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Un homme et un enfant fuient les flammes dans le camp de réfugiés de Moria

Grèce : quand s'embrase le plus grand camp de réfugiés d'Europe

6 min
À retrouver dans l'émission

Sur l'île de Lesbos, le camp de Moria accueille 13 000 personnes dans des installations prévues pour 3000. Un incendie y a fait au moins deux morts et a déclenché un début d'"émeutes dimanche. En Autriche, les Verts créent la sensation aux législatives alors que l'extrême-droite perd 10 points.

Un homme et un enfant fuient les flammes dans le camp de réfugiés de Moria
Un homme et un enfant fuient les flammes dans le camp de réfugiés de Moria Crédits : ANGELOS TZORTZINIS - AFP

Un incendie a fait deux morts hier dans le plus grand camps de migrants d'Europe. 

Ce camp, c'est celui de Moria, sur l'île grecque de Lesbos : des grillages, un dédale de tentes et de containers, et à l'intérieur, environ 13 000 réfugiés, pour la plupart des Syriens arrivés là dès 2015. 13 000 personnes pour un camp qui est prévu pour en accueillir 3000, peut-on encore parler de "surpopulation" ? 

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Les victimes, à lire ProtoThema, le Journal du Dimanche grec sont une femme, et un enfant ; on ne précise pas l'âge de ce dernier, juste que son corps sans vie a été remis aux autorités du camp par les réfugiés eux-même qui l'avaient découvert, à la lumière de leurs téléphones portables, dans les décombres d'un container en feu.  

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Ce détail, évoqué par StoNisi, un journal local de Lesbos, révèle toute l'horreur de ce qu'ont vécu ces hommes, ces femmes, dimanche. Sur certaines photos publiées ce matin, on les voit, suffoquants, cherchant de l'aide, ou bien à l'oeuvre, s'organisant pour trouver de l'eau et tenter d'éteindre les flammes avec les moyens du bord. StoNisi, encore, nous dit qu'il a bien fallu agir soi-même, car les pompiers ont mis beaucoup de temps à arriver, à se frayer un passage. Cette lenteur d'intervention a attisé la colère, les sentiments d'injustice et d'abandon qui sont le lot quotidien des réfugiés coincés à Moria. 

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Alors quand ils sont finalement arrivés, plusieurs camions de pompiers ont été pris d'assaut par une foule excédée, qui s'est ensuite retournée contre les installations-même du camp et a été finalement renvoyée dans ses baraquements par les gazs lacrymogènes de la police anti-émeute.  L'origine-même du feu, à croire le quotidien E Kathimerini, est sans doute à chercher dans une altercation, un règlement de compte entre groupes de migrants, entre nationalités ou entre petits gangs mafieux 

Mais faut-il s'en étonner? 13 000 hommes, femmes et enfants entassés dans un camp de réfugiés prévu pour 3000, le tout sur le sol européen...  Au détour d'un lien vers un article plus ancien, le site de la BBC nous rappelle qu'il y a plus d'un an, l'ONU avait imploré la Grèce et l'Europe d'évacuer des milliers de réfugiés de Lesbos, et en particulier de ce camp de Moria : le HCR expliquait dès août 2018 que le plus grand camp d'Europe avait atteint "son point d'incandescence". On connaissait donc parfaitement le risque d'embrasement, dans tous les sens du terme, mais rien (ou si peu) n'avait été entrepris pour éviter le pire.  

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Cet incendie intervient tout de même à un moment où le nouveau gouvernement grec, de droite, fait mine de s'emparer du dossier migratoire.  C'est d'autant plus frappant qu'aujourd'hui même (c'était prévu avant le drame de Moria) ce gouvernement Mytsotakis présente son projet de loi sur la réforme du droit d'asile. C'est la version anglophone de E Kathimerini qui nous en parlait dès samedi :  ce projet de loi vise à réduire "la pression, les flux de migrants sur les îles grecques proches de la Turquie", à commencer donc par Lesbos. Il prévoit de "mieux partager le fardeau", en développant les solutions d'accueil sur le continent et plus seulement sur les îles déjà saturés. 

Cela devrait aller également avec un durcissement et une accélération du traitement des demandes d'asile, et ça intervient à un moment où les arrivées de migrants, en provenance de Turquie principalement, connaissent une nouvelle augmentation depuis quelques jours. Quelques centaines de débarquements par jour, rien à voir avec l'ampleur de 2015, mais tout de même une urgence que la Grèce doit à nouveau gérer.  On verra quelle sera précisément la doctrine Mytsotakis en la matière, après des années de gauche Syriza au pouvoir... mais E Kathimerini cite déjà le Premier ministre, vendredi à la tribune des Nations Unies, quand il appelait ses partenaires européens à plus de solidarité pour pour ne plus laisser la Grèce seule face à l'afflux de réfugiés ; le même Mystotakis a également critiqué la Turquie et son président Erdogan accusé de "mener un politique du canot de sauvetage", lui qui début septembre menaçait "d'ouvrir à nouveau les portes" de l'Europe aux migrants, s'il n'obtenait pas très vite plus d'aides internationales pour la Turquie.

En Autriche, nouveau recul de l'extrême-droite et forte montée des Verts... ce sont les enseignements de élections législatives d'hier.   

C'est quasiment un chassé-croisé, d'après ce qu'en disent les résultats publiés par le quotidien Kurier : par rapport aux dernières législatives d'il y a deux ans, le FPÖ, l'extrême-droite donc, perd 10 points avec 16% des voix quand les "Grüne", les Verts, atteignent un improbable 14%, soit également dix points tout pile mais de plus qu'en 2017. 

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Mais n'allez pas croire pour autant que les électeurs du FPÖ ont soudainement basculé dans le camp écologistes. Non, en décryptant une infographie du Kurier, on comprend qu'ils se sont massivement abstenu et que beaucoup d'autres sont allé voter pour "les turquoises" de l'ÖVP, le parti de l'ex-chef du gouvernement Sebastian Kurz. 

Car c'est bien lui, le grand vainqueur du scrutin : Sébastian Kurz, 33 ans, chancelier sortant dans un gouvernement d'alliance avec le FPÖ. Son parti conservateur enlève 37% des suffrages, c'est une victoire "exceptionnelle", commente Der Standard mais elle est aussi "un test" "qui oblige le jeune leader à rpouver qu'il sait faire les bons choix. "La partie la plus cruciale de l'élection commence maintenant", écrit Martin Kotynek, avec les négociations pour former une coalition. Si les sociaux-démocrates du SPÖ ou l'extrême-droite du FPÖ sont bien deuxième et troisième de l'élection d'hier, ils n'en sont pas moins les grands perdants par rapport aux précédents scrutins ; "la social-démocratie est à l'agonie" à lire la presse autrichienne, et l'extrême-droite décrédibilisée par le scandale de l'Ibiza-Gate semble "hors-jeu". On voir donc mal Sébastian Kurz s'allier avec ces "perdants", alors que les Verts, même derrière en nombre de voix, incarnent la victoire et l'air du temps écologiste. 

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Kurz va devoir choisir, définir une stratégie, un mélange des couleurs politiques pour son prochain gouvernement. Une alliance turquoise/vert, forcément,  serait la plus "charmante", selon le qualification employé par la Wiener Zeitung. Mais les Verts défendront aprement leurs idées, à commencer par celle de mettre en place une politique migratoire qui miserait sur "l'intégration" et plus sur la "restriction". Reste à savoir sur Sébastian Kurz, celui-là même qui avait ramené le FPÖ au pouvoir il y a deux ans, sera assez souple pour un tel grand écart.

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