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Nigel Ryan de l'Australian Federal Police, Sydney le 08/06/21

Quand la police s'attaque aux cybercriminels avec leurs propres armes

6 min
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Grâce à une messagerie électronique piégée, le FBI et plusieurs polices à travers le monde ont piraté le crime organisé et réalisé un coup de filet sans précédent ; aux Etats-unis, la Justice a réussi à récupérer une rançon versée à des pirates russes en hackant leur compte Bitcoin.

Nigel Ryan de l'Australian Federal Police, Sydney le 08/06/21
Nigel Ryan de l'Australian Federal Police, Sydney le 08/06/21 Crédits : David Gray - AFP

Dans l'actualité de ce mardi, deux histoires où les nouvelles technologies utilisées par des malfaiteurs peuvent se retourner contre eux. 

En général, en matière de criminalité la police et la justice ont toujours au moins un temps de retard sur la manière dont les criminels détournent à leur profit les dernières avancées numériques. Mais c'est un peu l'inverse qui s'est passé à en croire la presse australienne qui n'en finit pas de narrer le mauvais coup joué à des dizaines de criminels par la police fédérale d'Australie, avec la complicité du FBI américain et de certaines polices européennes, pour réaliser ce que The Canberra Times qualifie de "coup de filet tonitruant" contre le crime organisé.  

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Le FBI, donc, a créé de toute pièce, il y a trois ans, une application de messagerie soi-disant ultra-cryptée nommée "AnOm" qu'elle a fait mettre en vente sur des sites clandestins, sur le marché noir de l'internet... et l'appli était tellement adaptée à leurs besoins que de nombreux groupes criminels à travers le monde l'ont adoptée et se sont la sont recommandée entre eux par le bouche-à-oreille. Des agents inflitrés dans les réseaux criminels ont également fait sa pub, et voilà comment le renseignement américain s'est retrouvé aux commandes d'un véritable réseau social connectant plus de 12 000 présumés mafieux, bikers et autre membres de gangs tout autour de la planète, avec la possibilité d'espionner toutes leurs conversations. 

Le résultat, détaille The Sydney Morning Herald, c'est une centaine d'opérations de police menées, un "coup de filet sans équivalent dans l'histoire de la police australienne" qui a permis depuis dimanche d'arrêter plus de 220 suspects rien qu'en Australie et de démanteler un réseau de trafic de stupéfiants avec des ramifications sur quatre continents, Océanie, Asie, Amérique du Nord et Europe. 

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L'opération de police internationale a été baptisée "Ironside", comme l'homme de fer, cet implacable justicier en fauteuil roulant de la série télé des années 1970, et "elle est loin d'avoir livré tous ses résultats" insiste sur le site d'info ABC un responsable du contre-terrorisme australien qui laisse donc entendre qu'il va y avoir d'autres arrestations de poids, dans les prochaines heures.

D'ailleurs, des perquisitions sont déjà menées dans d'autres pays que l'Australie : des raids policiers en cours dans pas moins de 16 pays, affirme le Computer Weekly qui est spécialisé dans tout ce qui concerne les technologies numériques.

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Pour lui, pas de doute, on peut bien parler là de la plus grosse opération de piraterie informatique menée par les services de police eux-mêmes. Le magazine liste donc les opérations menées contre des laboratoires de fabrication de drogue, stocks de cocaïne et plantations de cannabis saisies en Allemagne, les descentes de police menées en Suède, au Canada, aux Pays-Bas ou encore bien sûr aux Etats-Unis. 

Déjà ces dernières années des agences de renseignements avaient réussi à pirater des réseaux de téléphones sécurisés en faisant sauter leurs systèmes d'encryptage. Mais dans ce cas, utiliser une messagerie conçue dès le départ par le FBI comme un pot de confiture dans lequel viendraient s'engluer les criminels est une première digne d'un film hollywoodien, s'amuse le site américain Vice. C'est aussi un gros coup porté à ces mafias qui se croyaient jusque-là protégées derrière les verrous des messageries en ligne.   

L'autre histoire de pirates piratés concerne la cyber-attaque dont avait été victime le mois dernier le principal oléoduc américain.

Le pipe-line Colonial qui transporte 45% du pétrole états-unien depuis le Texas vers la côte Est a été mis à l'arrêt pendant cinq jours par une attaque au rançongiciel apparemment orchestrée par le groupe de hackers russes DarkSide. La société américaine avait dû se résoudre à verser une rançon de 4,4 millions de dollars, en monnaie virtuelle Bitcoin, pour mettre fin à cette attaque qui menaçait de déclencher des pénuries d'essence jusqu'à New York et Washington. 

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Eh bien ce mardi, on apprend grâce à CNN que le département de Justice américain et la Commission spéciale de lutte contre les rançongiciels qui a été créée en réaction à cette attaque contre Colonial Pipeline, vient de réussir à récupérer une grosse partie du montant de la rançon (plus de la moitié) en arrivant à se procurer une clé d'encryptage informatique... C'est-à-dire en piratant le mot de passe d'un des portes-feuilles de Bitcoin utilisé par les pirates de DarkSide. 

L'argent a donc pû être repéré sur ce compte et viré à nouveau vers les Etats-Unis... mais avant ça, raconte The New York Times, il a fallu suivre à la trace les Bitcoins qui ont été transférés sur pas moins de 23 comptes différents, pour tenter de perdre les enquêteurs. Quant à savoir comment ces derniers ont réussi à faire sauter le verrou du dernier compte, cela restera un secret bien gardé par les policiers mais ça démontre bien que ces derniers sont résolus à utiliser toutes les méthodes en leur possession pour lutter contre les hackers avec leurs propres armes. 

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Il faut dire, avec Bloomberg, que le phénomène des attaques aux rançongiciels est devenu un fléau majeur aux Etats-Unis et dans le monde, comme on l'a vu la semaine dernière encore avec le géant mondial de la viande JBS dont de nombreuses abattoirs et usines ont été mises à l'arrêt. L'Amérique de Joe Biden voulait frapper un grand coup contre l'impunité des pirates, en particulier avant sa rencontre la semaine prochaine avec le président russe Vladimir Poutine où le sujet sera à l'ordre du jour ; c'est donc chose faite, avec là encore le FBI et ses "pirates informatiques légaux" à la baguette.

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