LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le maire déchu d'Istanbul Ekrem Imamoglu

Election municipale annulée à Istanbul, l'opposition turque crie à la "dictature"

7 min
À retrouver dans l'émission

Sous la pression du parti présidentiel, la cour suprême électorale de Turquie a annulée l'élection le 31 mars de l'opposant Erkem Imamoglu. Un nouveau vote est organisé le 23 juin. Négociations commerciales Chine-USA, un "choc des civilisations" ? 40 années d'habillage sonore sur la NPR américaine.

Le maire déchu d'Istanbul Ekrem Imamoglu
Le maire déchu d'Istanbul Ekrem Imamoglu Crédits : Bulent Kilic - AFP

Que reste-t'il de la démocratie quand l'élection n'est plus un sanctuaire? 

C'est la question que pose la décision de Cour suprème électorale de Turquie, qui hier soir a ordonné que soit rejouée l'élection du maire d'Istanbul. Le 31 mars dernier, le scrutin avait donné la victoire à Ekrem Imamoglu, issu des rangs de l'opposition au président Erdogan ; c'est d'ailleurs, nous dit le quotidien Hurriyet, le parti présidentiel, l'AKP, qui avait déposé le recours contestant ce résultat. Plus d'un mois après l'élection, alors qu'Imamoglu avait pris ses fonctions mi-avril, on lui retire donc sa victoire, son mandat, et on rappelle les Stambouliotes aux urnes le 23 juin. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Alors bien sûr, en bon quotidien de référence dans un régime très regardant sur ce que publie la presse, Hurriyet se garde bien de commenter cette décision, mais reprend les arguments du pouvoir, sur des soi-disant "irrégularités" commises le jour du vote : on rappelera aussi que seulement 14 000 voix séparaient Ekrem Imamoglu de son concurrent adoubé par la présidence, Binali Yildirim, dans une ville qui compte 10 millions et demi d'électeurs.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Après, sans surprise, plus on s'éloigne de la Turquie, plus l'analyse devient critique : le site d'info Ahval, créé aux Etats-Unis par des journalistes turcs exilés en 2016, se permet par exemple de citer le maire défait Imamogu, selon qui "la Cour suprême électorale a clairement cédé aux pressions poltiques, imposée depuis des semaines par le camp présidentiel".  Ahrval remue même le couteau dans la plaie, nous rappelant qu'Istanbul est la ville la plus peuplée de Turquie, sa principale place financière, et que la défaite de l'AKP fin mars avait été vécue comme un camouflet particulièrement violent par le président en personne. D'autant que Recep Tayyip Erdogan avait entamé son ascension politique, en 1994, en se faisant justement élire maire de la méotropole. "C'était il y a vingt-cinq ans et depuis jamais Istanbul n'avait échappé à l'AKP" ajoute The Washington Post qui en conclut que oui, la défaite aux dernière municipales avait de quoi "terrifier" et faire enrager le président turc.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dès lors la solution était simple : quand vous êtes un président-autocrate, si un résultat d'élection ne vous plaît pas, et bien... vous faites revoter jusqu'à obtenir le "bon résultat". C'est en gros ce que fait Erdogan selon la chaîne publique ARD, en Allemagne où l'affaire "Istanbul" fait la Une ce matin.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La Süddeutsche Zeitung, pour résumer les réactions à la décision de la Cour suprème électorale, a choisi ce titre : "La Turquie est tout simplement une dictature". C'est une citation, en fait, d'un leader de l'opposition qui tire cette conclusion : "en Turquie il est donc autorisé de se présenter contre l'AKP, mais il est interdit de gagner."

Dans la presse nationaliste chinoise, des appels à la "résistance" face aux Etats-Unis.  

Resistance face aux méthodes toujours plus agressives déployées par Donald Trump dans les interminables négociations commerciales sino-américaines. Cela  fait des mois que celà dure, le Financial Times, la semaine dernière, annonçait la signature imminente d'un accord de libre-échange... mais depuis deux jours la Maison Blanche souffle à nouveau le froid? Trump en personne a annoncé dimanche que les droits de douanes sur les produits d'importation chinoise vont augmenter de 25% à compter de vendredi prochain. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

C'est ce qu'on appelle mettre le pistolet sur la tempe des négociateurs chinois et c'est le genre de méthode de Pékin a toujours refusées, lit-on dans The Global Times, le journal officiel du régime communiste en langues étrangères. Alors, dit le même quotidien nationaliste, "la Chine va résister aux pressions américaines", c'est le titre de l'édito du jour, dans lequel les Chinois sont évidemment présentés comme les gentils négociateurs attachés à obtenir un accord "gagnant-gagnant" face aux méchants Américains qui mutliplient les les gestes inamicaux, et les méthodes de "chantage". 

Tout aussi évidemment, si on lit la version américaine telle que reprise par The Financial Times, ce sont les Chinois qui "renient leurs engagements", et qui précipitent les négociations dans l'impasse. Résumé de la situation par le chef de la délégation américaine : "les discussions sont amicales, il y a une vraie relation de confiance qui s'est installée... le problème c'est juste qu'on recule au lieu d'avancer".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Alors vous me direz, avancer, reculer, ça dépend de quel côté de la table on se place. On a beau affirmer vouloir un accord gagnant-gagnant, difficile de faire concorder les intérets des deux plus grandes puissances commerciales au monde. Mais "attention tout de même à ne pas tomber dans la réthorique du choc des civilisations", avertit l'analyste Jessica Chen Weiss dans une tribune pour le Washington Post. Il y a cette tentation, côté américain, de faire passer les blocages sur le compte d'une soi-disant incompatibilité civilisationnelle, l'Orient et l'occident ayant deux façons de commercer, deux "idéologies" opposées et irréconciliables. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Tout ça ne tient pas, écrit donc Chen-Weiss pour qui il faut en finir avec l'essentialisation d'une Chine éternelle ou éternellement fermée au monde extérieur : ce pays-là, et c'est sans doute ce qui inquiête le plus les Etats-Unis, n'a plus rien à apprendre en matière de capitalisme globalisé et de techniques de négociations.  

La radio parle de la radio : on s'intéresse à nos confrères de la NPR, réseau de radios publiques américaines, dont la matinale vient de changer d'habillage sonore... et ça crée une petite révolution chez les auditeurs.  

A te point que le New York Times en a fait un article hier lundi, jour du grand changement. Il faut dire que cet indicatif-là n'avait pas été modifié depuis 40 ans.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pas de doute, on est bien en 1979, c'est cosy, c'est chaleureux, ça évoque un générique de série télé familiale de l'époque ou une publicité Ricoré. Tout un univers, nous dit The New York Times, que les 14 millions d'auditeurs hebodamadaires de la Morning Edition avaient appris à aimer, et qui était intimement associé à leurs matins.

Sauf qu'hier, bienvenue en 2019, ils ont été accueillis par ça : 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Vous reconnaîtrez que c'est autre chose, le changement d'époque et de ton est rude... de quoi mesurer d'un coup 40 années d'évolution des radios publiques. A la NPR comme ailleurs (pour ce qui est de France culture je vous laisse en juger) on a clairement cédé à la tendance "bip électronique, tensions du direct, et info en continu". "On ne l'a pas fait de gaité de coeur, mais il fallait cibler un public plus jeune", expliquent les responsables de l'habillage sonore.

Et à en juger par l'avalanche de messages horrifiés depuis hier sur les réseaux sociaux américains, messages compilés par le site du NiemanLab de Harvard, on comprend que le changement a du mal à passer chez les auditeurs. L'auteur de l'article Joshua Benton en tire une conclusion résolument optimiste : si un changement d'indicatif radio suscite encore de telles réactions et des articles dans la presse, alors c'est le signe que ce média, notre média,  la bonne vieille radio à l'ancienne, a toujours sa place dans le coeur et les oreilles de millions de gens. Et ça je sais pas vous, mais moi ça va me faire ma journée !

Chroniques
7H40
17 min
L'Invité(e) des Matins
Quelle vie en entreprise après l'affaire France Télécom ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......