupérés rapidement incinérés. Enfin, ce lundi les parlementaires doivent voter l'interdiction de toute élevage de vison dans le pays jusqu'à 2022, préférant cette fois prévenir que faire périr.

Récit d'une arnaque amoureuse par temps de Covid aux Etats-Unis

Le Covid permet parfois aussi de véroler les cœurs. Le New York Times, repris par Courrier international relate ce week-end l'histoire d'un américain - que nous appellerons Donald pour faciliter le récit - et qui a vu dès le printemps dernier ses boîtes électroniques craquer sous les messages de femmes au cœur brisé. "Salut je m'appelle Lina, j'habite en Allemagne et quelqu'un utilise vos photos pour des arnaques en ligne" est le premier SOS qu'il reçoit. Lina lui explique avoir rencontré un homme sur Tinder utilisant ses photos. Mais doutant des motivations de son prince charmant elle effectue une recherche par image et finit par tomber sur Donald : "J'étais un peu amoureuse de vous lui dit-elle, je pensais avoir rencontré un type merveilleux, un banquier d'affaire vivant en Angleterre, mais maintenant je sais que vous êtes gay et américain".  Et oui car il y a plusieurs choses qui clochent : Donald habite le Massachussetts, il aime les hommes et son petit chien s'appelle Agnès, et non pas Pom-pom comme le soutient son usurpateur.

Et ces messages désespérés en provenance d'Allemagne ne sont que le premiers d'une longue liste. A Tinder vaillant rien d'impossible, et Donald reçoit quantité de courrier du cœur brisé depuis le monde entier. Son usurpateur se fait passer tantôt pour un courtier en bourse de Chicago, tantôt pour un Ranger de l'Oregon explique l'auteur, profitant chaque fois de femmes rendues vulnérables par la solitude de la pandémie, et cherchant l'amour en quarantaine depuis leur canapé. Donald se retrouve alors à encaisser la douleur de femmes ne trouvant que son épaule pour épancher leur peine. Peine qu'il comprend d'autant plus que lui-même a subi dans sa jeunesse un stratagème similaire, entretenant deux années durant une relations à distance avec un homme, qui faisait invariablement capoter leurs projets de rencontre physique. Le conservateur d'un musée de Pittsburg s'était finalement révélé être un jeune homme vivant dans le sous-sol de ses parents à Dubuque, dans l'Iowa.

Bref, Donald se lance finalement à la poursuite de son double numérique maléfique, et finit par débusquer un Brésilien, qui avoue ses méfaits et présente ses excuses. Il explique avoir tenté d'arrondir ses fins de mois alors que la pandémie lui a enlevé son job de caissier, le laissant lui, sa petite amie et son bébé de 2 ans dans la plus grande précarité. "Je faisais croire à une opération de la thyroïde, mais ça n'a jamais marché, aucune ne m'a envoyé d'argent" regrette-t-il. Chacun fera le choix de croire ou non les explications de ce menteur repenti.

Toujours est-il que de ce chaos est bien né quelque chose, puisque Donald reste encore en contact avec certaines femmes dupées par sa photo de profil attrayante. Et je laisse Donald conclure :  "Si un autre de mes faux profils vous trouve, j’espère qu’il vous dira que vous êtes belle et que vous en serez convaincue, même si vous ne le croyez pas. Le contact humain en pleine pandémie vaut peut-être le risque d’une peine de cœur."

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