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Donald Trump devant l'église St John incendiée à Washington le 1er Juin 2020

Donald Trump fait le pari de l'escalade des tensions raciales

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Une semaine après la mort de George Floyd asphyxié par des policiers, Donald Trump a pris la parole lundi pour menacer de déployer l'armée face aux manifestants violents qu'il accuse de "terrorisme intérieur". Qu'en disent les correspondants de la presse européenne à Washington ?

Donald Trump devant l'église St John incendiée à Washington le 1er Juin 2020
Donald Trump devant l'église St John incendiée à Washington le 1er Juin 2020 Crédits : Brendan Smialowski - AFP

Ce matin nous nous arrêtons sur une photo qui s'affiche à la Une des journaux américains mais aussi européens.

Cette photo, c'est celle de Donald Trump, l'air fermé et martial, qui pose une bible à la main devant une église que l'on devine endommagée par les dernières nuits de colère à Washington. 

Une image très travaillée (on va revenir sur ses coulisses dans un instant) et saturée de messages politiques. Une réponse, en fait à tous ceux, et ils étaient très nombreux dans la presse mondiale ces derniers jours, qui se demandaient quelle posture allait prendre le président américain quand il reprendrait officiellement la parole (hors tweets innombrables et incendiaires), une semaine après la mort de George Floyd.

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Trump a donc prononcé une allocution, le lundi sur le parvis de la Maison blanche ; Hubert Wetzel le correspondant de la Suddeutsche Zeitung allemande à Washington, en retient que la posture de Trump dans cette tempête, pour ceux qui en doutaient, c'est celle du "Law and Order president", le président intraitable qui rétablira coûte que coûte "la loi et de l'ordre" selon la doctrine appliquée par Richard Nixon dans les années 70 face, déjà, au mouvement des droits civiques : plus de police, plus de criminalisation des mouvements populaires, l'armée s'il le faut pour "protéger les bons citoyens" contre les "professionnels de l'anarchie" qui tentent, à l'entendre, de "terroriser de l'intérieur " l'Amérique.  

En clair, « Donald Trump fait le pari de l'escalade » des tensions et des violences.

C'est ainsi que l'analyse Hubert Wetzel de la Suddeutsche Zeitung, avant de nous raconter qu'au moment de l'allocution présidentielle, des policiers à cheval matraquaient les manifestants pacifiques qui se trouvaient sur les rues adjacentes à la Maison Blanche ; on pouvait littéralement entendre les déflagrations de grenades lacrymogènes derrière le discours du président.

C'est Griffin Connoly de The Independent qui prend le relais dans le récit : Donald Trump, après son discours, a quitté la Maison blanche a pied pour rejondre l'église voisine St John qui avait été brièvement incendiée en marge d'echauffourrés dimanche soir. Pour faire place nette, ses services de sécurité ont aspergé de gaz au poivre des centaines de manifestants réunis sur Lafayette Street. 

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Le but de cette promenade bucolique : le président voulait s'offrir une séance de pose photo, s'offrir (on y revient) cette image de lui devant l'église incendiée, visage déterminé et bible à la main. On imagine déjà comment ce cliché si fort s'integrera au spot de campagne du candidat à sa propre réélection en novembre ; il faudra alors se souvenir que l'église a à peine été abimée ces dernières nuits, qu'elle se trouve à deux pas de la Maison Blanche, et que pour cette image, des personnes qui exerçaient pacifiquement un droit démocratique ont été violentées, arrêtées... méprisées, finalement, par le bulldozer de la communication présidentielle. On apprendra en plus, dans Der Spiegel, que Donald Trump n'a même pas fait mine de vouloir entrer dans l'église, il n'a fait que poser pour la photo et repartir... d'ailleurs la pasteure en charge de cette église a fait savoir qu'elle réprouvait une telle instrumentalisation politique de son lieu de culte.

« Donald Trump veut etouffer les manifestations en menaçant d'envoyer l'armée », ça c'est ce qu'on lit dans El Pais en Espagne.

Plus précisément c'est ce qu'on lisait, puisque le quotidien de Madrid a modifié au petit matin ce titre sur son site internet. Il faut dire que la formule "etouffer les manifestations" était pour le moins osée, juste à côté d'un autre article où l'on nous apprenait que la contre-autopsie de George Floyd, demandée par sa famille, démontre que sa mort est bien un "homicide du à une asphixie causée par une pression excessive et prolongée sur sa poitrine et son cou"

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Ces "8 minutes et 46 secondes" durant lesquelles un policier blanc appuyé son genou sur le cou de l'afro-américain, alors que celui-ci criait qu'il n'arrivait plus à respirer, qu'il allait mourir : même quand Floyd a perdu connaissance, le policier n'a pas relâche son étreinte, nous révèle un document vidéo trè fort réalisé par The New York Times sur ces 8 minutes fatales, un document que je ne saurais que trop vous recommander, même si les images restent, une semaine plus tard, toujours aussi difficiles à soutenir.  

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Pour Valérie de Graffenried, à Washington pour Le Temps suisse, c'est désormais clair, "Donald Trump n'a toujours pas l'intention de s'ériger en président rassembleur" ; sa réponse se résume en deux notions : "l'usage de la force et la menace". Il s'attaque aux émeutes mais pas au fond du problème, à savoir "la réalité des britalités policières à l'égard des Noirs et le fait que les Afro-américains souffrent de discriminations et sont souvent économiquement plus défavorisés".

Heureusement l'Amérique ne se résume pas à son président, tout comme la police américaine ne se résume pas à ces 4 agents qui ont causé la mort de George Floyd (et dont tous, il faut le rappeler, ne sont pas encore poursuivis par la Justice). La Repubblica italienne a fait le choix de dépêcher son envoyé spécial Federico Rampini non pas à Washington mais à Flint, dans le Michigan. Il y a rencontré le sheriff de la ville, Chris Swanson, ce chef policier blanc qui, dimanche a rejoint les manifestants pour leur exprimer sa solidarité et marcher avec eux. 

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« Il est temps de faire l'Histoire, ensemble », voilà ce qu'il déclare à la Repubblica. Et Chris Swanson n'est pas seul, des centaines de policiers ont fait le même choix que lui. La presse américaine et internationale les met eux aussi en avant ce mardi, comme s'il ne fallait surtout pas laisser toute la place à l'homme de la Maison blanche.  

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