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Composition du nouveau Parlement européen 2019

Un Parlement européen plus morcelé que jamais : et si c'était une bonne nouvelle ?

5 min
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Plusieurs titres de la presse européenne tentent de voir le positif dans la composition très fragmentée du prochain Parlement européen : faute de majorité franche, celui-ci sera moins technique, plus politique, avec de réels débats qui pourraient relancer l'intérêt des citoyens européens.

Composition du nouveau Parlement européen 2019
Composition du nouveau Parlement européen 2019 Crédits : AFP

Un constat s'impose : le nouveau Parlement européen s'annonce plus morcelé que jamais.   

Un euro-Parlement "fracturé", même, selon le qualificatif retenu par Jon Henley dans The Guardian. Mais le correspondant Europe du quotidien britannique n'y voit pas forcément une connotation négative : certes, il va être bien difficile de dégager une majorité claire de ces élections ; certes, les gros partis traditionnels continuent leur érosion à mesure que les nouvelles formations politiques prennent du poids ; mais c'est peut-être "ce qui pouvait arriver de mieux à l'UE" : dans sa version "fracturée", donc, le Parlement européen devrait retrouver une véritable compétition politique, un débat moins scélosé, avec des majorités qu'il va falloir aller chercher sur chaque texte et donc, espère Jon Henley, un petit supplément de vie à Strasbourg et Bruxelles, de quoi intéresser à nouveau les citoyens européens.  

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Vu de Suisse, dans les colonnes du Temps, on essaye aussi de garder une vision d'ensemble plutôt optimiste, et l'on constate que "la participation qui a atteint hier un niveau historique à travers l'Europe [...] a plutôt favorisé les partis pro-européens et en particulier les écologistes". Résultat : au Parlement européen ce sont les Verts et le centre qui vont y gagner un poids considérable. Ils seront en position "d'arbitrer le duel des droites" analyse Le Temps, entre le PPE (la droite conservatrice, qui est en sérieux recul) et l'Europe des Nations, le groupe parlementaire de l'extrême-droite qui se renforce avec désormais la Ligue de Matteo Salvini et non plus le RN de Marine Le Pen comme première force politique. 

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Résultat confirmé par l'allemande Süddeutsche Zeitung : "il va y avoir du sport" au Parlement européen, avec toutefois ce bémol : si l'intérêt des citoyens pour la chose européenne semble avoir progressé depuis les dernières élections, il faut reconnaître que c'est à la faveur de sujets plutôt anxiogènes : le Brexit, le réchauffement climatique, le poids des lobbies ou la sécurité des frontières, etc.  

"Ce sont les peurs européennes qui ont été le moteur de ce scrutin", résume Andreas Ross pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Si l'on regarde plus précisément quelques pays où l'élection a bousculé les équilibres politiques, il faut s'arrêter tout d'abord sur la Grèce. 

Tout la presse européenne semble d'accord pour dire que le grand perdant d'hier, c'est lui : Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, est clairement sur un siège éjectable. Celui qui était il y a encore 5 ans un symbole de la gauche radicale au pouvoir dans un Etat-membre de l'UE est aujourd'hui la personnification de l'échec. 

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Politico nous dit pourquoi : Syriza, le parti de Tsipras, est arrivé 9 points derrière son principal opposant, la "Nouvelle Démocratie" de droite. "Le désaveu est lourd"confirme E Kathimerini depuis Athènes, et le Premier ministre n'a eu d'autre choix hier soir que d'appeler à des élections législatives anticipées. Mais "Tsipras avait lui-même fait de cette élection une question personnelle, il l'avait comparée à un vote de confiance" : à partir de là, il n'avait d'autre choix, une fois constatée l'ampleur de la "raclée" qu'il a subie hier, que de remettre son pouvoir en jeu.  

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Et voici donc Syriza qui paye une fois de plus la manière dont elle s'est éloignée ces 5 dernières années, de sa ligne de gauche anti-austérité face aux créanciers de la Grèce, à commencer par l'Union Européenne. Pour l'hebdomadaire Proto-Thema, Alexis Tsipras paye aussi son soutien au changement de nom de l'ancienne République Yougoslave de Macédoine qui est devenue officiellement la Macédoine du Nord : de nombreux nationalistes grecs ne pardonnent pas au Premier ministre ce qu'ils considèrent comme une trahison, d'avoir bradé le nom de "Macédoine" aux vieux ennemis du Nord.  Tsipras était donc sous pression depuis des semaines pour démissionner ; finalement hier soir il s'en est sorti en appelant à des législatives anticipées qui s'annoncent particulièrement risquées pour lui et pour Syriza.  

En Belgique, les résultats des européennes se combinent avec ceux des élections législatives pour confirmer une chose : le plat pays n'est pas près d'avoir un nouveau gouverment 

C'est l'analyse que tire ce matin Politico, quand pour le quotidien L'Echo, la Belgique se réveille ce matin "plus ingouvernable que jamais".  Mais cette fois ce ne sont pas vraiment les élections européennes qui sèment la zizanie, pas tant en tous cas que le scrutin fédéral qui se tenait aussi dimanche, en ce qu'on y a assisté à une considérable "dispersion des sièges" de députés dans le prochain parlement belge. 

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Il y a même ce matin "Deux Belgique", à croire le titre de Une du Soir. En résumé, le nord, flamand, a fait déferler hier une "vague brune", selon le terme choisi par Le Soir, quand L'Echo parle franchement d'une "marée noire" : en Flandres c'est le parti d'extrême-droite Vlams Belang qui a créé la surprise, raflé la mise et s'est imposé comme deuxième force politique du pays. 

Dans le même temps, en, Wallonie,  la sensation électorale vient des très bons scores des Verts, des Socialistes et même du parti de gauche radicale PTB. On a donc bien deux vagues de couleurs très différentes qui se croisent au centre de la Belgique, et ça promet forcément à Bruxelles des remous sur lesquels on ne voit vraiment pas quelle coalition de gouvernement pourrait arriver à se maintenir à flot. 

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Politico souhaite donc bien du courage à celui ou celle qui sear désigné dans les prochaines heures par le roi des Belges Philippe, pour tenter de faire émerger une majorité de cet impossible puzzle.

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