LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Donald Trump en meeting à Butler, Pennsylvanie le 31/10/20

"Election Day" aux Etats-Unis, pays au bord de la crise de nerfs

5 min
À retrouver dans l'émission

C'est donc ce mardi que les électeurs américains élisent leur prochain président, au terme d'une campagne qui a exacerbé toutes les tensions et dont l'issue inquiète sincèrement tous les observateurs. A tel point que de nombreux journaux livrent des conseils pratiques pour ne pas devenir fou...

Donald Trump en meeting à Butler, Pennsylvanie le 31/10/20
Donald Trump en meeting à Butler, Pennsylvanie le 31/10/20 Crédits : Jeff Swensen - AFP

Ce matin on voudrait se laisser hypnotiser par les comptes à rebours qui égrènent les dernières minutes avant "l'Election Day" américain.

Il a quelque chose de vertigineux, ce temps zéro qui se rapproche, en page d'accueil de nombreux sites de journaux américains à commencer par le Los Angeles Times. Ça fait plus d'un an que ces comptes-à-rebours ont été installés là pour entretenir la tension dramatique jusqu'au D-Day et on peut dire que c'est réussi :  l'hystérie collective atteint de tels sommets que les mêmes journaux cherchent aujourd'hui plutôt comment faire retomber la pression.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce mardi, quoi qu'il arrive à l'issue de cette présidentielle américaine, des millions de citoyens des Etats-Unis vont voter pour Donald Trump (reste à savoir s'ils seront les plus nombreux dans les Etats qui compteront le plus). Je formule volontairement l'enjeu comme ça (celui du vote Trump et de ses ressorts) parce qu'il faut bien le dire : à force de lire pour vous la presse (New York Times, Washington Post et consorts)  globalement très critique à l'égard de l'actuel président, on en oublierait presque comment des dizaines de millions de personnes pourraient sincèrement vouloir prolonger l'expérience 4 ans de plus.

Pour se remettre face à cette réalité, rien de mieux que de zapper sur FoxNews, et d’écouter Tucker Carlson, son présentateur-vedette quoique régulièrement critiqué pour son conservatisme viscéral, ses appels à peine déguisés à la haine raciale, sa haine de tout ce qui peut ressembler à des idées de gauche et son soutien zélé à Donald Trump. Mais aujourd'hui, c'est justement ça qu'on lui demande : un concentré de rhétorique pro-Trump... et ça tombe bien, c'est ce qu'il se faisait un devoir de nous délivrer dans son émission hier soir. 

Tucker Carlson évoque les électeurs de la petite ville de Butler, Pennsylvanie où Trump était en meeting samedi : un électorat ouvrier frappé de plein fouet par la désindustrialisation, le chômage et la dépendance aux opioïdes qui y fait des centaines de morts chaque année. C'est cet électorat qui dans la Rust Belt du Nord-Est des Etats-Unis avait fait gagner Trump il y a quatre ans. "Des millions d'Américains comme eux, clame donc Carlson, aiment sincèrement Donald Trump, en dépit de tout ce qu'ils lisent et savent sur lui. Ils ne se font aucune illusion sur le personnage, non, mais ils l'aiment quand même, tout simplement parce que personne d'autre ne les aime, eux. Ce pays qu'ils ont construit de leurs mains, pour lequel leurs ancêtres se sont battus, les laisse mourir à petit feu dans leurs villes abandonnées, moqués, méprisés par ces petits imbéciles ricaneurs et diplômés en finance qui ont pris tout le pouvoir dans ce pays".

Le présentateur de FoxNews termine son plaidoyer en expliquant que "malgré tous les torts de Donald Trump, ses électeurs l'aiment parce que lui au moins ne les déteste pas à cause de leur faiblesse. Il est, résume Tucker Carlson, plus encore qu'il y a quatre ans, un bras d'honneur envoyé à l'establishment politique" tant détesté. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Finalement, on le comprend, rien n'a changé depuis 2016, dans le discours en tous cas. Le fonds de commerce reste le même, et bien malin qui peut affirmer que la recette ne fonctionnera pas cette fois encore. Le système électoral américain est tellement retors, "la démocratie est un processus tellement chaotique", comme le professe l'édito du jour de la Chicago Tribune (et les médias n'ont tellement pas envie de se tromper dans les grandes largeurs comme en 2016) que personne ne se risque à des pronostics. Plutôt à des incantations aux électeurs indécis, sur tous les modes : "The time is now, Dump Trump", débarrassez-nous de Trump, implore The Nation ; "votons pour en finir avec les mensonges et l'illégalité de la présidence Trump", supplie l'édito du Washington Post.

Mais de toute façon, quels que soient les résultats qui se dessineront la nuit prochaine, il ne faut pas se faire d'illusions, d'après Nathalie Baptiste de Mother Jones :  il y a fort à parier que Trump va prendre tout le dépouillement de court en proclamant sa victoire unilatéralement. De toute façon, note la journaliste, "proclamer des contre-vérités au mépris de toute évidence et de toute réalité factuelle, n'est pas ce qu'il a fait pendant toute sa présidence, depuis le jour de son investiture ?"

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Car Donald Trump, estime Barton Gellman pour The Atlantic, prépare rien de moins qu'un "hold-up sur cette élection" : "ces derniers mois, il n'a pas fait campagne pour être réélu, il a fait campagne contre l'élection, rageant contre le vote à distance", contre les listes électorales, contre tout le processus démocratique finalement. Et "sa rage ne s'éteindra pas avec les résultats quels qu'ils soient", s'inquiète Gellman qui voit parmi les scénarios qui se dessine un vrai risque de coup d'état électoral dans les jours qui viennent. 

Est-ce là un délire complotiste alimenté par cette élite démocrate et ses médias menteurs pour faire peur à son électorat, comme pourrait le suggérer Tucker Carlson sur FoxNews ? Les prochaines heures nous le diront. Mais, en attendant, si vous aussi vous saturez de tant de tension et d'angoisse électorale, rassurez-vous : selon le New York Times vos n'êtes vraiment pas seul. De nombreux Américains se sont jurés de se coucher tôt ce soir ou en tous cas de ne pas suivre la soirée électorale, de débrancher les téléphones pour souffler un peu.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Eh oui, la méditation, le repli dans une bulle de (rare) sérénité, c'est aussi ce que prescrit le Los Angeles Times à ses lecteurs proches de la crise de nerfs. "Ecoutez de la musique qui vous fait du bien, faites à manger, occupez-vous de vos proches... mais par pitié ne cédez pas au vortex anxiogène que vont devenir les réseaux sociaux dans les heures qui s'annoncent". Il en va, apparemment de la santé mentale de tout un pays.

Chroniques
7H40
43 min
L'Invité(e) des Matins
L’université, au carrefour des crises avec Jean Chambaz et Pascale Dubus
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......