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Train 'shramik spécial" affrêté dans le Rajasthan le 4 mai 2020

La crise du coronavirus met des millions de travailleurs indiens sur les routes

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L'Inde est confrontée à un double phénomène migratoire : des millions de travailleurs pauvres de l'intérieur et de l'extérieur se retrouvent sans emploi et fuient la pauvreté vers leur Etat natal. Des centaines de trains, bateaux et avions sont affrêtés, mais qui payera la facture ?

Train 'shramik spécial" affrêté dans le Rajasthan le 4 mai 2020
Train 'shramik spécial" affrêté dans le Rajasthan le 4 mai 2020 Crédits : HIMANSHU SHARMA - AFP

En pleine épidémie de Covid-19, l'Inde se retrouve confrontée à un double flux migratoire inédit.

Migration intérieure et extérieure : deux types de mobilité qui sont des phénomènes structurants dans la société indienne, mais qui se retrouvent combinés en ces temps de crise.

D'abord voyons les migrations de l'intérieur, avec le quotidien The Tribune of India : des millions de travailleurs pauvres, venus des différents Etats ruraux du pays dans les villes pour y trouver du travail saisonnier, se sont retrouvés sans revenu mais aussi sans logement, livrés à eux-mêmes et à la faim.

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The Tribune nous alerte sur l'importance de cette pauvreté extrême qui s'est développée dans les principales villes : à Dhandari, des centaines de travailleurs démunis ont bloqué une autoroute urbaine ce lundi pour dire leur colère contre un gouvernement indien qui ne leur fournit même pas une ration alimentaire par jour et les laisse donc mourir de faim dans la rue.

La BBC, elle, nous rappelle que depuis la mi-avril les manifestations se multiplient, dans les villes industrielles, d'ouvriers sur le carreau qui exigent du même gouvernement qu'il affrête des trains pour les renvoyer dans leurs Etats d'origine, là où ils ont une famille et de quoi survivre à la crise.

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Eh bien les voilà donc, ces trains spécial migrants piégés de l'intérieur, les "shramiks specials", littéralement "trains de travailleurs" comme on les appelle : depuis le week-end dernier, les chemins de fer indiens ont commencé à en faire rouler des dizaines, depuis Mumbaï et New Delhi en particulier.. ; en tout selon la magazine en ligne The Wire, il devrait en partir plus de "500 ces deux prochaines semaines". 

Mais la question se pose, de savoir qui doit payer pour ces rapatriement ? La polémique, nous explique le Times of India, est venue de l'opposition indienne, le parti du Congrès qui a accusé le gouvernement Modi de vouloir faire payer le billet retour aux travailleurs migrants, alors même qu'ils n'ont plus depuis des semaines de quoi s'acheter un bout de pain. Un procédé "inhumain" selon le Congrès, menée par Sonia Ghandi qui a offert de régler la facture via un appel aux dons.

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Au final le premier ministre Narendra Modi semble avoir renoncé : à présent les compagnies de train indiennes voudraient que ce soient les administrations des Etats où sont renvoyés les shramiks qui financent les "shramik specials".

Voilà pour les trains des centaines de milliers d'Indiens émigrés de l'intérieur... mais pour ceux de l'étranger, il va falloir des avions : "700 avions et 14 bateaux mobilisés" selon les prévisions du Wall Street Journal, pour ramener en Inde environ 250 000 travailleurs indiens émigrés. 

Eux aussi ont perdu leur emploi par milliers avec le ralentissement général de l'économie. Eux aussi se retrouvent piégés sans ressources dans les pays qui sont friands de main d'oeuvre indienne à bas coût, à commencer par les Emirats Arabes Unis ou les Maldives. Le gouvernement indien, selon The Hindu, va donc dépêcher autour des Madives pour commencer, dès ce jeudi, trois frégates militaires de la flotte nationale pour aller récupérer et ramener ces naufragés économiques. 

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A peu près dans le même temps, cette fin de semaine, va se mettre en place un véritable pont aérien de centaines de vols donc en provenance de la péninsule arabique ; la compagnie Air India devrait mettre en place des vols spéciaux. C'est, selon The Times of India, "un rapatriement d'une ampleur encore jamais vue dans l'Histoire de l'Inde", et il se fait sous la pression des Etats du Golfe notamment qui ont menacé de sanctions les pays qui n'organiseraient pas le retour de leurs travailleurs migrants devenus improductifs et donc indésirables. 

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Et dans ce cas précis, le gouvernement Modi a été clair : les rapatriés devront payer eux-mêmes leur voyage, leur séjour en quarantaine et tous les frais d'hospitalisation en Inde s'ils ont été diagnostiqués positifs à la Covid-19.

Ensuite, se posera une autre question : que vont faire ces Indiens sans emploi une fois rentrés au pays ?

Eux aussi devraient tenter de regagner leur Etat natal, et leurs familles : les administrations locales s'y préparent, elles savent que ce double retours de travailleurs désoeuvrés va peser sur la situation sociale déjà tendus qu'ils ont à gérer.

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Mais ces Etats ont obtenu hier, rapporte The Indian Express, le retour d'une de leurs principales sources de recettes : la vente d'alcool et de tabac a pu reprendre ce lundi en Inde, après six semaines d'interdiction liée au confinement. Réouverture des débits de boisson et tabacs, donc, censée être très encadrée et distanciée selon les consignes officielles... mais qui à en croire les nombreuses vidéos et photos dont regorge la presse indienne ce mardi, on était très loin du compte : on a plutôt assisté à des scènes de foules agglutinées et même de "chaos" selon le terme utilisé par Al Jazeera.

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Et comme d'après The Hindustan Times, l'Etat de Delhi par exemple a décidé d'augmenter de 70% les taxes qu'il prélève sur les ventes d'alcool, les caisses publiques devraient se remplir à nouveau rapidement.

C'est aussi ça, le début du déconfinement à l'indienne... le pays le plus peuplé au monde, il faut le souligner, qui a pour le moment réussi à contenir l'épidémie de Covid-19 à un niveau assez limité avec 46 000 cas de contamination avérés et 1 500 décès. Bien sûr ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précautions, mais pour avoir un début d'explication à cette relative réussite indienne, il faut écouter ce qu'en dit la chaîne américaine CBSNews

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