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Manifestation à Varsovie le 24 juillet 2020 contre le possible retrait de la Convention d'Istanbul de la Pologne.

Pologne : le ministre de la Justice veut se retirer d'un traité européen sur les violences faites aux femmes

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La Pologne pourrait-elle quitter la Convention d'Istanbul, qui évoque les violences faites aux femmes ? C'est le souhait du ministre de la Justice polonais. Le parti PiS au pouvoir n'a pas encore pris de décision. Dans cette revue de presse, il est également question de la Covid-19 en Corée du Nord.

Manifestation à Varsovie le 24 juillet 2020 contre le possible retrait de la Convention d'Istanbul de la Pologne.
Manifestation à Varsovie le 24 juillet 2020 contre le possible retrait de la Convention d'Istanbul de la Pologne. Crédits : Wojtek Radwanski - AFP

La Pologne pourrait se retirer de la Convention d’Istanbul, ce traité européen contre les violences faites aux femmes, adopté en 2011 par le Conseil de l'Europe, qui réunit 47 pays européens.  Il y a quelques jours le ministre de la Justice polonais Zbigniew Ziobro a déclaré qu'il allait proposer d'entamer une procédure de retrait de ce traité.  

Zbigniew Ziobro
Zbigniew Ziobro Crédits : WOJTEK GRZEDZINSKI / AFP - AFP

Cette proposition pourrait-elle aboutir ? Rien n'est sûr pour le moment. Pour le PIS, le parti polonais au pouvoir, "Aucune décision n'a été prise. Le ministre a son opinion. S'il présente cette proposition, nous l'analyserons." C'est ce qu'a simplement déclaré la porte-parole du parti Anita Czerwinska. 

En Europe de nombreuses voix s'inquiètent. On le lit notamment dans le journal anglais The Guardian. Iratxe García Pérez, leader espagnol du groupe socialiste au Parlement européen, qualifie cette décision de "scandaleuse". Le député européen belge Guy Verhofstadt affirme quant à lui que "la violence n'est pas une valeur traditionnelle" (sous-entendu: de l'Europe). 

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The Guardian nous rappelle qu'en Pologne le traité avait été signé par un précédent gouvernement centriste en 2012. Il avait été ratifié trois ans plus tard. Pourquoi aujourd'hui le ministre de la Justice polonais en a-t-il tellement après ce texte ?  

Le journal italien La Repubblica écrit que Zbigniew Ziobro, au sein du PiS, est considéré comme un faucon, un leader de l'aile dure.  Pour lui, "l'accord international est inspiré par les idéologies du lobby Lgbtq". Il estime par ailleurs que ce traité est inutile. Il souligne qu'"il suffit de lire les Saintes Écritures pour savoir qu'on ne bat pas une femme, on n'a pas à adhérer à une convention animée par des idéologies déformées". 

La convention d’Istanbul dans son article 4 évoque effectivement la nécessité de protéger les droits des victimes sans discrimination aucune fondée notamment sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre.  Est-ce ce type de dispositions qui fait peur au gouvernement polonais ?  A cet égard, le Portugal news affirme que "le président polonais Duda a fait de la rhétorique homophobe la pièce maîtresse de sa campagne de réélection, promettant notamment de "défendre les enfants contre l'idéologie LGBT"".  

Dans le journal polonais Rzeczpospolita, on peut lire une défense du ministre de la Justice. Pour l'éditorialiste Tomasz Pietryga, "Il est injuste de dire que celui qui est contre la convention d’Istanbul est favorable à la violence contre les femmes".   

"La convention, écrit-il, oblige les États à créer des organes et des structures indéfinies - composés d'activistes et d'experts d'ONG, pour traiter le problème de la violence. La mise en œuvre de ces dispositions en Pologne, poursuit-il, a été estimée à 200 millions de Zloty (monnaie polonaise). Les contribuables financeraient quelque chose de vague et incontrôlable. Ce n'est pas un bon investissement de l'argent public", peut-on lire. 

Même si on ne sait pas encore si le ministre de la justice polonais sera suivi par le gouvernement, ses propos ont fait descendre beaucoup de monde dans les rues.  Vendredi, environ 2 000 personnes ont manifesté à Varsovie, à l'appel d'organisations féministes, pour protester contre un éventuel retrait de cette convention d'Istanbul. Le journal italien Il fatto quotidiano rappelle que ce type de rassemblement peut porter ses fruits. "Il y a quelques mois déjà, écrit-il, en pleine urgence sanitaire, le parti polonais conservateur au pouvoir (PiS) avait présenté deux projets de loi visant à interdire l'éducation sexuelle à l'école et à rendre illégale l'interruption de grossesse. Ces réformes avaient été bloquées grâce aux protestations dans tout le pays". 

"Non à la légalisation de la violence domestique"
"Non à la légalisation de la violence domestique" Crédits : Wojtek RADWANSKI / AFP - AFP

Partons maintenant pour la Corée du Nord... où un premier cas officiel de coronavirus a été annoncé.  

"On dirait que le vicieux virus est entré dans le pays", voici ce qu'a déclaré le dirigeant Kim Jong-Un, cité hier par l'agence officielle KCNA.  La ville de Kaesong a été placée en confinement total. La personne infectée a été placée en quarantaine. Et toutes celles qui sont entrées en contact avec cette personne font l'objet d'une "enquête approfondie". Jusqu'à présent, la Corée du Nord affirmait ne pas avoir de cas de virus sur son territoire, affirmation contestée par des experts. 

Kim Jong-un, dirigeant nord-coréen
Kim Jong-un, dirigeant nord-coréen Crédits : KCNA VIA KNS / AFP - AFP

Pour le journal américain Detroit News, "la Corée du Nord a, au début de l'année, fermé la quasi-totalité du trafic transfrontalier, interdit les touristes étrangers et mobilisé les travailleurs de la santé pour mettre en quarantaine toute personne présentant des symptômes".  "Mais la fermeture de la ville de Kaesong, écrit le journal, est la première mesure connue prise dans une ville nord-coréenne pour endiguer la pandémie".  

Qui est cette personne infectée ? Pour la Corée du Nord il s'agirait d'un fugitif qui s'est rendu en Corée du sud il y a trois ans et qui est donc revenu dans le Nord il y a quelques jours, réussissant à franchir la frontière lourdement fortifiée qui sépare les deux pays.   

Est-ce crédible ? Voici en tout cas ce que l'on peut lire dans le journal sud-coréen en langue anglaise Korea Herald. "L'armée sud-coréenne a déclaré hier que quelqu'un avait peut-être traversé la frontière inter-coréenne pour se rendre en Corée du Nord. Cela confirmerait donc ainsi l'affirmation du régime du Pyongyang selon laquelle un transfuge serait rentré chez lui il y a une semaine avec des symptômes de Covid-19". 

"Les militaires de Séoul, en examinant la demande, ont déclaré qu'une personne semblait être passée au Nord. Mais ces militaires ne l'ont pas pour le moment identifié comme le transfuge mentionné par le Nord". Si effectivement cet homme a fait ainsi des aller-retour entre le Sud et le Nord", plusieurs ministres sud-Coréens pourraient se retrouver en situation délicate" peut-on lire dans le Korean Herald.

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