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Electeur dans un bureau de vote d'Addis Abeba, Ethiopie, le 21/06/21

Le rendez-vous gâché de l'Ethiopie avec la démocratie

5 min
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L'Ethiopie organise ce lundi sa première élection en principe démocratique mais ternie par le tournant autoritaire du PM Abiy Ahmed, par la guerre et la famine au Tigré ainsi que par le boycott de l'opposition. Au Royaume-Uni, l'ancien speaker John Bercow passe avec fracas dans le camp travailliste.

Electeur dans un bureau de vote d'Addis Abeba, Ethiopie, le 21/06/21
Electeur dans un bureau de vote d'Addis Abeba, Ethiopie, le 21/06/21 Crédits : Marco Longari - AFP

Ce lundi se déroulent des élections générales que l’Ethiopie attendait depuis près d’un an.

Attendait… et craignait aussi, tant, comme l’écrit Neamin Ashefani de l’Ethiopian Reporte, la route qui a mené jusqu’au vote a été longue et cahoteuse. Ce premier test électoral pour le Premier ministre Abiy Ahmed arrivé au pouvoir en 2018, aurait dû se tenir en août dernier mais a été repoussé pour cause de Covid-19 ; reprogrammé au début de ce mois de juin, il a finalement été encore retardé par des problèmes logistiques… et les Ethiopiens ont commencé à se demander si leur Prix Nobel de la Paix de Premier ministre ne cherchait pas des prétextes pour se soustraire au vote.

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Finalement, le scrutin a bien lieu ce 21 juin, il nous est présenté depuis Addis Abeba comme le premier vraiment libre dans l’histoire de l’Ethiopie, mais il devrait surtout, d’après Jason Burke et Patrick Wintour du Guardian, permettre à Abiy Ahmed de "légitimer un renforcement de ses pouvoirs" que beaucoup de ses opposants dénoncent comme une "dérive autoritaire" d'autant plus problématique qu'elle concerne un homme politique présenté il y a trois ans comme un grand vent de renouveau libéral et démocratique en Afrique de l’Est. 

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Depuis cette époque, on l’a souvent dit ici-même, Abiy Ahmed a pris la tête d’un conflit interne à l’Ethiopie qui oppose son armée aux autorités régionales du Tigray, dans le nord du pays. Depuis quelques mois cette guerre a dégénéré en un début de famine, dans une région où l’armée du Premier ministre est accusée d’exactions visant spécifiquement l’ethnie tigréenne. 

Dans sa propre communauté, les Oromos, Ahmed est également de plus en plus critiqué et en amont de ces élections l’OMN, l’Oromia Media Network, accuse la police et l’armée de faire usage de la violence et de l’intimidation pour forcer les gens à aller voter, alors que dans cette région d’Oromya, la plus peuplée du pays, les principaux partis Oromo ont appelé à boycotter le scrutin.

Sur le site de la BBC, une dirigeante d’un de ces partis explique qu’avec ce boycott, la guerre dans le nord et le report du vote pour des raisons de sécurité dans la région de Somali à l’Est, "il n’y a guère que dans la capitale et la région Amhara que l’élection a vraiment lieu aujourd’hui". L’abstention devrait être très importante,Al-Jazeeraparle de l’apathie comme l’une des caractéristiques les plus marquantes de ce vote.

Dans ce contexte, la victoire semble acquise à Abiy Ahmed et à son "Parti de la Prosperité", pour lequel il a mené campagne appelant à l'unité des Ethiopiens derrière lui pour déjouer les critiques qui se multiplient contre lui à l'extérieur de l'Ethiopie depuis le lancement de la guerre au Tigré.

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Néanmoins, d'après Max Bearak du Washington Post, ce scrutin n'en reste pas moins "historique" par son ouverture (en théorie) à tous les courants politiques. Toutefois, le  journaliste reconnaît que la fête démocratique espérée dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique a été largement gâchée par les tensions et conflits qui grèvent depuis un an le pouvoir d’Abiy Ahmed. 

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Pour garantir autant que possible la bonne tenue du scrutin, le Premier ministre peut compter sur une figure politique dont la BBC fait le portrait pour nous. Elle s’appelle Birtukan Mideksa et dirige la Commission électorale, appelée à ce poste par Abiy Ahmed en 2018 alors qu’elle était en exil aux Etats-Unis après avoir été emprisonnée dans son pays parce qu’elle s’opposait à l’ancienne dictature. Son profil de juriste farouchement indépendante et d’ancienne victime de la répression politique est présenté par le nouveau pouvoir d’Addis Abeba comme un gage de probité démocratique face aux critiques internationales. C’est finalement tout l’enjeu de la bonne tenue, ou non, du scrutin de ce lundi.

Direction le Royaume-Uni où une voix politique bien connue des Britanniques a de nouveau tonné ce week-end.

Et cette voix c’est celle de John Bercow, inoubliable speaker de la Chambre des Communes jusqu’à l’année dernière, il avait présidé avec sa voix de stentor et ses cravates bariolées aux séances les plus houleuses sur le Brexit à Westminster.

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John Bercow et son franc-parler ravageur sont restés très populaires en Grande-Bretagne, et les voici donc de retour dans l’arène politique post-Brexit, annonçaitThe Independent, avec cette nouvelle fracassante : le vieil homme politique dont toute la carrière d’élu s’est faite sous les couleurs du parti conservateur britannique passe à l’ennemi, il rejoint le Labour, le parti travailliste… et il s’offre au passage une sortie particulièrement acerbe contre Boris Johnson qualifié de "Premier ministre calamiteux" pour son pays. 

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Fort de sa liberté de ton, Bercow accuse les Tories d’être devenus un parti "réactionnaire, nationaliste et même parfois xénophobe», déconnecté des attentes réelles de ses électeurs. Voilà donc une défection qui fait du bruit, à l’image de son auteur ; les conservateurs ont répliqué dimanche dans la presse britannique en faisant courir le bruit que John Bercow est passé dans les camp travailliste contre l’engagement du Labour de lui obtenir un anoblissement par la Reine. Le genre de rumeur perfide qui prouve que cette défection ne plaît pas du tout au camp de Boris Johnson qui se sent obligé de contre-attaquer.

Chroniques

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Élections régionales : entre les lignes du scrutin. Avec Jérôme Fourquet
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