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 La star du rock ukrainien Sviatoslav Vakarchuk, pressenti Premier ministre de Volodymyr Zelensky

Après la présidentielle, Volodymyr Zelensky double la mise au parlement ukrainien

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Trois mois après avoir été plébiscité président de l'Ukraine, le comédien Volodymyr Zelensky a obtenu dimanche la majorité absolue au Parlement. Il pourrait nommer Premier ministre la rock-star Sviatoslav Vakarchuk. En Guinée, émoi et désinformaion autour de la mort en France de Mamoudou Barry.

 La star du rock ukrainien Sviatoslav Vakarchuk, pressenti Premier ministre de Volodymyr Zelensky
La star du rock ukrainien Sviatoslav Vakarchuk, pressenti Premier ministre de Volodymyr Zelensky Crédits : OLEG PETRASIUK - Maxppp

Le vent du grand changement politique a de nouveau soufflé hier sur l'Ukraine. 

La première bourrasque avait porté à la présidence l'humoriste télévisé Volodymyr Zelensky fin avril... la deuxième vient de placer son tout jeune parti très loin devant ses concurrents aux élections législatives qui se sont donc tenues ce dimanche. 

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La BBC News nous rappelle, que ça avait été la première décision du nouveau président, en mai lors de son discours d'investiture devant le Parlement, de dissoudree celui-ci dans l'espoir que le peuple ukrainien lui donnerait une majorité franche pour appliquer ses réformes. C'est exactement ce qui s'est passé hier : les derniers résultats officiels (mais encore partiels) compilés par Ukrainska Pravda donnent 42% des voix à "Serviteurs du peuple", le parti de Zelensky nommé d'après la sitcom politique qui a fait sa célébrité à la télévision. 

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Derrière, loin derrière, à 12% des voix, il y a la Plateforme d'opposition, soutenue sans grand mystère par la Russie et le milieu oligarchique proche de l'ancien président Yanoukovitch chassé par la révolution de Maydan en 2014. Les partis pro-européens traditionnels, ceux de l'ex-président Petro Porochenko et de l'ancienne Première ministre Ioulya Timochenko, affichent un bien piteux 8%. 

Et le nouveau venu, la star ukrainienne de la pop-rock Sviatoslav Vakarchuk, arrive juste derrière avec un peu plus de 6% des suffrages pour son parti tout juste créé Golos, soit "la Voix" en ukrainien.  

Ce chanteur populaire ne récolte donc que 6% des votes, mais pourtant on ne parle que de lui ce matin dans la presse ukrainienne.  Car beaucoup, à l'image de l'hebdomadaire Korrespondent, le voient déjà en Premier ministre de Volodymyr Zelensky.  L'alliance du comédien et du rocker, qui ne cumulent que quelques mois à peine d'expérience politique à eux deux : difficile de faire plus frappant comme symbole du renouveau que ces deux-là incarnent dans la politique ukrainienne.  

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Le nouveau Parlement, nous explique Ukrainska Pradva, devrait compter 70% de députés élus pour la première fois. Pour boucler ses listes, le Bloc Zelensky a recruté ses candidats par un processus de sélection en ligne ouvert à tous ; dans la plupart des circonscriptions les électeurs n'avaient jamais entendu parler de leur candidat mais ils ont voté pour lui parce que c'était le parti du jeune président qui leur promet la fin de la guerre à l'Est et de la corruption généralisée. 

Tout ça donne pour le moment la majorité absolue au Bloc Zelensky, mais il semble bien tout de même qu'une coalition va se former, avec justement le parti Golos de Sviatoslav Vakarchuk. Dès hier soir, le président a indiqué à Korrespondent que "le fait de n'avoir aucune expérience en politique sera un critère prioritaire dans le choix de son Premier ministre", et il a dit que "la décision d'accepter ou non ce poste, est entre les mains" du chanteur Vakarchuk. 

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Ce dernier confirme au quotidien Sohodni que des discussions ont bien lieu pour sceller une coalition de gouvernement qui verra le jour si ses "lignes rouges" sont clairement acceptées par le camp présidentiel, à commencer par le refus de toute alliance avec des partis pro-russes.  Mais pour le journal russophone Strana, Sviatoslav Vakarchuk "a bénéficié depuis l'élection d'un lobbying très actif de la part des Européens et des Américains pour que Zelenskiy accepte de partager le gouvernement avec lui" : une sorte de garde-fou nationaliste et pro-occidental, pour s'assurer que le jeune président, à l'ossature politique encore très incertaine , ne risque pas de céder trop vite aux pressions exercées sur lui par Vladimir Poutine.

Dans la presse ouest-africaine à présent, retour sur l'émoi suscité par la mort près de Rouen vendredi d'un jeune universitaire guinéen.  

Mamoudou Barry, nous rappelle le site AfricaGuinée, était agé de 31 ans, marié, père d'une petite fille. Il venait de terminer ses études en France après avoir soutenu fin juin à l'Université de Rouen-Normandie, sa thèse de Droit sur "Les politique fiscales et douanières en matière d'investissements étrangers en Afrique francophone : le cas du secteur des ressources naturelles extractives".  La qualité de son travail, selon le journal en ligne Guinée 7, avait poussé le jury à déroger à l'arrêté de 2016 qui supprime les mentions de thèse, pour lui décerner la mention très honorable avec les félicitations du jury. Mais vendredi soir, nous raconte cette fois PressAfrik, alors qu'il allait aider sa femme qui rentrait très chargée du supermarché, Mamoudou Barry a été très violemment agressé par un homme qui l'a d'abord insulté sur la couleur de sa peau, puis l'a frappé de plusieurs coups dont le quatrième s'est révélé mortel.  

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Le caractère raciste ne fait guère de doute, reconnaissent tous les journaux africains que j'ai consultés, mais c'est ensuite que ça se complique : beaucoup, comme Guinée Matin, ajoutent à leur récit de cette mort tragique l'élément selon lequel cette agression a eu lieu quelques heures avant la finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football entre le Sénégal et l'Algérie. D'autres, comme DakarActu indiquent dès leurs gros titres, que la victime a été "tuée alors qu'elle était supporter des Lions du Sénégal", sans plus de preuve que quand ils affirment que le tueur était maghrébin donc supporter de l'Algérie. Certains enfin, comme Guinée News, parlent même d'un "meurtre commis par des supporters algériens", alors que l'on sait qu'il n'y avait qu'un seul agresseur, qui n'a pas été retrouvé pour le moment, et qu'il est impossible à ce stade de l'enquête d'expliquer son geste.

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Ce qui est frappant, c'est que ces affirmations, elles circulent aussi en France, dans les réseaux de la droite la plus radicale. Les proches de Mamoudou Barry, en France comme en Guinée, tiennent donc à rappeler, chez nos confrères de RFI, que rien ne permet pour le moment de faire un lien définitif entre la finale de football vendredi soir et l'agression raciste, la mort tragique de Mamoudou Barry. "Attention donc  à ceux qui en France comme en Guinée font circuler des informations non vérifiées, et alimentent les amalgames à des fins politiques", déclarent d'une même voix, sur RFI, la famille de l'universitaire assassiné et l'Association des Guinéens de Normandie.

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