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Scène de liesse ce dimanche soir 23 juin 2019 à Istanbul, après la victoire de Ekrem Imamoglu

Istanbul fête la victoire d'Ekrem Imamoglu

5 min
À retrouver dans l'émission

Scènes de liesse une bonne partie de la nuit dans les rues de la capitale économique turque après l'élection du candidat de l'opposition à la tête d'Istanbul. Une victoire analysée par la presse internationale comme un véritable camouflet pour le président turc Erdogan.

Scène de liesse ce dimanche soir 23 juin 2019 à Istanbul, après la victoire de Ekrem Imamoglu
Scène de liesse ce dimanche soir 23 juin 2019 à Istanbul, après la victoire de Ekrem Imamoglu Crédits : Burak Kara - Getty

A Besiktas, Istiqlal, sur les grandes artères de la ville comme dans les quartiers. On y a même chanté Bella Ciao le poing levé... "Les terrasses contre les islamistes", twitte un journaliste turc sous ces vidéos de fête. Ce matin, toute la presse titre bien sûr sur la victoire du candidat du CHP. 

Président du futur

Le journal en ligne Diken reprend l'un des premiers tweets du nouveau maire d'Istanbul : "Vous ne pouvez pas arrêter le temps" et cite abondamment ses partisans réunis au quartier général du parti pour qui avec Ekrem Imamoglu "la Turquie a gagné un nouveau leader. Nous pouvons maintenant l'appeler président du futur".  Et c'est bien le danger pour le président Erdogan, dont Sözcü estime qu'il a perdu son coup de poker en exigeant cette nouvelle élection. L'ombre d'Imamoglu risque de s'étendre au-delà d'Istanbul, jusqu'au palais présidentiel. 

Diken remarque que, tout au long de la campagne, Imamoglu s'est montré très inclusif, n'excluant personne, aucune minorité, répliquant à l'insulte par des sourires. L'un des facteurs les plus importants pour gagner." Et c'est devant une foule en liesse, tellement dense qu'il a eu du mal à se frayer un passage jusqu'à l'estrade pour prononcer son discours, qu'Ekrem Imamoglu a promis de construire la démocratie. La loi, la justice pour tous... se félicite Sözcü, quotidien séculariste, critique de l'AKP, remarquant que le nouveau maire s'est adressé aux Alévis, aux Grecs, aux Syriaques, aux Arméniens pour dire qu'il n'y avait pas de minorités, que tous étaient égaux. 

Dans le camp plus proche du pouvoir, Hurryet cite sobrement le discours d'Erdogan félicitant Imamoglu. Même ligne pour Sabah qui préfère mettre en avant les tweets du président Erdogan plutôt que le discours du nouveau maire d'Istanbul. La presse internationale, elle, juge à l'unisson qu'il s'agit de la plus grande défaite électorale d'Erdogan dont le poulain a perdu. La BBC rappelle que le président turc a coutume de dire que "qui gagne Istanbul gagne le pays". La ville où sa carrière politique a débuté pourrait ainsi être aussi celle où commence sa chute. "Le rais Erdogan n'est plus invincible", commente la Repubblica en Italie, "l'aura d'invincibilité d'Erdogan est désormais atteinte", abonde le New York Times. 

Une manne financière

Et le quotidien américain de préciser que perdre Istanbul c'est aussi perdre une source significative de revenus pour la machine politique de l'AKP, une manne utilisée pour récompenser les fidèles, accorder de juteux contrats d'aménagement ou subventionner les médias proches du gouvernement. 7 milliards et demi de dollars, a compté Middle East Eye, pour qui la perte d'Istanbul va au-delà de l'échec politique pour Erdogan, La revue en ligne rappelle que l'AKP avait déjà perdu le contrôle des grandes villes du pays en mars dernier, notamment la capitale Ankara. Voilà qui pourrait entraîner une série de réactions en chaîne et des élections anticipées, reprend le New York Times, sans oublier les premières fêlures au sein de l'AKP. L'ancien président Gül et l'ancien Premier ministre Davutoglu devraient quitter le parti pour fonder leur propre mouvement conservateur. Depuis Londres, le Guardian salue une victoire en forme de "nouvel espoir inattendu dans le combat pour la démocratie".  

Les malheurs de Boris Johnson

Mais c'est un autre sujet qui fait les gros titres en Grande-Bretagne : les malheurs de Boris Johnson. Son altercation avec sa compagne qui a entraîné un appel des voisins à la police pèse lourdement sur son avenir. Celui qui était promis au 10 Downing Street voit ses espoirs quelque peu refroidis, d'autant qu'un sondage ce week-end montre son avance se réduire et que des donateurs du parti conservateur s'inquiètent. Et le Guardian de préciser que Jeremy Hunt, le rival de Johnson pour prendre la tête des conservateurs et le poste de Premier ministre, accentue la pression sur son prédécesseur aux affaires étrangères. Il le somme d'expliquer pourquoi la police a dû se rendre à son domicile, "il doit prouver au parti qu'il est en mesure de répondre aux questions difficiles", dit Hunt. Une allusion au refus de Boris Johnson de répondre à la presse ce week-end et à ses réticences à avoir un débat demain soir sur Sky News avec son challenger. 

Pour Hunt, qui boit du petit lait : "si Boris refuse de répondre aux questions des médias, refuse un débat en direct, alors les gens sont en droit de se demander qui ils vont avoir comme Premier ministre". Ne sois pas un lâche Boris, montre-toi un homme", écrit même Jeremy Hunt dans le Times, dans une tribune en forme d'adresse assez salée.  

Les ambitions américaines au Proche-Orient enfin... avec ce regard d'Al Jazeera sur le plan de paix de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Plan qui ambitionne d'investir 50 milliards de dollars sur 10 ans pour stimuler l'économie palestinienne et obtenir la paix par la prospérité. Il doit être présenté à Bahreïn demain mais est d'ores et déjà rejeté par les Palestiniens qui dénoncent l'approche uniquement économique et non politique privilégiée par la Maison Blanche. Ce plan, estime Al Jazeera, n'aborde pas le principal problème qui entrave l'économie palestinienne : l'occupation militaire israélienne des territoires palestiniens. 

C'est le constat des experts consultés par la chaîne de télévision qatarienne. Ils remarquent l'absence dans la quarantaine de pages de ce plan de termes tels que "occupation", "liberté", "égalité"ou encore blocus". Or, "sans intégrer ce contexte politique, conclut Al Jazeera, il est impossible d'avancer sur le plan économique." "Une chose est sûre, opine Middle East Eye, tant que l'on ne s'attaquera pas aux fondements de l'instabilité économique palestinienne, cet accord du siècle, ce deal of the century, ainsi que le présente l'administration américaine, semble voué à ne faire que maintenir le statu quo, en raison de sa dépendance aux investissements pour faire accepter un accord de paix aux Palestiniens.

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