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Dans la zone confinée de l'hopital de Padoue

L'Italie, inattendu troisième foyer du coronavirus

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En deux jours, l'Italie du Nord s'est retrouvée précipitée au coeur de la crise sanitaire mondiale, avec plus de 150 cas de contamination au Covid-19 et des mesures de confinement prises pour 11 communes du Nord. Au Togo, le président Faure Gnassinbé réélu avec 72% des voix et pas mal de soupçons.

Dans la zone confinée de l'hopital de Padoue
Dans la zone confinée de l'hopital de Padoue Crédits : Massimo Bertolini - AFP

Les journaux italiens ont très clairement été contaminés par la "psychose Coronavirus" ce week-end. 

Le diagnostic ne fait aucun doute : le Covid-19, selon son nom international, n'est plus seulement chinois ou sud-coréen, il est aussi italien depuis quelques jours et la presse transalpine ne parle plus que de ça. 

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A commencer, depuis Milan et sa région au coeur de ce nouveau foyer de contamination, par le Corriere Della Serra : le grand quotidien du Nord de l'Italie ne semble toujours pas en revenir, de s'être réveillé dimanche dans "le troisième pays au monde le plus touché par le coronavirus". Exit les reportages exotiques sur la maladie en Chine ou en Asie, désormais l'épidémie et ses mesures de confinement de villes entières ont gagné les vallées lombardes, et ça change tout pour les Italiens. 

153 cas positifs au coronavirus, dont 116 en Lombardie, 25 en Vénétie où le carnaval de Venise a été écourté. On dénombre même trois morts, confirme La Repubblica, et on a d'autant plus de mal à comprendre comment on en est arrivé là qu'on ne sait toujours comment la première victime, le patient italien zéro, un septuagénaire nommé Adriano Trevisan, a été contaminée. 

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Alors sur les forums internet d'habitants de son village désormais confiné, comme on s'ennuie ferme on râle beaucoup, sur les écoles fermées, l'économie paralysée et le manque à gagner... mais on cherche aussi des explications. Et forcément, ça retombe toujours sur les mêmes, ces huit ouvriers chinois de l'usine locale qui fabrique des pantalons , suspects idéaux  pourtant très vite disculpés : ils ont été testés par les médecins, et aucun n'a été exposé ou contaminé par le coronavirus.  

Il faut donc chercher ailleurs les causes de cette soudaine poussée épidémique pour le moment unique en Europe : toujours dans la Repubblica, on apprend que l'enquête sanitaire concentre ses recherches sur l'auberge où Adriano Trevisan venait chaque jour jouer aux cartes. C'est sans doute là qu'il a été exposé au virus, et comme au-dessus de la salle de bar, il y a quelques chambres, un petit bed and breakfast, on cherche à retrouver et à tester tous les voyageurs qui sont passés par là au cours du dernier mois. 

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Pendant ce temps, c'est Il Sole 24 Ore qui reprend le récit, haletant, de la vie dans ces 5 régions qui se réveillent ce matin en état de crise sanitaire avancée, coupés du monde et regardées comme des pestiférés. C'est même toute "l'Europe qui se barricade" désormais, à croire le quotidien : L'Autriche a bloqué dimanche soir au Col du Brenner, à la frontière, un train qui venait d'Italie du Nord parce qu'il y avait à bord deux Allemands qui se plaignaient d'une forte fièvre ; la Roumanie, apprend-on encore dans Il Sole, vient d'instaurer une quarantaine obligatoire de 14 jours pour tous ses ressortissants qui reviendraient des régions italiennes contaminées (et l'on sait que les travailleurs roumains sont très nombreux en Italie).  

Et à tous ceux qui penseraient que ce coronavirus n'est qu'une grosse grippe, et qu'une bonne cure de vitamine C suffira à s'en prémunir... là aussi c'est un peu rapé : La Sentinella, journal local de la ville d'Ivrea, ne se console pas de l'annulation d'une journée de festivités au célèbre carnaval de la ville qui draine près de 50 000 visiteurs notamment pour sa légendaire bataille d'oranges.  

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Le maire d'Ivrea stefano Sertoli explique à Bloomberg que "maintenir un événement qui rassemble une telle foule, c'était impossible d'un point de vue sanitaire mais que su on avait tout bonnement annulé le carnaval ça aurait posé d'autres graves problèmes d'ordre public". Alors on a coupé l'orange en deux : la bataille d'agrumes a pu avoir lieu le samedi, et elle a été particulièrement... juteuse. Puis la fin du carnaval dimanche a été annulée : même écourté, rarement un carnaval aura aussi bien joué son rôle de défouloir collectif pour oublier un moment l'ombre du coronavirus.

L'autre information internationale dominante de la nuit dernière, c'est la réélection du président Faure Gnassinbé au Togo. 

Les résultats officiels sont tombés au milieu de la nuit, et c'est donc le président sortant qui se voit élu avec 72% des suffrages.

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Une "victoire écrasante" saluée par Togo Réveil : Faure Gnassinbé réélu dès le premier tour pour un quatrième mandat, lui qui occupe déjà la présidence depuis 15 ans après avoir pris en 2005 la succession de son père, Gnassinbé Eyadéma au pouvoir avant lui pendant 38 années! "On ne change pas une équipe qui gagne", c'était le principal slogan de campagne de Gnassinbé-fils... mais une telle persistance familiale au pouvoir ne s'est pas faite sans peine : la tenue-même de l'élection présidentielle samedi a été entachée par de "nombreuses irrégularités", alerte sur le site de Liberté-Togo le principal opposant Agbéyomé Kodjo. Ce dernier est arrivé second avec 18% des voix mais dimanche soir il a revendiqué la victoire avec selon ses propres chiffres entre 57 et 61% des suffrages. 

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Ce même Agbéyomé Kodjo, dans le reportage que la BBC consacre à ces résultats, accuse le clan Gnassinbé d'avoir créé de toute pièce de "faux bureaux de votes" pour truquer les résultats. Le site d'info  L.FRII, à Lomé, revient quant à lui sur les ratés qu'a connu le système électronique censé sécuriser le dépouillement : ce dispositif fièrement baptisé SINCERE n'a pas fonctionné le jour du vote ; officiellement il a été "piraté"... et l'on a du faire remonter les procès-verbaux de chaque bureau de vote à l'ancienne, en version papier, vers la capitale.  

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La réélection écrasante de Faure Gnassinbé n'a donc pas fini de faire causer en Afrique de l'Ouest : au Burkina Faso, Wakat Séra se rappelle qu'en 2017, il y avait près de 100 00 togolais dans les rues de Lomé, pendant des semaines, pour dénoncer la réforme constitutionnelle qui allait permettre à Ngassinbé-fils de se maintenir éternellement au pouvoir ; il y avait eu au moins deux morts dans la répréssion de ces manifestations. 

A présent que la réélection est officielle, Wakat Séra s'étonne du "calme" qui règne pour le moment au Togo, mais conclut en appelant les opposants à ne pas "mettre le feu aux poudres" en s'entêtant à contester les résultats.

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