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Lors de son allocution, le chef de l’Etat a précisé qu’il légifèrera par décrets-lois et qu’il nommera incessamment un nouveau chef du gouvernement qui sera responsable directement devant lui et qu’il désignera les nouveaux membres du gouvernement.

Tunisie : un "coup d'état constitutionnel" pour une partie de la presse

6 min
À retrouver dans l'émission

Le chef de l'Etat Tunisien a limogé hier son Premier ministre et suspendu le Parlement en invoquant l'article 80 de la Constitution. Justifié ? En Birmanie, l'arrêt des paiements en réaction au coup d'état militaire de février menace le système électrique. Une météore éclaire la nuit norvégienne.

Lors de son allocution, le chef de l’Etat a précisé qu’il légifèrera par décrets-lois et qu’il nommera incessamment un nouveau chef du gouvernement qui sera responsable directement devant lui et qu’il désignera les nouveaux membres du gouvernement.
Lors de son allocution, le chef de l’Etat a précisé qu’il légifèrera par décrets-lois et qu’il nommera incessamment un nouveau chef du gouvernement qui sera responsable directement devant lui et qu’il désignera les nouveaux membres du gouvernement. Crédits : FETHI BELAID - AFP

Après le limogeage du Premier ministre par le président Tunisien, Kaïs Saïed, la presse tunisienne suit d'heure en heure, l'évolution de la situation dans ce pays où les luttes de pouvoir au sommet de l'Etat, et une gestion erratique de la crise du Covid ont provoqué un immense ras le bol.  Ras le bol qui s'est exprimé hier par des manifestations, généralement contre le parti d'inspiration islamiste Ennahda, qui détient les rennes du parlement.  

A Gafsa, Monastir, Sousse, Sfax, les bureaux de ce parti ont été pris d'assaut, occupé, voire incendié par des manifestants, relate le site Kapitalis.   

A 23 heure dans la nuit de dimanche à lundi, le président de la République Tunisienne, Kaïs Saïed a donc pris la parole dans une intervention relayée par la télévision publique.  On le voit sur les vidéos que relaient les sites d'information tunisien, en bout de table, entouré des plus hauts chefs militaires et sécuritaire, dans un bureau de bois foncé, tapissé de livres.   

Saïed active l’article 80 de la Constitution : Le Chef du gouvernement révoqué, le Parlement gelé, titre la Presse.  Et d'énoncer les mesures en question :   

  • Gel du parlement et de toutes ses activités 
  • Levée de l’immunité de tous les députés de l’ARP 
  • Le président Saïed va présider, en personne, le parquet pour suivre toutes les affaires soulevées contre les députés 
  • Dissolution du gouvernement. 
  • Le président de la République va désigner un nouveau chef du gouvernement 
  • Préparation d’autres arrêtés pour assurer le retour à la paix sociale. 
  • Limogeage du chef du gouvernement et son remplacement 
  • Le président de la République désignera les membres du gouvernement 
  • Le conseil des ministres sera présidé par le président de la République 
  • Pas de suspension de la constitution  

Cet article 80 prévoit qu'en cas de "péril imminent menaçant les institutions de la nation et la sécurité et l'indépendance du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le Président de la République peut prendre les mesures nécessitées par cette situation exceptionnelle".  

La situation l'exigeait-elle ? En tout cas, cette décision a été salué par des milliers de Tunisiens et Tunisiennes qui ont bravé le couvre feu et pris d'assaut les principales places pour manifester leur joie. 

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Quelques heures plus tard néanmoins, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, et leader du parti Ennahda, Rached Ghannouchi s’est rendu au siège du Parlement au Bardo, avec sa vice-présidente, et des députés du parti Ennahdha. Ils ont voulu entrer, mais l'armée déployée devant le siège du parlement leur en a interdit l'accès, comme l'attestent des vidéos postées par la Presse.   

Rached Gannouchi, a appelé via les réseaux sociaux (voir ci-dessous dans twitter) "ses partisans à descendre dans la rue pour mettre fin à ce qu'il a qualifié de "coup d'Etat", confirme le site d'information AL AIN

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Il y aura donc potentiellement dans les rues de Tunisie aujourd'hui, ceux et celles qui s'opposent à cette nouvelle donne politique, ceux et celles qui la soutiennent. Une situation à très haut risque. 

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Est-ce un coup d'état, ou pas ?    

Le chef du parti Ennahda, Rached Gannouchi l'a déclaré dès le début, et ce vocable est utilisé par quelques médias. D'où la sortie, du chef de l'Etat lui même sur l'avenue Habib Bourguiba dans la nuit, pour démentir solennellement cette affirmation, entouré d'une nuée de micros.   

Lisez bien la Constitution ou revenez à la 1ère année de l’enseignement de base pour que vous sachiez que tout ce que j’ai fait est constitutionnel. Or, le coup d’état est l’infraction de la Constitution ! Kais Saied, chef de l'Etat tunisien.  

"Il ne faut pas avoir peur des mots", juge, néanmoins Samy Ghorbal, journaliste et écrivain, "Kais Sied vient d'outrepasser gravement ses prérogatives, et de perpétrer un coup d'état".   

Dans un éditorial, hébergé par le site tunisien LEADER (site qui se veut ouvert aux “opinions et blogs qui favorisent la pluralité des points de vue et suscitent les échanges) et intitulé : Un mal pour un bien? retour sur le coup d'état constitutionnel et ses conséquences probables, le journaliste, qualifie d"incompétent, servile et égoïste", le Premier ministre destitué Hichem Mechichi... on comprend qu'il ne le regrettera pas, mais est-ce un mal pour un bien pour autant ?   

Non, selon Samy Ghorbal car le chef de l'Etat, qui aujourd'hui détient les pleins  pouvoir n'a "aucun projet, aucune vision, aucune compétence. Aucun alllié non plus " poursuit-il. " Le FMI, l'Europe, et la France ne lui feront aucun crédit et aucun investisseur ne voudra miser sur la Tunisie alors que la crise institutionnelle s'ajoute à la crise politique, économique et sanitaire ", or la Tunisie aura besoin, rappelle cet éditorial, de 15 à 20 milliards de dinars (5 à 6 milliards d'euros) pour boucler son budget 2021. Que se passera-t-il alors ?    

Dans l'économiste Magrébin, Hedi Mechri dresse un parallèle audacieux entre la situation politique tunisienne, et la formule de la Chine : un pays, deux systèmes au sujet de Hong Kong, dans un édito intitulé : La troisième République pointe-t-elle à l'horizon ? 

Les Chinois passés maître dans l’art de la diplomatie ont le don de la formule. Quoi de plus révélateur que d’annoncer à la face du monde ce fameux slogan : un pays, deux systèmes. Et bien les nouveaux maitres de la Tunisie ont fait mieux par la grâce ou la magie de la 2ème République, dont on pensait qu’elle allait nous absoudre de tous nos péchés et nous ouvrir les portes du paradis, Hedi Mechri.  

Un "système " unique en apparence, et trois pays, trois représentations nationales, explique le journaliste. " Trois galaxies au sommet de l’État, qui dérivent chacune dans son propre univers. Le président de la République, qui règne sans gouverner et cherche à rallier les ennemis de ses ennemis. Le chef du gouvernement, et son principal allié, le président du Parlement qui font de la résistance, sans être en capacité de gouverner ".  

Et l'éditorialiste d'accabler la Constitution tunisienne, "conçue par ses auteurs pour institutionnaliser un système de cohabitation politique dur et conflictuel". Résultat des courses : un système vicié à la base. " Le pays s’installe sur un volcan conclue HEDI MECHRI, le spectre du Liban, dans ce qu’il a de plus terrifiant, hante tous les esprits".  

Pannes électriques en série en Birmanie   

C'est l'une des conséquences du coup d'état militaire de février en Birmanie. Une campagne nationale de désobéissance civile contre le régime militaire incite les Birmans à ne pas payer leur facture d'électricité, et les revenus du ministère de l'Electricité et de l'énergie ont donc chuté de plus 90% depuis le 1er février.  

C'est le site d'information asiatique Nikkei Asia qui s'en fait l'écho dans un long article basé sur un rapport écrit par un groupe d'économiste spécialisé dans la Birmanie.   

"La prise de contrôle militaire a bloqué certaines réformes importantes dans le secteur de l'énergie", écrit le journal, "4000 fonctionnaires du ministère de l'électricité ont été licencié pour avoir participé au mouvement de désobéissance civile, ou ont quitté leur emploi, ce qui a eu  un impact paralysant, selon le rapport, car c'était notamment des cadres intermédiaires et des personnes clés du côté technique ou du recouvrement des recettes".  

Dans certaines villes, le taux de collecte mensuel est tombé à 2 à 3% de ce qu'il était avant le coup d'état, selon un document gouvernemental qu'a pu consulter Nikkei... Alors que la pandémie de COVID-19 se déroule sans contrôle, la perspective d'une augmentation des pénuries d'électricité menace particulièrement un système de santé public déjà affaibli, s'inquiète le journal en ligne.  

Une météore filmée en Norvège  

Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1 heure, heure locale, une boule de feu, visible pendant plus de 5 secondes, a éclairé la nuit près d'Oslo, avant de s'écraser à une soixantaine de kilomètres de la capitale.  

Il y a une vidéo de cette météore, quand elle entre dans l'atmosphère, ce qui est assez rare, c'est la BBC qui la diffuse. C'est comme un flash en pleine nuit... (La vidéo en lien dans l'article de la BBC ici). Ou ci dessous.  

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La police norvégienne a reçu une rafale d'appels d'urgence, mais il n'y a aucun blessé, ni aucun dommage signalé. Une équipe d'experts est partie à la recherche de cette météore dans une forêt proche de la capitale, qui si elle a laissé des traces pourra être nommée météorite, et qu'une campeuse interviewée par la BBC a pris pour une blague que lui faisait ses amis campeurs. 

Pas de peur donc, aucun mal... ce qui n'est pas toujours le cas. De telles frappes de météores sont rares, conclue l'article de la BBC, mais l'une d'entre elles a causé des dégâts considérables et blessé au moins 1 600 personnes lorsqu'elle s'est écrasée dans les montagnes russes de l'Oural en 2013. 

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