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Le vaccin russe Sputnik-V

Covid-19 : La Russie va vacciner ses fonctionnaires sans attendre la fin des tests cliniques

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La Russie annonce les premières vaccinations contre le Covid-19 sur des professeurs et soignants dès cette fin de semaine, sans attendre les résultats de la phase 3 des tests cliniques du Sputnik-V. Deux journalistes australiens contraints de quitter la Chine sur fond de crise diplomatique.

Le vaccin russe Sputnik-V
Le vaccin russe Sputnik-V Crédits : Russian Direct Investment Fund - AFP

Le gouvernement russe passe à la vitesse supérieure dans la course au vaccin contre le Covid-19.

L'annonce a été faite lundi soir par le ministre de la Santé Mikhaïl Murashko et ce mardi matin la presse russe en ligne ne parle quasiment que de ça : les premiers lots de vaccins Sputnik-V à destination de la population civile russe, précise bien le site d'info RBK, ont été produits ; toutes les autorisations officielles ont été délivrées, et ils vont être envoyés dans les prochains jours à travers toutes les régions du pays pour procéder aux premières campagnes de vaccination à priori "dès cette fin de semaine".  

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Dans cette course effrenée que se livrent les grandes puissances pour être le premier pays à lancer son vaccin (tant pour des raisons de prestige que de commerce) les Russes maintiennent donc leur longueur d'avance, mais à quel prix ?  Eh bien, comme le laisse entendre le journal en ligne de Saint-Petersbourg Fontanka, au prix d'arrangements avec les délais et les principes de précaution scientifique. Pas plus tard qu'hier, le protocole de tests cliniques menés par le laboratoire Gamaleya qui développe le vaccin a été considérablement allégé: la phase 3 des tests sur une cohorte de 40 000 personnes n'ira pas au-delà du premier mai de l'an prochain, alors qu'elle était prévue pour durer jusqu'en décembre 2022.  

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Vous avez bien compris : les vaccins vont être mis en circulation dans la population civile alors que la phase 3 des tests cliniques n'aura pas livré ses résultats. C'est complètement en rupture avec les protocoles internationalement admis et encadrés par l'OMS pour la mise sur le marché de vaccins. Et pourtant,  "à ce stade", confie au journal médical The Lancet une spécialiste américaine en santé publique, "nous ne pouvons pas savoir si le Sputnik-V est efficace contre le Covid-19 et s'il est sans danger pour l'organisme humain". Et de rappeler que c'est pour ça qu'il est essentiel d'attendre la fin de la phase 3 des tests cliniques, sur une cohorte suffisamment large, avant de commencer à vacciner la population. 

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Mais tout ça, ce n'est qu'une "campagne de désinformation menée par les médias internationaux pour décrédibiliser le vaccin russe", répond Moscou toujours dans The Lancet. L'urgence sanitaire serait telle, face à la pandémie, qu'il faudrait donc commencer les vaccinations sans attendre les résultats définitifs, en concentrant les premiers lots de vaccins à ceux que le ministre, repris par l'agence Tass, appelle les "groupes à risques".

Ces groupes, ce sont les soignants et les professeurs russes. Des fonctionnaires "en première ligne", selon l'expression consacrée, qui serviront donc de cobayes pas vraiment volontaires et qui traînent déjà les pieds, d'après ce reportage publié par CNN. "Il n'y a pas qu'à l'étranger que l'on a des doutes sur le vaccin", nous disent les correspondants à Moscou de la chaîne américaine, "il y a par exemple un syndicats d'enseignants russes qui a déjà appelé ses membres à refuser d'être vaccinés"... ce qui  ne devrait pas être facile à assumer tant la chose revêt toute une dimension de fierté nationale et de patriotisme. 

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"La pression mise sur les fonctionnaires par le Kremlin" inquiête aussi une docteure, également interrogée par CNN. "Il faudra du courage pour refuser le Sputnik-V", confirme un autre professionnel de santé. Plus largement, les sondages montrent qu'environ 50% des Russes gardent de sérieux doutres sur ce vaccin développé au pas de charge. Le fait, très médiatisé, que l'une des filles de Vladimir Poutine ait été volontaire pour le tester, tout comme ses ministres de la Santé et de la Défense, n'a donc pas encore convaincu une vrai majorité de la population.   

Les relations diplomatiques entre la Chine et l'Australie sont au plus mal, et c'est la liberté de la presse qui en fait les frais. 

Triste constat dressé par le quotidien The Sidney Morning Herald : "pour la première fois depuis le milieu des années 70, il n'y a plus aucun journaliste australien accrédité sur le sol chinois" ; les deux derniers, Bill Birtles et Mike Smith, ont dû quitter le pays la nuit dernière après qu'ils ont tous deux été interrogés, de nuit, à leur domicile, par la police chinoise dans le cadre d'une enquête visant une troisième collègue, Cheng Lei, de nationalité australienne, qui travaillait pour un média public chinois et qui elle est incarcérée un mois sans que l'on sache vraiment ce qui lui est reproché. 

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Le fond du problème, il est bien diplomatique, confirme ABC News, pour qui travaille Bill Birtles : depuis le début de l'été, Pékin ne décolère pas contre Canberra qui s'est aligné sur la position américaine, demadant qu'une enquête internationale et indépendante soit diligentée pour éclaircir l'origine du Coronavirus. 

Cheng Lei, née en Chine mais naturalisée australienne avant de revenir vivre et travailler à Pékin, a donc le profil parfait de la monnaie d'échange emprisonnée en guise de représailles contre  l'Australie ; les deux journalistes inquiêtés ces derniers jours sont eux aussi des victimes colatérales, dixit The Guardian, d'une "politique étrangère chinoise de plus en plus agressive" et qui vire de plus en plus au "chantage aux prisonniers". 

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Dans le cas de Birtles et Smith, tous deux ont été laissés libres, mais libres de partir après s'être réfugiés pendant quatre jours à l'ambassade d'Australie pour échapper à la police. "Avec leur départ forcé, déplore ABC News, nous n'avons plus personne pour nous raconter de l'intérieur ce qui se passe en Chine et ça nous rend plus dépendants des sources d'informations officielles chinoises"... Et ça n'est certainement pas pour déplaire à Pékin.

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