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Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron

L'OTAN en "mort cérébrale" : faut-il prononcer le décès ?

5 min
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Le pronostic vital engagé par E. Macron résonnera fortement à Londres où s'ouvre le sommet des 70 ans de l'OTAN : appel au sursaut ou condamnation à mort de l'Alliance atlantique ? En Angleterre des cheminots en grève jusqu'au Nouvel an contre la suppresion des agents de sécurité dans les trains.

Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron
Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron Crédits : Bertrand GUAY - AFP

L'OTAN célèbre ses 70 ans aujourd'hui et demain à Londres avec beaucoup de questions sur l'état de santé de la septuagénaire. 

Il y a bien sûr le diagnostic volontairement provocateur lancé par Emmanuel Macron il y a un mois dans les colonnes de The Economist... "l'OTAN est en état de mort cérébrale", propos ensuite assumés par le président français la semaine dernière en présence du secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg. 

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Le "wake-up call", cet appel à un sursaut de la part des autres membres de l'OTAN sera dans tous les esprits aujourd'hui et demain à Londres, et selon le Wall Street Journal, son auteur, Emmanuel Macron devrait parvenir, avec cette prise de position préalable, à "éclipser" tous les autres débats prévus à l'ordre du jour. 

Vu par l'analyste américain Joshua Keating, pour Slate on peut dire que Macron réussit la prouesse de faire jeu égal avec Donald Trump... dans le rôle peu enviable du "leader qui tape sur les nerfs de tout le monde". Est-ce constructif, est-ce que ça peut mener à un sursaut, une prise de conscience de l'urgence à réanimer la vieille OTAN, ou bien à prononcer son décès une bonne foi pour toutes ? Joshua Keating en doute sérieusement. 

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D'autant, comme l'écrit John R Deni sur Newsweek.com, que ce "sommet des leaders" de l'OTAN sera tout sauf ce qu'indique son intitulé. Car cette réunion devrait manquer terriblement, justement, de leadership : les dirigeants présents sont tous affaiblis dans leur propre pays : Donald Trump par l'enquête en impeachment qui le vise ; Angela Merkel par une énième crise interne qui menace (à croire à nouveau le Wall Street Journal) la survie même de sa "grande coalition" de gouvernement ; Boris Johnson qui n'est pas sûr d'être toujours Premier ministre du Royaume-Uni dans dix jours ; et enfin Emmanuel Macron lui-même, mal placé pour donner de leçons au monde libre à deux jours d'une mobilisation sociale en forme de crash-test pour son mandat.  

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Mais alors qui reste-t'il pour mener les débats à Londres ?  Peut-être celui que tout le monde désigne comme le membre-renégat de la famille OTAN, le président turc Recep Tayyip Erdogan : lui est droit dans ses bottes, peu soucieux de contestation dans son pays, et il a tout intérêt à jouer à fond "la carte du mouton noir", selon le spécialiste de géopolitique turc Suleyman Özerem cité par le site d'info indépendant Ahval. En se mettant à dos tous les membres européens de l'Alliance, en répondant à Emmanuel Macron que "c'est peut-être [lui] qui est en état de mort cérébrale", Erdogan chercherait à s'attirer les faveurs d'un Donald Trump lui-même très remonté depuis trois ans contre l'OTAN. 

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On se retrouve donc dans une situation paradoxale : les présidents français, américain et turc, depuis des mois (et chacun dans son registre) rivalisent d'oeillades à Vladimir Poutine, d'invitations au rapprochement avec la Russie, mais chacun semble vouloir être celui qui, le premier, s'attirera les faveurs du Kremlin.

"La Russie n'est plus l'ennemi" déclairait également Enmmanuel Macron il y a un mois à The Economist : dès lors, à quoi bon maintenir en vie artificiellement l'OTAN qui est un pur produit de la guerre froide ? La fête d'anniversaire aujourd'hui et demain à Londres risque bien de virer à la réunion de famille houleuse...  pour ou contre l'arrêt des soins.

Une grève des cheminots qui promet de durer jusqu'à Noël : ça vous évoque certainement quelque chose, mais ce n'est pourtant pas de la France dont il est question...

... Enfin pas directement : cette grève des cheminots qui promet de durer jusqu'à Noël et au-delà,  c'est en Angleterre qu'elle se déroule.  Plus précisément, comme nous l'indique la chaîne SkyNews, dans le Sud-Ouest, région couverte par la South Western Railway Company, société privée issue des grandes privatisations du secteur ferroviaire britannique dans les années 90. Les employés de la compagnie ont donc cessé le travail ce lundi sur un préavis qui court jusqu'au 1er janvier.

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"27 jours de misère" pour les usagers, comme titre The Guardian, mais aussi 27 jours d'affirmation collective, de la part des grévistes, contre une réforme qui n'est pas sans rappeler des choses à nous autres Français : les cheminots de la South Western refusent qu'on leur impose de faire circuler désormais leurs trains avec seulement le conducteur à bord, sans deuxième agent dédié à la sécurité des passagers. Exactement la même revendication que leurs confrères français il y a quelques semaines après un accident qui avait fait 11 blessés dont le conducteur, seul à bord pour gérer l'urgence et éviter un drame pire encore. 

Pour revenir à la grève britannique, 27 jours ça couvre tout le mois de décembre alors que le Royaume-Uni est en pleine campagne législative. Ca donne ce dessin de presse, signé Paul Thomas pour The Daily Mail :  des quais de gare noirs de monde,  des panneaux qui annoncent "retard estimé à 27 jours", et cet usager qui explique qu'il a fait une procuration pour le vote du 12 décembre au cas où il serait toujours bloqué à quai ce jour-là. 

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Je vous épargne (presque) les forcément nombreux micro-trottoirs de Britanniques se plaignant de voir leurs déplacements compliqués par la grève ; je note tout de même que je n'ai lu ou entendu nulle part le terme de "prise d'otage" dans la bouche de ces usagers. La BBC donne même la parole à une dame qui soutient malgré tout le mouvement : elle explique qu'elle est du côté des agents qui font grève pour ne pas qu'on les enlève des trains.  "Bien sûr que la grève va causer des désagréments pour les usagers, mais c'est pour leur sécurité que se battent les cheminots, et personne dans les médias n'explique ça", remarque cette Britannique. 

SkyNews, enfin, nous explique que si on en est arrivé à ce préavis de grève de 27 jours, c'est parce que les négociations menées au préalable n'ont rien donné : le principal syndicat le RMT accuse le gouvernement conservateur qui a la main sur les budgets ferroviaires d'avoir des arrières-pensées politiques le poussant à vouloir faire durer la grève... au moins jusqu'au 12 décembre, jour des élections.

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