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Le président monténégrin Milo Jukanovic à Podgorica le 30 août 2020

Au Monténégro, le président proclame sa victoire... l'opposition pro-serbe aussi

5 min
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Les législatives de dimanche au Monténégro ne donnent pas, c'est une première, de majorité au président pro-occidental Milo Jukanovic ; l'opposition pro-serbe espère pouvoir fédérer ses forces pour former une coalition de gouvernement. Au Liban, "mission quasi-impossible" pour Emmanuel Macron ?

Le président monténégrin Milo Jukanovic à Podgorica le 30 août 2020
Le président monténégrin Milo Jukanovic à Podgorica le 30 août 2020 Crédits : Savo Prelevic - AFP

Encore une élection qui s'achève avec deux partis opposés qui proclament leur victoire.

Vous allez peut-être me dire que la démocratie, c'est le conflit, et que c'est toujours mieux qu'en Biélorussie ou au Mali pour ne citerque ces deux pays récemment dans l'actualité... 

Tout celà n'est pas faux... mais en tous cas ce pays tiraillé dont nous parlons ce matin, il se trouve dans les Balkans, c'est l'un des plus petits Etats au monde avec à peine plus de 600 000 habitants. J'ai nommé le Monténégro, indépendant de la Serbie depuis 2006 et où, justement, l'opposition pro-serbe proclame depuis quelques heures, et avec elle toute la prese serbe dont le quotidien Vesti, que je cite "le régime est tombé". 

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Le "régime" à abattre, vu de Belgrade, c'est donc la mainmise sur le Montenegro de celui qui le dirige depuis près de 30 ans, le président pro-occidental Milo Djukanovic, du parti dit démocratique socialiste, qui a été l'artisan ces dernières décennies de l'indépendance monténégrine bien sûr mais aussi de son adhésion à l'OTAN et de sa candidature à l'Union européenne, quand l'opposition elle voudrait ramener le petit pays dans le giron serbe et plus largement dans l'orbite de la Russie. 

Et c'est vrai, poursuit le Courrier des Balkans, que d'après les résultats encore partiels des législatives qui ont eu lieu hier, le camp pro-serbe a de quoi pavoiser : avec 76% de participation, une participation historique surtout en ces temps de Covid19, le vote n'a pas, c'est du jamais-vu, donné de majorité au Parti démocratique socialiste du président Jukanovic.  34% des voix, pour lui, c'est "une contre-performance", tonne le Courrier, avant de se faire l'écho des discours de victoire entendu dans le camp adverse. Selon le journal monténégrin Pobjeda,si les sondages sorties des urnes se confirment, le nouveau parlement penchera bien majoritairement du côté de l'opposition... en imaginant toutefois que celle-ci saura faire l'union des plusieurs petites formations qui se partagent cette majorité.  

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En attendant de voir naître cette hypothétique coalition contre lui, le président Jukanovic a donc beau jeu de proclamer lui aussi sa victoire, et c'est ce qu'il fait, confirme le site spécialisé Balkan Insight, et d'une certaine manière il a raison de le faire puisque son parti est bien arrivé en tête, même si c'est une trop courte tête pour lui assurer la majorité seul.  

Voilà donc comment on se retrouve, dixit Le Temps de Genève, avec "le parti au pouvoir [littéralement] au coude-à coude avec l'opposition", dans cette cacophonie de lendemain d'élection désormais  trop bien connue  où tout le monde assure qu'il a gagné et brandit à l'appui les improbables calculs d'alliances qui lui permettront de dominer le futur parlement. 

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On devrait y voir plus clair dans les prochains jours... mais en attendant, faut-il s'étonner que ces législatives au Monténégro mènent à une division aussi franche ? Pas vraiment, à relire l'analyse qu'avait publiée samedi le site Politico Europe sur les enjeux du scrutin : la campagne a tourné presqu'exclusivement autour des questions identitaires et religieuses, avec une opposition qui a basé son programme sur la "libération" nécessaire de la minorité serbe opprimée avec un soutien très affiché de la puissante église orthoxose serbe.  

En face, le camp du président Jukanovic a martellé qu'il fallait parachever l'indépendance du Monténégro vis-à-vis du nationalisme serbe qui menaçerait toujours l'existence-même du petit pays et sa marche vers l'Europe. Jukanovic a même affiché sa volonté de créer une église orthodoxe monténégrine qui ne serait plus sous l'emprise de sa grande soeur serbe et qui pourrait revendiquer la propriété de nombreux lieux de cultes à travers le pays... en en chassant donc les popes pro-serbes. 

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Tous ces enjeux politico-religio-identitaires, conclut Una Hadjari pour Politico, ont considérablement tendu la campagne de ces législatives,  au moins autant que les accusations de corruption contre le clan Jukanovic. L'homme fort du Monténégro a-t-il été trop loin en menaçant de s'attaquer aux églises de la minorité serbe ? Il va falloir encore quelques heures et des résultats définitifs au scrutin d'hier pour le savoir... mais d'ici là, un conseil, gardons un oeil sur le Montenegro.  

... Et jetons un autre oeil sur le Liban, cette fois, où Emmanuel Macron arrive ce soir avec une "mission quasi-impossible". 

Ce n'est pas moi qui le dit mais c'est Anthony Samrani du quotidien francophone de Beyrouth, l'Orient-Le Jour. On sait que le président français revient au Liban pour tenter d'y régler la crise politique qui a suivi l'explosion du port de la capitale alors que depuis des mois auparavant la population libanaise manifestait pour réclamer la fin du partage du pouvoir entre les différents forces politiques traditionnelles et confessionnelles.  

A croire donc l'éclairage signé Anthony Samrani, le docteur Macron vient donc "administrer un traitement de choc" au Liban décrit comme un "patient en phase terminale". La France, "dernier ami qui voudrait du bien à un Liban en crise existentielle", avec un Emmanuel Macron qui se fait fort de mettre tout le monde d'accord sur la composition d'un nouveau gouvernement : la voilà donc, la "mission quasi-impossible" du chef de l'Etat français. 

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Car "malgré sa bonne volonté", poursuit l'article de l'Orient-Le Jour, Emmanuel Macron va avoir du mal à faire bouger les lignes, à contrer ces "vieilles pratiques politiciennes", toujours entre les mêmes acteurs d'une "scène politique libanaise qui fonctionne depuis des années déjà sur le principe du consensualisme sur le plus petit dénominateur commun".  

Emmanuel Macron, en critiquant ouvertement cette classe politique traditionnelle au lendemain de l'explosion du port de Beyrouth, avait semblé prendre le parti de la rue libanaise qui exige elle aussi le changement. Il esperait sans doute une mobilisation de la société civile qui n'est pas venue pour le moment. 

Faut-il s'en étonner ? Les Libanais demandent à reprendre leurs affaires en main eux-mêmes, pas que ce soit un autre pays qui viennent faire et défaire son gouvernement à sa place ; la France ramène aussi dans ses bagages le FMI et ses ajustements structurels... pas vraiment ce dont rêvent les manifestants anti-austérité des derniers mois.  

Voilà donc pourquoi, d'après Anthony Samrani,  la mission que s'est assignée Emmanuel Macron est une mission "quasi-impossible". Avec le risque, en plein centenaire du Grand Liban que sa visite ne serve "qu'à constater l'impuissance du pays à stopper sa propre chute libre".

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