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Tipi cérémoniel à l'endroit près de l'ancien pensionnat autochtone de Marieval, Canada, le 27/06/21

La colère brûlante des autochtones canadiens contre l'Eglise

5 min
À retrouver dans l'émission

Au Canada, plusieurs églises de paroisses autochtones ont été incendiées après la découverte d'un millier de tombes anonymes d'enfants près d'anciens pensionnats pour lesquels le gouvernement canadien a présenté ses excuses mais pas le Vatican. Ruée sur les faux certificats de vaccination à Moscou.

Tipi cérémoniel à l'endroit près de l'ancien pensionnat autochtone de Marieval, Canada, le 27/06/21
Tipi cérémoniel à l'endroit près de l'ancien pensionnat autochtone de Marieval, Canada, le 27/06/21 Crédits : Geoff Robins - AFP

Des églises qui brûlent, au Canada…

Deux de plus ce week-end, soit selon l’hebdo gratuit de Vancouver The Georgia Straight, cinq lieux de cultes catholiques désormais qui ont été incendiés ces deux dernières semaines dans l’Ouest du pays, avec à chaque fois la particularité de se trouver dans des réserves, des villages ou des quartiers à forte population autochtone ; des petites églises parfois âgées d’une centaine d’années, symbole de l’évangélisation forcée des Premières Nations canadiennes dont la marque est redevenue très douloureuse ces derniers jours. 

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Car il a beau faire très chaud en ce moment dans l’ouest du Canada, vague de chaleur exceptionnelle nous dit-on, n’allez pas pour autant chercher un phénomène de combustion spontanée derrière ces incendies d’églises :The Vancouver Sun fait, comme tout le monde, plutôt le lien avec quelques 750 tombes anonymes qui ont encore été découvertes cette semaine autour d’un ancien pensionnat catholique, le second après celui de Kamloops dont nous avions déjà parlé le mois dernier.

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On parle bien là de ces pensionnats où 115 000 enfants autochtones ont été envoyés de force pour apprendre à vivre comme de bons petits blancs, arrachés à leur famille, à leur culture, à leur langue et à leurs croyances, trop souvent maltraités, violés et même tués avant d’être enterrés sans que l’on en garde aucune trace. 

Avec ces petites tombes oubliées, c’est tout le génocide culturel infligé aux Premières Nations du Canada qui remonte à la surface, explique Ludovic Hirtzmann dans les pages internationales du Temps suisse, et particulièrement la question du rôle joué par l’Eglise catholique dans toutes ces horreurs. Voilà pourquoi des églises brûlent depuis quelques jours dans l’Ouest du Canada… même si les autorités se refusent à toute conclusion sur l’origine des feux avant d’avoir bouclé les enquêtes policières d’usage.

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Toute cette séquence ébranle plus largement la foi de nombreux catholiques canadiens, qui d’après Nicole Thompson à lire dans The National Post de Toronto, sont en train de reconsidérer leur rapport à la foi et surtout à cette Eglise sans qui cette mécanique de l’acculturation des soi-disants "amérindiens" n’aurait jamais pu atteindre une ampleur aussi industrielle, durer jusqu’en 1996 et coûter au bas mot plus de 3000 vies d’enfants oubliés. 

"Ils nous faisaient croire que nous n’avions pas d’âme", raconte par exemple une rescapée de ces pensionnats à la Presse Canadienne, citée par Le Temps… et en écho, on lira dans les pages du Guardian la très riche interview de l’ancien juge et sénateur canadien Murray Sinclair :  il a présidé de 2008 à 2015, la Commission de vérité et de réconciliation qui a permis de mettre le doigt sur ce génocide culturel. Il rappelle que l’Eglise a tout fait pour faire disparaître les traces de ces méfaits pendant des décennies, elle a empêché que les enquêtes menées permettent d’incriminer des responsables au sein du clergé. 

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Aujourd’hui, face à l’émoi suscité par les découvertes de tombes anonymes, les institutions catholiques qui géraient les pensionnats promettent de rendre publics les documents dont elles affirmaient il y a encore peu qu’ils avaient tous été détruits… mais Murray Sinclair affirme que les siens, les Premières Nations "n’ont plus confiance en leur parole". 

Le mois dernier, le Pape François a exprimé sa peine pour les enfants morts des pensionnats canadiens, il a appelé au respect des droits et de la culture des peuples autochtones, mais il n’a pas prononcé ces excuses publiques au nom de l’Eglise Catholique, qui sont réclamées de plus en plus fortement dans l’Ouest du Canada… où les chapelles pourraient continuer de brûler tant que ces excuses si essentielles à tout espoir de réconciliation n’auront pas été prononcée à Rome.

A Moscou, le variant Delta du coronavirus amplifie la troisième vague pandémique.

La capitale russe où, depuis une semaine, chaque journée amène de nouveaux records de contaminations et de décès : 114 morts par exemple dimanche selon les chiffres d’Interfax mais surtout, une tendance à l’accélération qui inquiète fortement et qui semble porter la signature du variant Delta venu d’Inde qui représente désormais 90% des contaminations à Moscou.

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Du coup en fin de semaine, explique cette fois l’agence Tass, le maire de la ville Sergei Sobyanin a imposé des restrictions sanitaires comme la ville et ses habitants n’en avaient encore jamais connu depuis un an et demi de pandémie : depuis ce matin il faut présenter un pass sanitaire, preuve de vaccination ou test négatif, pour se rendre dans les cafés, restaurants et autres lieux de services.

Eh bien figurez-vous que les "stolovayas", les cantines russes bon marché sont tellement populaires chez les Moscovites, et la vaccination y est à l’inverse tellement impopulaire (15% seulement de la population vaccinée pour le moment) que la parade a été vite trouvée selon un bon sens pratique typiquement russe : la correspondante du Washington Post Isabelle Kurshudyan raconte que depuis les annonces du maire, ce ne sont pas les doses de vaccins mais les faux certificats de vaccination qui s’arrachent au marché noir. Un bout de papier avec un Q-R code contrefait qui coûte environ 25 dollars, qui a d’abord permis à des milliers de serveurs de restaurants et bars de ne pas perdre leur emploi avant désormais d’être plébiscité par les clients eux-mêmes. 

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La preuve que les vaccins n’inspirent vraiment pas confiance aux Russes (cela renvoie à de vieux souvenirs de défiance vis-à-vis de la médecine d'Etat datant de l’époque soviétique), et ce, malgré (ou accentué par) la fierté nationaliste affichée autour du vaccin russe Spoutnik-V à l’international. Décidément, nul n’est prophète en son pays.

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