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Evo Morales au micro avec à sa droite son éminence grise Alvaro Garcia Linera

En quête d'un quatrième mandat, le Bolivien Evo Morales contraint à un second tour

6 min
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Evo Morales, au pouvoir en Bolivie depuis 13 ans, devra sauf surprise disputer un second tour face à l'opposant de droite Carlos Mesa, une première pour le leader socialiste. Les principaux médias australiens s'unissent dans une campagne contre l'Etat accusé de criminaliser le journalisme d'enquête.

Evo Morales au micro avec à sa droite son éminence grise Alvaro Garcia Linera
Evo Morales au micro avec à sa droite son éminence grise Alvaro Garcia Linera Crédits : Jorge Bernal - AFP

Nous explorons ce matin la presse bolivienne ce matin, au lendemain d'une élection incertaine pour le président Evo Morales.

Incertaine, à tel point, comme nous dit La Razon à la Paz, que la soirée électorale a connu comme un basculement : vers 80% des bulletins dépouillés, il est apparu que non, le 4e mandat voulu par le président de gauche Evo Morales n'allait peut-être pas de soi pour les électeurs boliviens et que l'opposant Carlos Mesa allait bien arracher un second tour au dirigeant actuel d'Amérique Latine qui affiche la plus grande longévité au pouvoir. 

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C'est sans doute d'ailleurs de là, que vient la désaffection qui point contre le leader du Mas, le Movimiento Al Socialismo élu pour la première fois il y a 13 ans et de nouveau candidat pour une troisième ré-élection. Ce quatrième mandat, confirme la BBC, a bien du mal à passer : Morales pour pouvoir se représenter sans limite a du modifier la Constitution ; il a d'abord tenté de le faire par référendum au printemps 2016 mais une majorité d'électeurs a voté contre : le camp présidentiel a donc du revenir à la charge, cette fois devant le Tribunal constitutionnel qui lui a donné son feu vert. 

Aujourd'hui, les chiffres s'affichent sur la Une du site du quotidien El Deber : sur 84% de bulletins dépouillés, Morales est en tête avec 45% des voix, mais, pour la première fois de sa présidence, il n'a pas les dix points d'avance nécessaires sur son rival le candidat de droite Carlos Mesa avec 38%, et il va donc devoir disputer un second tour le 15 décembre.

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Enfin... à lire Pagina Siete, journal d'opposition, on comprend que Morales ne s'avoue pas encore vaincu, qu'il compte toujours échapper à ce second tour et s'est déclaré vainqueur dès hier soir, se disant confiant dans le fait que le vote rural et paysan va faire tourner les résultats en sa faveur dans les 16% de bulletins qui restent à dépouiller. 

Pendant ce temps, son rival Carlos Mesa, lui, considère le second tour comme acquis, et il appelle à l'unité derrière lui de ceux qui veulent saisir cette opportunité de barrer la route au Mas et à son président indigène. 

Car la carte du vote confirme la grande fracture bolivienne entre les habitants de la plaine et ceux des montagnes. difficile de ne pas le lire dans les données géographiques publiées par El Deber :  les cinq régions de l'ouest du pays, dans la Cordillière des Andes ont donné la victoire à Morales le premier président d'ethnie andine aymara de l'histoire bolivienne. Les quatre régions de l'Est, dans la plaine et la forêt amazonienne où l'économie reste dominée par les blancs, voient le camp de Carlos Mesa emporter la mise.  

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Dans ces régions, lisait-on il y a quelques jours dans The Washington Post, Evo Morales le champion des discours sur la nécessité de respecter la Pachamama (la "Terre mère" en langue quechua) s'est retrouvé ces derniers mois très contesté autour de sa gestion des incendies en Amazonie. Il a tardé à prendre la mesure de la catastrophe, a semblé faible dans ses réponses... et cela a relancé le débat, déjà vif, sur les aspects très productivistes de sa politique agricole dans la plaine et ceux, très extractivistes, de ses choix en matière d'industrie minière en montagne.  

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Cet enjeu-là aussi a certainement joué dans les résultats d'hier. Si second tour il y a bien, la victoire d'Evo Morales n'est même pas assurée, compte tenu du ralliement à Carlos Mesa de déjà deux candidats d'opposition. Mais le Mas a déjà son discours bien rodé pour remobiliser les foules : on le trouve résumé dans une très instructive interview au magazine de gauche américain Jacobin du vice-président du parti, et éminence grise d'Evo Morales, Alvaro Garcia Linera : Morales, dit-il, doit gagner pour prouver à tous que "la vague rose n'est pas morte en Amérique Latine", que le socialisme et sa "révolution permamente" n'ont pas dit leur dernier mot sur un continent qui, il est vrai, voit Morales de plus en plus isolé et des dirigeants de droite dure élus un peu partout comme Jaïr Bolsonaro au Brésil, Ivan Duque en Colombie. La droite latino-américaine regagne du terrain mais elle reste très  vivement contestée, comme le prouvent les mouvements de contestations en cours contre Mauricio Macri en Argentine, Martin Vizcarra au Pérou, Lenin Moreno en Equateur, ou ces jours-ci  Sébastian Pinera au Chili.

En Australie, des Unes de journaux noircies par la censure ?

Barrées de noir, un tampon rouge qui dit "secret, ne pas publier" en travers de la Une : les principaux journaux australiens s'affichent ce lundi dans une version volontairement "caviardée", comme si une censure grossière était passée par là et avait tout recouvert.  

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Eh bien c'est justement ce que craignent et dénoncent les journalistes d'Asutralie : The Australian, The Sydney Morning Herald,  The Age, et d'autres se sont alliés pour une fois dans une opération choc contre "ces dizaines de lois censées protéger le secret des affaires, mais qui criminalisent le travail des journalistes en Australie". Un spot télé a même été diffusé sur plusieurs chaînes aujourd'hui (à 0m21s sur la vidéo ci-dessous) :  

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La campagne baptisée "le droit de savoir" nous explique qu'aujourd'hui, en Australie, le gouvernement cache certaine vérités et empêche les journalistes d'enquêter sur des sujets qui sont pourtant d'intérêt public. Pour preuve, les médias engagés dans cette campagne évoquent deux affaires qui remontent au mois de juin : d'abord une perquisition au siège du groupe NewsCorp où une journaliste de ABC News enquêteait sur les progrès inquiétants de la surveillance électronique des citoyens par l'Etat, et puis cette autre descente de police, toujours chez ABC mais cette fois contre plusieurs journalistes qui avaient révélé en 2017 des crimes de guerre commis par des soldats australiens en Afghanistan. 

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La raison et le secret d'Etat donc, à chaque fois invoqués pour faire obstacle à la liberté de la presse et intimider les potentiels lanceurs d'alerte.  C'est toute la question du "droit de savoir" des citoyens, de la responsabilité devant eux des décideurs, une responsabilité qui disparait quand la presse n'est pas libre de révéler leurs turpitudes.  

Voilà des questions qui sont loin de ne se poser qu'en Australie ;elles traversent même la profession dans le monde entier. Et il ne serait pas surprenant que cette campagne de Unes caviardées fasse des émules sur d'autres continents.

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