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Juan Carlos, roi d'Espagne de 1975 à 2014

Espagne: soupçonné de corruption, l'ancien monarque Juan Carlos décide de quitter le pays

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L'ex-roi affirme vouloir ainsi faciliter l'exercice des fonctions de son successeur (et fils), et déclare rester à la disposition du parquet. Dans cette revue de presse internationale, nous évoquons également le Portugal, où une récente affaire de meurtre relance le débat sur le racisme.

Juan Carlos, roi d'Espagne de 1975 à 2014
Juan Carlos, roi d'Espagne de 1975 à 2014 Crédits : JAIME REINA / AFP - AFP

Juan Carlos a été roi d'Espagne entre 1975 et 2014, avant de céder la place à son fils Felipe VI.  L'ancien monarque est visé actuellement par une enquête. Il est soupçonné d'avoir reçu une commission conséquente de l'Arabie saoudite lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.  Juan Carlos a donc décidé de quitter l'Espagne. On ne sait pas encore précisément dans quel pays il va se rendre.  Selon son avocat, il reste à la disposition du parquet et ne cherche pas à fuir la justice.

Le sujet fait la une de la presse hispanophone. La première question qui se pose est de savoir pourquoi véritablement Juan Carlos prend cette décision.

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Selon le journal El Mundo, il désire ainsi soulager Felipe VI de sa présence.  Pour le quotidien, "Juan Carlos facilite les choses pour son fils et successeur en acceptant ce départ. Pour tenter de réduire la pression que la Couronne subit maintenant depuis des mois, l'ancien monarque a préféré partir".

El Mundo rappelle que Felipe VI a voulu "dès le mois de mars", dès la révélation de l'affaire, marquer une rupture avec son père notamment en annonçant qu'il "renonçait à l'héritage", ceci "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne". Ce sont des décisions nécessaires car, écrit le journal, "ce qui ne fait malheureusement aucun doute, c'est que Juan Carlos s'est comporté dans les dernières années de son règne d'une manière incompatible avec la grandeur et la dignité de l'institution".

L'analyse est confirmée par le quotidien argentin Pagina 12, qui évoque la lettre que Juan Carlos a envoyée à son fils pour évoquer son départ.

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Dans cette lettre, "Juan Carlos ne se défend pas et n'explique pas les accusations de frais et de blanchiment d'argent portées contre lui (...) le texte ne permet pas non plus de nier que c'est son fils qui a exigé qu'il prenne la décision de partir".

L'autre grande question qui se pose est la suivante: le régime de monarchie parlementaire espagnol est-il menacé par cette affaire ?

Ce sujet est traité en longueur dans le journal El Pais.

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Voici ce que l'on peut lire par exemple dans un éditorial du journal : "La conduite décevante et peu exemplaire de Juan Carlos Ier au cours des dernières années de son règne ne peut nous faire oublier sa contribution irremplaçable au progrès et à la liberté du peuple espagnol pendant près d'un demi-siècle. C'est pourquoi ceux qui profitent de la chute de sa grâce pour rouvrir le débat sur la monarchie doivent se demander si, au-delà de la légitimité de la revendication républicaine, celle-ci dispose désormais d'un consensus social et parlementaire suffisant(...). Les données indiquent le contraire. Il est donc irresponsable, conclut cet éditorial, d'alimenter la crise institutionnelle à un moment où le pays a besoin de stabilité".

Dans El Pais toujours, une autre analyse en longueur s'interroge.

"L'histoire finira par juger de la place de Juan Carlos (...) restera-t-il un héros de la Transition ou sera-t-il davantage évalué pour ses activités privées et ses scandales. Ou, plus probablement, par un mélange des deux dimensions. L'important, écrit El Pais, est de vérifier que les institutions qu'il a tant contribué à construire peuvent survivre. Il appartiendra maintenant à Felipe VI de piloter l'entrée dans une autre phase". C'est ce qu'écrit Fernando Vallespin.

La revue de presse nous emmène maintenant dans un pays voisin de l'Espagne, le Portugal, où une affaire de meurtre lance dans la société actuellement un vrai débat sur la question du racisme.

Les faits sont les suivants. Ils nous sont racontés notamment par le magazine d'information portugais hebdomadaire Visao.  Bruno Candé Marques, acteur noir de 39 ans, a été abattu le 25 juillet par quatre coups de feu. 

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L'auteur présumé des faits âgé de 76 ans aurait peut-on lire "déjà menacé de mort la victime trois jours auparavant, en proférant plusieurs insultes racistes". C'est ce qu'affirme la famille de l'acteur dans une déclaration.  L'homme interpellé, lui, conteste le caractère raciste du meurtre.

Mais l'affaire en tout cas révèle, réveille, quelque chose au Portugal.

La société s'empare du sujet. Il y a eu ces derniers jours  des manifestations pour rendre hommage à Bruno Candé et aussi dénoncer le racisme. Selon Radio Renascença "plus de 200 personnes étaient réunies samedi à Porto avec des pancartes. Le racisme tue, Nier le racisme, c'est du racisme, Ce n'est pas seulement aux États-Unis: Black lives matter...

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De son côté le parti de droite nationaliste Chega a lui aussi organisé un rassemblement, nous apprend le site Publico. Quelques centaines de personnes ont défilé dimanche en fin d'après-midi avec comme mot d'ordre: le Portugal n'est pas raciste.

Pour l'éditorialiste Fernanda Cancio, dans le quotidien Diario de Noticias, il est urgent pour le pays de s'interroger sur lui-même.   Selon elle alors que "le racisme devrait être un fait admis, alors que les hommes politiques et la société en général devraient y réfléchir, en essayant de trouver des moyens de le combattre, il est cependant constamment nié". 

"L'inertie qui en résulte a créé le bouillon culturel idéal pour l'irruption d'un discours politique virulent qui assume la discussion sur le racisme comme une insulte au pays", conclut-elle.

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