LE DIRECT
Arrivé troisième, le parti Ciudadanos d'Albert Rivera a largement fêté sa victoire

Les socialistes remportent les législatives espagnoles, mais sans majorité franche

5 min
À retrouver dans l'émission

La victoire sans majorité des socialistes espagnols et la défaite cinglante du PP à droite mettent Ciudadanos, au centre-droit, dans une position ambigüe de faiseur de roi. au risque de se renier ? A Hong-Kong, 130 000 personnes dans les rues contre Pékin et sa volonté de mettre la Justice au pas.

Arrivé troisième, le parti Ciudadanos d'Albert Rivera a largement fêté sa victoire
Arrivé troisième, le parti Ciudadanos d'Albert Rivera a largement fêté sa victoire Crédits : Chema Moya - Maxppp

Les élections législatives anticipées d'hier en Espagne ont accordé une victoire nette au Parti socialiste de Pedro Sanchez, mais elles lui donnent aussi du fil à retordre pour constituer une majorité de gouvernement.   

Et en tête des formations politiques qui occupent l'espace des commentaires dans la presse espagnole ce matin, il y a Ciudadanos : le parti de centre-droit mené par Albert Rivera arrive en troisième position, derrière donc les socialistes du PSOE et la droite conservatrice du Partido Popular qui essuie, de l'avis de tous, un revers considérable : le PP est laminé par ce résultat, siphonné par la montée de l'extrême-droite, ce parti Vox qui entre, certes, au Parlement espagnol avec 24 députés, mais qui n'y gagne quasiment aucun réel poids politique.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La droite "subit une débâcle", résume El Pais, mais Ciudadanos en sort grandie, quasiment élevée au rang de première alternative possible aux socialistes... Mais peut-être aussi premier allié pour ces mêmes socialistes en quête de partenaires pour gouverner. 

C'est là tout le paradoxe, qui s'étale en une du quotidien de droite ABC : par sa victoire, franche mais incomplète, "Pedro Sanchez met la pression sur Rivera" et Ciudadanos.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le dirigeant socialiste hier soir, La Vanguardia nous le rappelle, a déclaré : "il n'y a pas de cordon sanitaire entre le PSOE et Ciudadanos", manière de dire qu'il va aussi discuter d'une possible alliance avec Albert Rivera. Ce serait la solution de facilité, vu les résultats d'hier : socialistes et centristes ensemble pourraient gouverner sans aller chercher de soutiens chez les petites formations séparatistes basques ou catalanes, celles-là même qui ont précipité la chute du précédent gouvernement socialiste mais qui restent incontournables si le PSOE veut former un gouvernement de gauche avec la plateforme Podemos. 

"Les électeurs espagnols ont choisi", écrit donc Pablo Munioz pour ABC, et "maintenant c'est à Pedro Sanchez de choisir... Entre Ciudadanos d'un côté, et Podemos avec les nationalistes de l'autre".  

Mais si l'alliance mathématique semble simple entre socialistes et centre-droit, politiquement elle se heurte à un double écueil... 

D'abord, côté socialiste, il y a ce message, très clair, scandé par la foule des militants venus fêter la victoire au QG du PSOE hier soir :  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Con Rivera, no ! ", "pas avec Rivera !" : un refus massif du leader de centre-droit comme possible allié. Ça, c'est le premier obstacle, du côté de la base militante socialiste.

Le second obstacle, décrypté par El Pais, c'est que pour accepter de gouverner avec le PSOE, Ciudadanos devrait trahir le véto affiché pendant toute la campagne électorale : Albert Rivera avait juré que sa priorité était de barrer la route à un maintien au pouvoir de Sanchez et du PSOE. Pour cela il avait, du bout des lèvres, accepté de jouer le jeu de l'alliance des trois droites, Ciudadanos, PP et Vox, trio rejetté avec force, hier, par les électeurs espagnols. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Voila donc "les pièces du puzzle", selon l'image choisie par El Mundo, que Pedro Sanchez va devoir assembler pour donner corps à sa victoire d'hier. Et il a un peu de temps pour cela : aucun parti ne semble avoir intérêt à dévoiler son jeu d'alliance... Avant le 26 mai et les élections européennes, couplées aux municipales en Espagne, qui pourraient encore rebattre les cartes.

130 000 personnes dans les rues de Hong-Kong ce dimanche : on n'y avait pas vu telle manifestation depuis 2014 et la contestation dite "des parapluies". 

Elles étaient d'ailleurs nombreuses à en brandir, des paraluies jaunes, les dizaines de milliers de personnes qui ont déferlé hier dans les rues de la ville, anciennement britannique et rétrocédée à la Chine il y a 22 ans. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

On voit ces parapluies et cette foule sur les photos publiées par le quotidien en ligne South China Morning Post, et autant vous dire qu'il n'y a pas trace de cette manifestation ailleurs dans la presse officielle chinoise. 

Or, c'est justement pour défendre leur spécificité, leurs libertés, que ces habitants de Hong-Kong avaient répondu ce dimanche à l'appel du Front pour les Droits humains et civiques. Ils refusent de se soumettre aux règles qui s'appliquent ailleurs en Chine, à commencer par le projet de loi qui rendrait possible le transfert, vers des tribunaux de Chine continentale, de prévenus qui justement auraient fui le système judiciaire chinois répressif pour trouver refuge à Hong-Kong. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Si ce projet de loi était validé par le gouvernement de la presqu'ile, ce serait, selon les manifestants d'hier et selon l'ancien gouverneur colonial britannique Chris Patten cité par le portail Hong Kong Free Press, "ce serait une attaque en règle contre les valeurs, la stabilité et la sécurité de ce territoire autonome". 

Ce serait, ajoute la BBC, un accroc sans précédent à la règle dite "un pays, deux systèmes", mise en place à la rétrocession de 1997, quand Pékin avait accepté de laisser Hong-Kong conserver pour 50 ans un système judiciaire indépendant du système centralisé chinois. Avec ce projet de loi, on craint donc que la mise au pas de Hong-Kong par Pékin ne se fasse de manière accélérée, sans attendre le demi-siècle d'adaptation progressive prévu par les accords...  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Que reste-t'il de l'autonomie hong-kongaise, s'interroge Philip Bowring dans le South China Morning Post, quand des leaders du mouvement des parapluies, en 2014, sont condamnés à des peines de prison ferme, comme ça a été le cas la semaine dernière ?

Seize mois derrière les barreaux pour nuisance à l'ordre public (alors que les manifestations d'Occupy Hong Kong il y a 5 ans avaient été entièrement pacifiques) : on est déjà face à "une Justice en forme d'instrument de répression anti-démocratique à la solde de Pékin", écrit l'éditorialiste ; et par extension, si la loi sur les transferts de prisonniers est adoptée, Hong-Kong ne sera plus le dernier sanctuaire des libertés civiques en Chine. 

Alors oui, la manifestation massive d'hier nous prouve qu'on peut encore y défiler librement contre une politique du gouvernement, ce qui est tout bonnement impossible ailleurs en Chine... Mais libres pour combien de temps encore ? Telle est, au fond, la question que nous posent à nouveau les parapluies, en sursis, de Hong-Kong.

Chroniques

7H40
45 min

L'Invité(e) des Matins

Spéciale élections européennes : la parole aux candidats
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......