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Emmanuel Macron et Donald Trump au G7 de Biarritz

Au G7 de Biarritz, un invité surprise, sept dirigeants et autant de vérités

5 min
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En faisant venir à Biarritz et à l'improviste le chef de la diplomatie iranienne, Emmanuel Macron a forcé la main aux Américains pour relancer le dialogue avec Téhéran. Mais l'absence de communiqué final à ce G7 laisse un grand flou surle bilan véritable de ces trois jours de discussions au sommet.

Emmanuel Macron et Donald Trump au G7 de Biarritz
Emmanuel Macron et Donald Trump au G7 de Biarritz Crédits : Ludovic MARIN - AFP

Le sommet du G7 s'achève ce lundi à Biarritz, et à l'heure des premiers bilans les éditorialistes à travers la planète sont bien embarrassés... 

Bien embêtés car dès le départ, Emmanuel Macron avait prévenu : il n'y aura pas de communiqué commun pour inscrire, noir sur blanc, les engagements des soi-disant dirigeants les plus puissants de la planète. C'est, rappelle Politico, un moyen pour le président français de couper l'herbe sous le pied de Donald Trump, de l'empêcher de bloquer à lui seul les discussions multilatérales ; mais du coup, au final on se retrouve avec "un sommet... et 7 vérités qui en ressortent", soit autant que le nombre des participants : chacun, faute de devoir suivre un texte approuvé par tous, se retrouve libre de communiquer sur ses propres conclusions, et aucun ne s'en prive depuis hier. Ca donne donc, toujours selon Politico, un "sommet qui restera comme celui du storytelling, du récit politique" où chacun plie la narration dans le sens de ses intérêts nationaux. 

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C'est vrai sur le débat pour ou contre le retour de la Russie autour de la table, et c'est d'autant plus vrai... sur le grand évenement qui fait le plus parler ce matin : la visite surprise à Biarritz du chef de la diplomatie iranienne Jawad Zarif. Etait-ce "un coup de génie, de la part de Macron, ou bien un coup à la hussarde"au nez et à la barbe des Américains ? Le quotidien allemand Die Welt a bien du mal à trancher... même s'il rappelle que la chancelière Angela Merkel a salué l'initiative française. Pour sa compatriote la Süddeutsche Zeitung, une chose est sûre :  c'était une invitation "extrêmement risquée", quand on sait, il faut le rappeler, que Jawad Zarif fait partie des principales personnalités politiques iraniennes visées par les sanctions américaines, et que donc Donald Trump et son administration pourraient tenir grief à notre pays de l'accueillir.  

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Au lieu de cela, raconte à son tour le New York Times, le président américain a laissé faire (c'est déjà beaucoup) : il a traité la venue de Zarif par le silence et par une ostentatoire indifférence. "No comment", ont répété ses aides de camps interrogés, forcément, par les médias du monde entier, pendant que Trump lui-même rentrait à son hôtel pour tweeter des messages de bon anniversaire à des personnalité du show-business. 

Car si "la venue impromptue de Zarif l'Iranien a pris le président américain au dépourvu", lit-on dans The Washington Post, elle a surtout "révélé à quel point Trump est isolé, parmi les grandes puissances, dans sa stratégie de pression maximale" imposée sur Téhéran.  

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Pour autant, il ne faut pas se leurrer, "aucun accord n'a été trouvé" hier soir à Biarritz : c'est Radio Farda, la radio internationale en persan financée par les Américains, qui nous le rappelle. L'Iran se dit prête à remettre des garde-fous à son programme nucléaire à condition que Washington accepte d'alléger les sanctions imposées à ses exportations de pétrole. Dans tous les cas, on sera bien en-deça de l'accord international signé en 2015 à Vienne.  

Et pendant ce temps les tensions n'en finissent pas de croître entre l'Iran et Israël, au-dessus du Liban. 

C'est en quelque sorte le côté face de cette séquence diplomatique d'apaisement jouée par les Européens et les Iraniens  ; c'est l'huile sur le feu, le conflit par procuration entre Israël (qui reste l'allié inoxidable des Américains au Proche-Orient) et le Hezbollah libanais, poste avancé des Iraniens aux contact de l'Etat hébreu. C'est à lire dans le quotidien francophone de Beyrouth, L'Orient-Le Jour : ce week-end, deux drones israéliens ont "visité" le ciel de la banlieue sud de la capitale libanaise. 

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Le premier est tombé, apparemment de lui-même, et il a été immédiatemment récupéré par les hommes du Hezbollah ; le second a explosé dans les airs, tout près du centre de presse de l'organisation chiite où il a fait quelques dégâts matériels.  Mais euphémisme à part, cette "visite" est bien une attaque israélienne, une "violation grave de la souveraineté libanaise", selon le premier ministre Saad Hariri qui jure de porter l'affaire devant l'ONU, quand le chef du Hezbollah Hassan Nasralah, cité par Al Jazeera,  dénonce "la plus grave attaque menée par Israël au Liban depuis 2006" et jure d'abattre tous les drones israéliens qui survoleront le pays à l'avenir.  

Tout ça n'est également pas sans lien avec les frappes revendiquées hier par l'armée d'Israël, sur des positions pro-iraniennes en Syrie cette fois.  C'est la BBC qui l'analyse : la rapidité inhabituelle avec laquelle Tel-Aviv a communiqué sur ces bombardements montre à quel point Benyamin Netanyahou joue une carte politique, à quelques semaines d'élections législatives anticipées, en accentuant ses offensives contre la force iranienne Al Qods et ses diverses milices armées chiites au Moyen-Orient.  

C'est vrai au Liban et en Syrie, c'est vrai apparemment aussi en Irak, comme le révélait jeudi dernier The New York Times : des avions de Tsahal auraient bombardé en territoire irakien des dépôts d'armesdu Hachd-Al-Chaadbi, une alliance de groupes armés là encore considérés comme proches de l'Iran et hostiles aux Américains. 

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Pour le Times of Israel, enfin, c'est clair :  Benyamin Netanyahou et son armée veulent tout simplement "empêcher l'Iran de créer un empire chiite dans la région". Une affaire, donc, une fois de plus, de "légitime défense"... mais qui laisse entrevoir rien de moins qu'une "guerre sanglante", encore à venir, au Moyen-Orient.

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