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L'ébauche de retrait militaire américain fait craindre le pire aux combattants kurdes du Nord-Est de la Syrie.

Syrie : Trump dans le flou, Erdogan prêt à lancer l'offensive contre les Kurdes

6 min
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Avec ou sans retrait des Américains dans le Nord-Est de la Syrie, le président turc Erdogan se dit déterminé à lancer son offensive contre les Kurdes de la région, faisant craindre de nouveaux crimes de guerre. Le président d'Equateur Lenin Moreno fuit la capitale Quito et crie au coup d'Etat.

L'ébauche de retrait militaire américain fait craindre le pire aux combattants kurdes du Nord-Est de la Syrie.
L'ébauche de retrait militaire américain fait craindre le pire aux combattants kurdes du Nord-Est de la Syrie. Crédits : DELIL SOULEIMAN - AFP

S'il y en a un qui sait très bien ce qu'il fait, en Syrie, c'est le président turc Recep Tayip Erdogan.  

C'est d'autant plus évident que ça contraste depuis deux jours avec les tergiversations irresponsables de Donald Trump sur un éventuel retrait des troupes américaines, avec un enjeu crucial : permettre ou pas l'intervention armée des Turcs dans le nord-est de la Syrie, région tenue par les combattants kurdes qui sont nos alliés dans la guerre contre l'organisation Etat islamique, mais qui sont aussi les ennemis de longue date du régime nationaliste turc.

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Or donc l'inconséquente cacophonie états-unienne, nous dit The Guardian ce matin, ne doit pas couvrir le bruit des bottes et des chars à la frontière : "l'armée turque, avec ou sans Trump, continue de préparer son invasion, de masser des troupes", et le commandeur en chef Erdogan le dit en personne dans le journal Hurriyet, l'ordre d'entrer en Syrie "peut être donné à tout moment".  

La cible, qu'on ne s'y trompe pas nous dit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce sont les Kurdes, qui ont reconquis ce territoire à l'Est de l'Euphrate à la faveur du conflit syrien, qui ont prêté main forte aux occidentaux, sans compter leurs morts, pour en chasser les djihadistes de Daech, et qui aspiraient à ce qu'on les laisse vivre sur ces terres le long de la frontière turque.  

Mais pour Erdogan, reprend le quotidien allemand, les terroristes, ce sont eux, les Kurdes : il s'agit donc, avec l'intervention militaire qui vient, de les chasser de la région, d'instaurer une zone-tampon, un "corridor de paix" entre Turquie et Syrie, et d'y installer de force quelques deux millions de Syriens réfugiés en Turquie ces dernières années... Une manière claire et expéditive, pour Ankara, de dékurdifier la zone frontalière en se débarrassant au passage du fardeau des migrants syriens.   

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Ca fait longtemps qu'Erdogan nourrit ce projet, mais jusque-là il en était empêché par le millier de soldats américains déployés dans la région.  sur le papier c'était une coopération militaire, mais les correspondants au Proche-Orient de la Frankfurter Allgemeine Zeitung nous expliquent que c'était surtout un boulet international au pied des Turcs pour les empêcher de fondre sur leurs proies kurdes.  Mais dimanche Donald Trump a fait savoir qu'il allait retirer ses troupes, laissant le champ libre à l'offensive turque. Depuis, il a fait mine de changer d'avis, face au tollé suscité tant au Congrès américain qu'au Pentagone, mais il n'en reste pas moins sûr qu'à court  ou moyen terme, la Turquie va se retrouver "seule sur le terrain" : seule pour faire le sale boulot, sous-entend le journal stambouliote Cumhuriyet, mais bien déterminée à le faire tout de même.  

Seuls, les Turcs le sont déjà un peu plus depuis hier : l'agence Anadolu nous apprend que le Pentagone, qui s'oppose frontalement à Trump sur ce dossier, vient d'exclure la Turquie du commandemment aérien intégré dans la région. Ca veut dire qu'Ankara n'a plus accès aux informations qui permettent de coordonner entre alliés les survols du secteur situé à l'est de l'Euphrate, et donc que laTurquie ne peut plus y faire voler ses avions ni utiliser les images de surveillance aérienne pour mener son intervention contre le Kurdes. "Nous regardons ailleurs, mais nous ne serons pas complices", semblent donc dire les Américains. 

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En attendant, c'est Simon Tisdall qui l'écrit dans The Guardian, le retrait américain dans la région, s'il se confirme, crée un contexte parfait... pour que des crimes de guerre soient commis. Si les Turcs passent la frontière, ce sera le début d'une guerre avec les Kurdes qui ne pourra qu'être "cruelle et acharnée", avec son lot de souffrances et d'exil pour les civils Kurdes et Syriens. "Nous le savons, alors pourquoi nous, européens, nous préparons nous à y assister les bras croisés ? Il est déjà trop tard pour agir, conclut Simon Tisdall, notre échec en Syrie est gravé sur nos fronts, comme une marque indélébile de honte". Et cette honte, demain, aura un nouveau visage : celui d'un enfant kurde.

En Equateur le président Lenin Moreno vient de prendre une décision radicale. 

Le chef de l'Etat est apparu à la télévision nationale équatorienne la nuit dernière, entouré par ses chefs d'état major militaire en uniforme, et il a expliqué qu'il ne s'exprimait pas depuis le palais présidentiel dans la capitale, Quito, mais depuis le port de Guayaquil, quelques 300 km plus au sud.  

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Guayaquil, donc, où Lenin Moreno annonce qu'il vient de transférer, à effet immédiat, le siège du gouvernement national. Il n'y a pas d'autre mot, nous dit le quotidien mexicain Milenio, le président a fui en quelques heures une contestation sociale qui menace de très mal tourner pour lui : depuis la fin de semaine dernière, des milliers d'Equatoriens manifestent contre la hausse des taxes sur l'essence imposée par le FMI en échange d'un prêt pour éponger la dette nationale. Les habitants des régions rurales du pays, à forte majorité des populations indigènes et pauvres ont vu rouge : depuis dimanche, poursuit El Espectador, ils sont au bas mot 10 000, sur des camions ou à pied, à converger vers Quito où ils doivent se rejoindre demain pour aller demander des comptes à leur président. 

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"Sale temps pour Moreno", résume encore el Espectador : sa situation est critique, les foules qui viennent le chercher sont armées de fourches, quand ce n'est pas pire : la capitale bruisse de rumeurs de hordes sauvages prêtes à débarquer. Lenin Moreno a donc préféré fuir et tenter de gérer la crise depuis Guayaquil, où il dispose au moins d'une issue maritime quand Quito est enclavée dans les montagnes.  

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On n'en est pas à imaginer qu'il fuie le pays, mais le président (qui fut un temps de gauche aux côtés de son prédescesseur Rafael Correa) n'a apparemment pas d'autre réponse à la colère qui s'exprime que de crier au complot contre lui : il accuse son ancien mentor révolutionnaire devenu ennemi juré, Rafael Correa donc, de s'être allié avec je cite, "le satrape Vénézuélien" Nicolas Maduro pour mettre en péril la démocratie équatorienne. Correa le revenant, et Maduro l'épouvantail continental, se seraient donc ligués contre un Lenin Moreno érigé en rempart du camp de la liberté :  la ficelle semble un peu grosse pour El Pais America, qui décrit ce matin un Lenin Moreno aux abois, et un Equateur prêt à basculer dans l'inconnu.

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