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Naftali Bennett à son arrivée à la Knesset, Jerusalem, le 30/05/21

La fin de l'ère Netanyahou n'a jamais semblé aussi proche en Israël

6 min
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Le parti de droite religieuse israélienne Yamina se dit prêt à faire tomber Benjamin Netanyahou en s'alliant avec le centre-gauche dans un gouvernement "tout sauf Bibi". Au Liban le chef de l'armée, homme providentiel des Français et Américains ? Espionnage US en Europe : les Danois complices.

Naftali Bennett à son arrivée à la Knesset, Jerusalem, le 30/05/21
Naftali Bennett à son arrivée à la Knesset, Jerusalem, le 30/05/21 Crédits : Yonatan Sindel - AFP

Il y a comme un frisson qui parcourt la presse israélienne depuis dimanche soir. 

Le profond frisson du changement, la possibilité que le pays ait un nouveau Premier ministre pour la première fois depuis 12 ans : l’hypothèse "qui n’a jamais été aussi crédible", d’après Ha’aretz, d’un départ du pouvoir de Benjamin Netanyahou. C’est tout cela qui agite les journaux de Tel Aviv, Jérusalem, et bien au-delà finalement, depuis donc que le chef de file du parti de droite radicale israélienne Yamina, j’ai nommé Naftali Bennett, a donné son accord pour rejoindre une coalition de gouvernement autour du centre-gauche de Yair Lapid, qui a jusqu’à mercredi pour trouver une majorité.

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En fait, poursuit Anshel Pfeffer d’Ha’aretz, ce gouvernement d’unité destiné à éviter à Israël une cinquième élection législative en deux ans réunirait quasiment toutes les composantes de l’opposition à Netanyahou ; une sorte de "Tout sauf Bibi" qui serait forcément très fragile et de circonstance, puisque le seul dénominateur commun de ces courants antagonistes serait la détermination à débarrasser le pays de son Premier ministre qui a conduit Israël dans une impasse politique. 

La semaine qui commence sera "pleine de turbulences", prévient le quotidien de gauche, les députés de Yamina vont subir des pressions colossales pour ne pas accepter ce que Netanyahou et son entourage qualifient depuis dimanche de "fraude du siècle"… 

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Mais il y a tout de même un véritable espoir, renchérit Yaakov Kaatz dans les colonnes du Jerusalem Post : l’espoir de voir Israël, en mettant un terme à sa relation de pouvoir toxique avec Benjamin Netanyahou, franchir "la première étape de son retour à une forme de santé mentale".  

Mais attention : si Naftali Bennett devait devenir Premier ministre, ou au moins partager ce poste à tour de rôle avec Yair Lapid comme cela semble avoir été négocié, alors, nous dit le Yediot Aharonot, c’est un "millionnaire fils de migrants américains, très ancré à droite" dont on se souviendrait comme "celui qui a mis fin à l’ère Netanyahou". Car Bennet a beau avoir "des positions assez libérales sur les droits des LGBT par exemple, il n‘en reste pas moins un défenseur invétéré de la droite religieuse israélienne et des colons juifs en Cisjordanie".  Il considère que la création d’un Etat palestinien serait je cite "un suicide pour Israël"

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Il va falloir énormément de compromis sur toutes ces questions, poursuit Le Temps depuis Genève, pour que puisse tenir un gouvernement de changement qui ressemble pour le moment surtout à un "étonnant patchwork idéologique" qui va donc de la droite religieuse sioniste de Yamina aux islamistes du parti Raam, dont les voix des députés arabes israéliens vont être indispensables à toute majorité solide. Réunir tous ces opposants  peut sembler impossible, mais il ne faut pas sous-estimer la force du "tout sauf Netanyahou".

Au Liban, un homme n’en finit pas de gagner en influence… et en ambitions.

Cet homme c’est le commandant en chef de l’armée libanaise Joseph Aoun qui d’après L’Orient-Le Jour"a beau se défendre de vouloir entrer en politique, mais apparaît de plus en plus comme le candidat naturel" pour succéder au président actuel Michel Aoun (aucun lien de parenté entre les deux hommes). 

Et le fait qu’il ait été reçu avec tous les honneurs mercredi 25 mai à l’Elysée ne fait que renforcer cette tentation présidentielle chez le chef militaire dont l’armée a été présentée sans retenue par Emmanuel Macron comme le dernier pilier encore debout d’un Etat libanais gangréné par les crises politique et économique. 

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Déjà à Washington, poursuit L’Orient-Le Jour, on avait fait du chef d’état-major l’interlocuteur privilégié quand tout le reste de l’élite libanaise est discréditée ; désormais Paris assure également son soutien financier et logistique aux militaires, et son soutien politique à son commandant en chef. Forcément, voilà qui donne à Joseph Aoun des raisons de commencer à croire à un possible destin présidentiel, pour ne pas dire providentiel. 

Reste à savoir ce que cela dit de la politique étrangère d’Emmanuel Macron, qui se montre dans le dernier JDDsi véhément contre les coups d’Etats militaires au Tchad ou au Mali, et pousse l’armée et son chef à s’affirmer comme ultime rempart de la stabilité démocratique au Liban ?

Terminons avec ces révélations sur le cyber-espionnage mené par les Américains sur leurs alliés européens.

On savait déjà depuis quelques années que les téléphones de certains leaders européens comme Angela Merkel avaient été mis sur écoutes par la NSA américaine, mais ce que l’on a découvert dimanche grâce à l’enquête conjointe de plusieurs médias allemands et de la chaîne publique danoise DR, c’est que cet espionnage s’est fait via le Danemark, en se branchant sur les câbles sous-marins de télécommunication qui connectent le pays et une grande partie de l’Europe aux réseaux mondiaux. 

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En détournant ces flux de données, la NSA a pû accéder à toutes les communications échangées par certains numéros de téléphones, à commencer donc par celui de la chancelière allemande, de son ancien ministre et désormais président Frank-Walter Steinmeier, mais aussi assure DR, les téléphones de plusieurs personnalités politique de Norvège, de Suède et de France, sans qu’on sache précisément pour le moment de qui il s’agit.

Il ne fait guère de doute que les services secrets danois savaient que les américains s’étaient branchés sur les câbles, qu’ils avaient même donné leur accord. Et dans la presse allemande, la Süddeutsche Zeitung y voit la confirmation du fait que ces services danois, à la réputation sans faille il y a encore quelques décennies, ont mal tourné au point de devenir un inquiétant "Etat dans l’Etat" au Danemark. Il y a eu plusieurs scandales les concernant ces derniers mois, notamment quand la presse a révélé dans un premier temps l’existence de ces écoutes américaines avec la complicité des services danois, qui avaient laissé mettre sur écoutes au moins deux ministres danois et une entreprise nationale d’armement. L’été dernier, toute la direction du renseignement extérieur avait été changée, mais à présent que l’on apprend que des dirigeants de pays amis ont aussi été espionnés , c’est le ministre danois de la Défense en personne qui est sur la sellette. 

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Et puis il y a la question de savoir ce que les Danois ont obtenu des Américains en échange de la possibilité de se brancher sur leurs câbles sous-marins ? Le Danemark et ses services de renseignements, précise enfin la Süddeutsche Zeitung, sont en première ligne dans la lutte d’influence qui se joue dans l’Arctique pour y limiter l’influence grandissante de la Russie et de la Chine…

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