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Arthur Lima nouveau président de la chambre basse du Parlement brésilien, Brasilia le

Au Brésil, Jair Bolsonaro reprend la main sur le Parlement

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Le président brésilien Jair Bolsonaro place des alliés à la présidence des 2 chambres du Parlement, ce qui éloigne les menaces de destitution et lui assure plus de soutien pour préparer sa réélection. Les dirigeants des îles du Pacifique s'entredéchirent faute de pouvoir se rencontrer en personne.

Arthur Lima nouveau président de la chambre basse du Parlement brésilien, Brasilia le
Arthur Lima nouveau président de la chambre basse du Parlement brésilien, Brasilia le Crédits : Sergio Lima - AFP

Au Brésil l'horizon politique s'éclaircit pour Jair Bolsonaro.

Deux bonnes nouvelles ce lundi soir pour le président d'extrême-droite brésilien : le Parlement désignait les nouveaux présidents des deux chambres et ce sont les deux candidats soutenus par la présidence qui ont été élus. 

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Pour les détails, on s'en remettra à la chaîne G1 : au Sénat, c'est Rodrigo Pacheco qui a été élu, à la Chambre des députés c'est Arthur Lira, tous deux sont centristes mais dans l'acception brésilienne du terme où le centre regroupe toute une myriade de petits partis conservateurs, prêts à toutes les alliances pour obtenir des postes et des avantages. 

Au Sénat, poursuit G1, Pacheco a réussi l'exploit de fédérer derrière sa candidature de compromis les voix du Parti des Travailleurs, la gauche, et celles des alliés de Jair Bolsonaro. A la Chambre des députés, Arthur Lira a battu le candidat soutenu par Rodrigo Maia, l'ancien président de la Chambre, qui était aussi et surtout l'un des plus virulents adversaires du président d'extrême-droite. 

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Avec la défaite du camp Maia, écrit Miriam Leytao dans son billet pour O Globo, on peut considérer comme enterrées les quelques soixante plaintes en destitution qui avaient été déposées contre Jair Bolsonaro pour sa gestion calamiteuse de la pandémie. Il faut dire que Rodrigo Maia en avait fait son cheval de bataille, voire même son obsession, et que, vu que son successeur a été élu avec le soutien du président, et qu'il va désormais avoir les clés du calendrier législatif, il y a fort à parier que ces procédures en destitution n'arriveront jamais devant les parlementaires. 

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On comprend dès lors bien pourquoi, comme le note le magazine Veja, Jair Bolsonaro a passé la soirée de lundi à multiplier les messages de satisfaction et de félicitations aux nouveaux hommes forts du Parlement. Car au-delà de cette question des menaces de destitution à son encontre, le chef de l'Etat compte aussi sur ces nouveaux soutiens au Parlement pour préparer sa réélection dans deux ans. Pour cela, nous dit La Folha de Sao Paulo, il aura besoin surtout du président de la chambre basse, Arthur Lira, pour bloquer la création d'une commission d'enquête parlementaire sur sa gestion de la crise sanitaire. Il aura également besoin de lui, renchérit El Pais Brasil, pour faire enfin voter le budget 2021 et la reconduction du plan d'aide d'urgence aux Brésiliens les plus démunis qui était jusque là bloqué par les tensions entre les deux chambres et la présidence. 

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"Avec les deux présidents du Parlement dans son camp, Bolsonaro va considérablement se faciliter la tâche pour préparer sa réélection" sans véritables obstacles politiques, écrit cette fois Bryan Harris dans The Financial Times. Mais attention tout de même aux élections fédérales de l'an prochain : "le coût politique de tous ces marchandages mis en place par le président pour survivre à chaque scrutin devient tel, que cela pourrait finir par se retourner contre lui".  

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Et puis il y a aussi des questions sur la moralité du nouveau président de la Chambre des députés : Arthur Lira, nous rappelle L'Estadao de Sao Paulo, est visé par deux enquêtes devant la Cour Suprême pour des soupçons de corruption passive et d'appartenance à une organisation criminelle. Apparemment cela n'a pas empêché qu'il soit élu au perchoir mais il n'est, par contre, pas autorisé à suppléer le président (comme c'est prévu dans l'ordre protocolaire de succession), quand ce dernier et son vice-président quittent le territoire national ou ne peuvent plus assumer leurs fonctions. De toute façon, avec son élection lundi, les enquêtes contre Arthur Lira se retrouvent suspendues... mais tout ça, il faut bien le reconnaître, ne redore pas vraiment le blason de la présidence Bolsonaro.   

Direction à présent les îles de l'Océan Pacifique où la discorde s'installe dangereusement. 

C'est The Guardian qui nous fait plonger dans les affres du multilatéralisme océanien avec la réunion ce mardi, du Forum des îles Pacifiques, une organisation qui regroupe les pays allant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à la Micronésie en passant par les îles Marshall, la Polynésie française et autres atolls, archipels et confettis sur le plus vaste des océans du globe. 

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Ce Forum est fondamental pour fédérer tous ces micro-Etats qui, seuls, ne pèsent quasiment rien mais partagent beaucoup de choses tout en étant géographiquement très éloignés les uns des autres. La tradition veut que les chefs d'Etats qui s'y retrouvent passent beaucoup de temps à se parler, en tête à tête, à régler les différents et à dénouer les tensions en discutant au cours d'une marche sous les palmiers. On appelle cela "le Talanoa, l'art de la conversation et du consensus", professe Ben Doherty du Guardian... et tout cela est fragilisé depuis un an par le Covid-19 et l'impossibilité d'organiser des rencontres en personne (car bien sûr la réunion du Forum ce mardi a lieu en visio-conférence, faute de mieux). 

Conséquence, ça n'a pas manqué cet automne : des tensions ont commencé à poindre autour de la désignation du nouveau secrétaire général du Forum. Selon la tradition, ce serait au tour des Etats de Micronésie de désigner quelqu'un issu de leurs archipels, mais ils font face à la concurrence d'autres candidats issus d'autres régions du Pacifique, de la Polynésie, des Tonga, des îles Cook, de Mélanésie, etc. Du coup, les Micronésiens menacent (rien de moins que) de quitter le Forum si leur tour de rôle n'est pas respecté et donc, si leur candidat n'est pas élu.  

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Il aura fallu à peine un an sans se voir, conclut l'article du Guardian, pour que la tradition du Talanoa, du consensus en bonne intelligence, se craquelle et menace de voler en éclat. D'où l'importance de se voir, en vrai, pour désamorcer les tensions et éviter les incompréhensions... mais tout ça ne vous surprendra pas beaucoup, si vous goûtez aux joies du télétravail.

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