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L'annonce de la démission du Président Bouteflika suffira-t-elle à calmer la rue, qui manifeste depuis le 22 février

Bouteflika annonce sa démission

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Alors qu'en Algérie les journaux se demandent ce que traduit la démission annoncée d'Abdelaziz Bouteflika, en Turquie chacun revendique la victoire aux élections locales de dimanche. Quant à la Chambre des Communes britannique, elle a confirmé hier, qu'elle "ne sait pas ce qu'elle veut".

L'annonce de la démission du Président Bouteflika suffira-t-elle à calmer la rue, qui manifeste depuis le 22 février
L'annonce de la démission du Président Bouteflika suffira-t-elle à calmer la rue, qui manifeste depuis le 22 février Crédits : Adel Sherei - Maxppp

Par Eric Biegala

"Bouteflika Abdique", titre le quotidien El Watan sur sa page de Une ce matin... le journal se contente toutefois de reprendre le communiqué de quelques lignes diffusé hier soir par la Présidence algérienne, signalant ainsi qu'avant son départ, programmé pour "avant le 28 avril", terme échu de son mandat, le Président devrait prendre d'”importantes mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’Etat durant la période de transition”.  Quelle mesures ? c'est encore sibyllin mais, relève pour sa par El Moudjahid, l'un des six quotidiens d'Etat  du pays, "c’est la feuille de route institutionnelle qui s’impose " et "La nomination du nouveau gouvernement, constitue une importante étape de ce processus", souligne encore le quotidien pour qui le fait que seulement 6 des 27  ministres que compte ce nouvel exécutif, sont des membres reconduits de l’ancien gouvernement, est un gage de renouveau et le signe que "les figures emblématiques de l’ancien régime ne font plus partie du paysage politique"

En fait, cette démission de Bouteflika "n’a rien d’une surprise". explique pour sa part  Makhlouf Mehhen sur le site TSA Tout Sur l'Algérie ; "Elle était même attendue depuis l’annonce  du nouveau gouvernement", note t-il encore ; "Le maintien du général Ahmed Gaïd-Salah dans le gouvernement comme vice-ministre de la Défense, au lendemain de son appel à l’application de l’article 102 (article de la Constitution qui permet d'empêcher le président de la République pour raisons de santé) était interprété comme le signe d’un « compromis » trouvé entre l’état-major et le cercle présidentiel pour trouver une issue à la crise... La solution consensuelle est donc la démission du président avec quelques réajustements dans les institutions en prévision de la transition", résume Makhlouf Mehlen  Reste à savoir si cette "solution consensuelle" fera également consensus dans la rue... autrement dit si cela suffira pour l'apaiser.  

En Turquie tout le monde semble avoir gagné  les élections locales de dimanche...    Du côté du pouvoir, le quotidien Sabah, par exemple dans son éditorial estime qu'avec une majorité de près de 52% des votes en faveur des candidats de son parti aux municipales le président Erdogan peut se féliciter d'une vraie victoire, une de plus, et qui le conforte largement. C'est à peine si l'éditorial du quotidien mentionne en passant la perte d'Ankara, la capitale - passée à l'opposition pour la première fois depuis 25 ans. 

Dans les colonnes de Hürriyet, le grand quotidien historique du pays récemment racheté par un groupe proche du pouvoir, l'éditorialiste Yusuf Kanli mentionne bien la perte des grandes villes et notamment de la principale : Istanbul et ses 16 millions d'habitants, 10 millions d'électeurs. et qui elle aussi pour la première fois en un quart de siècle a basculé en dehors du giron d'Erdogan. Un résultat d'ailleurs très serré : 30000 voix d'écart à peine et qui sera manifestement contesté par l'AKP, le parti d'Erdogan, assure Yusuf Kanli.

En l’occurrence, souligne Amberin Zaman sur le site Al Monitor, c'est très probablement le vote kurde qui a permis cette victoire de l'opposition à Istanbul. Les Kurdes qui constituent près de 12% de la population de la ville et qui normalement votent plutôt HDP, le parti pro-kurde, ont cette fois - et sur instruction de leur parti - manifestement apporté massivement leur soutien au candidat kémaliste du CHP qui s'opposait à celui d'Erdogan, permettant à Ekrem Imamoglu de remporter la mise, ce qui devrait faire de lui le nouveau maire d'Istanbul.

En Grande Bretagne, enfin ,  le "non" l'a à nouveau emporté hier soir :  "The Noes have it ! " comme aime désormais à le répéter le speaker de la chambre John Bercow. la Chambre des Communes a en effet rejeté hier soir toutes les propositions alternatives à l'accord de sortie de l'UE négocié par Theresa May... "Pour la cinquième fois, la chambre des Communes a montré qu'elle savait ce dont elle ne voulait pas... mais aussi qu'elle ne sait toujours pas ce qu'elle veut", note, lapidaire Martin Kettle dans les colonnes du Guardian. "Juste au moment où on se dit qu'on ne peut probablement pas faire pire en matière de dysfonctionnement... la Chambre des communes nous montre que si ", renchérit sur le même ton le site Politico. Résultat de quoi, "avec moins de 11 jours avant l'échéance du Brexit, le pays n'a toujours pas de plan qu'il pourrait présenter aux 27 de l'UE pour les décider à autoriser une prolongation de la période de négociation"... La perspective d'un "no deal", d'une sortie de l'Union sans accord semble donc se préciser.

"Un Brexit dur parait presque inévitable" titre pour sa part le site Euractiv, reprenant la remarque de Guy Verhofstadt, le leader des libéraux au Parlement Européen hier soir. Il reste une petite chance de l'éviter, poursuit-il : "ce serait que le gouvernement de Theresa May produise un ultime texte d'accord et obtienne de la Chambre qu'elle le vote cette semaine". Ce qui semble très douteux.

"Ils sont nombreux au sein du gouvernement britannique a croire qu'une élection générale anticipé est désormais de plus en plus probable", même si personne n'en veut, note pour sa part The Independant et d'ailleurs, poursuit le quotidien, Theresa May a convoqué pour ce mardi matin une réunion de son cabinet restreint sur 5 heures, bien au delà des 90 minutes normalement dévolues aux affaires courantes... le principe d'une élection anticipée y devrait être débattu.  "Si la Chambre  refuse à nouveau - pour la quatrième fois - d'entériner l'accord cette semaine , une élection anticipée devient très probable... mais le cas échéant, note encore The Independant, "le Premier Minsitre devra demander à l'UE une extension longue de la période de négociation... ce a quoi l'Europe devrait accéder, le bloc ayant déjà signifié qu'il  était d'accord pour prolonger la période de négociation en cas d'élection anticipée ou de nouveau référendum". Mais cela obligera sans doute aussi le Royaume Uni à prendre part aux élections européennes du 23 Mai.

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