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60 000 koalas seraient morts dans les incendies records de l'an passé en Australie.

L'Australie veut compter les koalas pour mieux les sauver

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L'Australie lance une grande campagne de comptage des koalas. Une réaction d'urgence car, estimés à moins de 50 000, ils pourraient bientôt se compter sur les doigts d'une main.

60 000 koalas seraient morts dans les incendies records de l'an passé en Australie.
60 000 koalas seraient morts dans les incendies records de l'an passé en Australie. Crédits : Saeed Khan - AFP

Le New-York Times consacre une large double page à celui que l'on surnomme - à tort - le paresseux australien. L'article s'attarde notamment sur la difficulté rencontrée aujourd'hui, par les autorités en Australie, pour compter les koalas. "On pourrait penser que les koalas sont faciles à trouver et à compter. Ils sont grands. Ils sont moelleux et pour la plupart immobiles car ils ont tendance à dormir 20 heures par jour. Mais c'est justement le fait qu'ils ne bougent pas beaucoup qui les rend difficiles à repérer" explique le journal. 

Une problématique accentuée par la méthode de comptage, un tantinet ancestrale, utilisée jusqu'ici par les autorités australiennes. Une méthode qui consiste grossièrement à envoyer des gens dans la forêt et à leur demander de compter. Par conséquent, le gouvernement s'est engagé à investir 1,5 millions de dollars dans un nouvel audit rapporte le New-York Times, avec de nouvelles méthodes bien plus teintées de technologies, avec des sondes acoustiques, des drones pour détecter la chaleur ou encore des chiens renifleurs. Enfin, l'étude des excréments de koala sera priorisée, et devrait donner des chiffres plus solides pour brosser un portrait fidèle de la population marsupiale sur l'île.  

Alors tout cela prêterait presque à sourire s'il ne s'agissait en réalité, d'une réaction d'urgence. Car sans prise de conscience rapide, les koalas pourraient rapidement se compter uniquement sur les doigts de la main. On estime - avec les anciennes méthodes de comptage - que l'Australie abritait 300 000 koalas en 2016, un nombre qui serait tombé en dessous de 50 000 aujourd'hui selon certaines estimations. 

Une nécessaire réintroduction de leur habitat

Et après 10 mois de traitement médical et de rééducation, certains spécimens brûlés par les incendies de l'an dernier viennent tout juste d'être relâchés dans la nature rapporte le média australien ABC. Alors que l'on estime à 60 000 le nombre de koalas morts dans les incendies de l'an passé, 14 viennent d'être relâchés après une longue convalescence. Car après avoir soigné leurs brûlures, souvent très profondes, il a fallu les aider à retrouver leur forme physique et notamment leur force d'escalade avant d'être relâchés. Un dispositif inédit, doublé d'un suivi pour aider les scientifiques à améliorer à long terme le retour des koalas dans la nature.  

Mais au-delà de ces initiatives admirables, grandit une véritable nécessité de réintroduction, si ce n'est du koala lui-même, au moins de son habitat. Une réintroduction qui ne serait pas une première. Au début du XXe siècle, l'homme avait cette fois littéralement fait la peau au koala, une espèce alors chassée sans relâche pour sa fourrure et complètement exterminée, notamment en Australie-Méridionale. L'État fédéré a depuis été repeuplé grâce à des transferts en provenance du Victoria. Mais cette fois, c'est bien - en grande partie - le changement climatique qui s'occupe de faire dépérir ces marsupiaux.  Selon le New York Times, 24 millions d'hectares de forêt sont partis en fumée l'an dernier en Australie dans les incendies, soit plus de 80 % de l'habitat naturel des koalas. 

De l'eucalyptus au sapin de Noël en plastique

Et ces phénomènes de déforestation et de défrichement les repoussent de plus en plus vers les milieux urbains. Avec, à titre symbolique, cette anecdote rapportée par The Gardian. Celle d'une famille d'Adelaide, dans le sud de l'Australie, qui s'est retrouvée il y a quelques jours nez à nez avec une koala se prenant pour une guirlande. Le marsupial était caché ou plutôt essayait de se cacher en haut du sapin de Noël, au milieu du salon. "C'était un faux arbre en plastique, très vieux, rapporte la cadette de la famille, mais elle a quand même essayé de manger les feuilles. Je l'ai vue en croquer mais elle s'est arrêtée quand elle a réalisé que c'était du plastique." D'ailleurs l'histoire est tellement improbable que lorsque la famille a appelé des secours pour démêler l'animal empêtré dans les décorations, et bien, ceux-ci ont mis beaucoup de temps à les croire et ont mis un long moment à intervenir.   

Plus sérieusement, face à ces problématiques, les organisations de défense de la planète et des animaux montent au créneau pour que le gouvernement ne reste pas au stade du comptage. "Compter les koalas, c'est comme compter les chaises longues du Titanic alors qu'il coule" a récemment déclaré Rebecca Keeble, la directrice Océanie du Fonds international pour la protection des animaux, dans des propos encore relayé par le New-York Times. Un appel a priori entendu par le gouvernement, car au-delà du comptage que nous évoquions il y a quelques instants, près de 13 millions de dollars vont être investis par l'exécutif australien selon le site AA.com.     

De son côté, le World Wildlife Fund a décidé de prendre les devants et lance un plan pour doubler les populations de koalas dans l'est de l'Australie d'ici 2050. Un plan, là encore, à base de drones, destinés cette fois à déposer des dizaines de milliers de graines d'eucalyptus, et ainsi régénérer les terres ravagées par les feux de brousse. WWF, qui entend également créer un fonds pour encourager les propriétaires fonciers à créer des "paradis à koalas". Car, au delà des incendies, c'est bien la politique foncière qui touche de plein fouet ces animaux, comme le rapporte le site australien Green Left, notamment dans l'Etat de Nouvelle Galles du Sud, où la guerre fait rage entre protecteurs de l'environnement et promoteurs immobiliers, qui continuent de préférer les grands blocs de bétons aux grosse boules de poils.

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