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Le porte-parole du gouvernement et le directeur de l'agence atomique iraniens

Uranium enrichi : l'Iran joue avec la ligne rouge pour provoquer une réaction des Européens

6 min
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L'Iran a annoncé lundi avoir relancé sa production d'uranium facilement enrichi : un appel à l'aide" envoyé aux Européens ? Emmanuel Macron envoie son conseiller diplomatique à Téhéran. Au Brésil le ministre de la Justice Sergio Moro suspend ses fonctions 5 jours en plein scandale le fragilisant.

Le porte-parole du gouvernement et le directeur de l'agence atomique iraniens
Le porte-parole du gouvernement et le directeur de l'agence atomique iraniens Crédits : EPA - Maxppp

L'Iran annonçait hier avoir relancé sa production d'uranium enrichi à 4,5%, et c'est une violation manifeste des accords internationaux de 2015 sur son programme nucléaire. 

Tellement manifeste, cette violation, qu'elle est assez unanimement analysée, dans la presse internationale ce matin, comme un signal envoyé à la communauté internationale et à l'Europe en particulier. "Téhéran met en garde l'Europe", titre Le Temps en Suisse selon qui c'est même un "appel à l'aide" adressé par les Iraniens sous la forme d'une provocation, une violation flagrante des règles établies. 

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4,5% d'enrichissement de l'uranium, précise l'article du Temps, c'est certes un peu au-dessus de la limite de 3,67% édictées par l'accord de Vienne en 2015, mais c'est très loin des 90% qui seraient nécessaires pour produire du combustible permettant de fabriquer une bombe atomique iranienne. On voit donc bien que Téhéran cherche avant tout à franchir la ligne rouge pour activer l'alarme, et obliger ses derniers partenaires possibles, les Européens, à s'engager à ses côtés face à l'intransigeance des États-Unis. 

Car si l'Iran refuse de jouer seul les règles du jeu, c'est que celles-ci ont été piétinées, il y a un an, par le désengagement américain. Cette métaphore du jeu, c'est le Jerusalem Post qui l'utilise. Pour le quotidien iranien, et quoi qu'en pensent Donald Trump ou Benyamin Netanyahou, Téhéran n'a nullement comme but de développer un programme nucléaire à des fins militaires. "Ce que recherche le pouvoir iranien c'est de développer son arsenal conventionnel, missiles ballistiques et drone par exemple, pour étendre son emprise sur son étranger proche". Mais la menace nucléaire n'est pas une fin en soi, sinon un moyen, une arme de dissuasion et de négociation. 

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Idem, explique encore Seth Frantzman dans le Jerusalem Post, avec l'influence prêtée ces dernières semaines aux éléments les plus radicaux, au sein du pouvoir iranien... le président modéré Hassan Rohani s'en servirait, exagérerait sciemment ce poids des radicaux, pour dire aux Européens... "si vous ne nous aidez pas maintenant, les plus conservateurs arriveront au pouvoir en Iran et plus personne ne pourra éviter une guerre..."   

Une guerre dont ne veut pas l'Iran :  c'est ce que rappelle un ex-diplomate iranien dans une tribune publiée par The Guardian.  "Nous n'avons pas demandé à être entrainés dans cette crise, mais nous n'accepterons pas les provocations de Donald Trump sans réagir", voilà ce que dit Hossein Mousavian dans ce texte publié dimanche. Hossein Moussavian faisait partie, en 2015, des négociateurs de l'accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien.

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Aujourd'hui, il déplore donc dans The Guardian le fait qu'en se retirant de l'accord, en réinstaurant des sanctions très dures et très ciblées contre des personnages-clés du pouvoir iranien comme l'ayatollah Khamenei ou l'ancien ministre des affaires étrangères Jawad Zarif, Washington a volontairement fermé la porte à tout dialogue diplomatique, ne laissant ouverte que celle de l'escalade verbale et militaire. 

Les Américains se sont-ils rendus compte de l'impasse explosive dans laquelle ils se sont enfermés ? 

En tous cas, une nouvelle séquence semble s'ouvrir, estime The Financial Times, avec un coup de téléphone consacré à l'Iran hier soir entre Donald Trump et Emmanuel Macron, lequel dans la foulée annonçait l'envoi de son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne à Téhéran pour tenter de renouer les fils du dialogue et "amorcer une désescalade". 

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L'Iran, en violant manifestement l'accord de 2015, voulait pousser l'Europe à s'engager, elle qui trainait les pieds depuis un an. La réaction européenne s'organise donc apparemment depuis Paris... mais The Washington Post estime enfin que la France ne pourra, au mieux, jouer qu'un rôle d'intermédiaire entre Téhéran et la Maison Blanche. Pour que la situation se débloque dit l'édito du Post, il n'y a qu'une solution : que Trump tourne enfin le dos aux "faucons", ces conseillers qui le montent contre l'Iran. Et il doit le faire "très vite, avant qu'il ne soit trop tard".

Au Brésil, la situation se corse sérieusement pour le ministre de la Justice Sergio Moro.  

Ce très proche du président Jair Bolsonaro est sur la sellette depuis un mois, depuis que le site d'investigation The Intercept a révélé des échanges de messagerie électronique qui prouvent que Sergio Moro, ancien juge chargé de l'enquête-fleuve dite "Lava Jato" sur la corruption au sommet de la politique brésilienne, a utilisé cette procédure à des fins politiques, au profit de Bolsonaro, pour faire mettre en prison son principal rival l'ancien président de gauche Lula.  

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Or les choses semblent se précipiter : Moro a annoncé lundi qu'il met ses fonctions de ministre entre parenthèses pendant 5 jours de congés sans solde qu'il dit prendre pour "régler des affaires privées". Cette étonnante mise en retrait alimente bien entendu toutes les rumeurs, dans la presse brésilienne, sur une possible démission à venir. 

La Folha de Sao Paulo fait forcément le lien entre cette décision inattendue et la défiance qui n'en finit pas de monter contre l'ancien juge. Les critiques avaient repris hier avec la révélation, toujours par The Intercept, de nouvelles informations montrant que Sergio Moro avait aussi tenté de fragiliser le régime vénézuélien de Nicolas Maduro, là encore en faisant fuiter à dessein des soupçons de corruption. 

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En lisant El Pais Brasil, cette fois, on comprend que Jair Bolsonaro lui-même ne pouvait plus ignorer la situation intenable dans laquelle est son ministre : avant le week-end, il avait fièrement déclaré à la presse qu'il allait emmener Sergio Moro avec lui, samedi au stade de Maracana à Rio où se déroulait la finale de la Copa America de football. Il voulait en fait tester sa popularité à l'applaudimètre, et le résultat a été plutôt clair.

Une bronca de sifflets, de huées,  pour accueillir le président sur la pelouse : c'est un peu les jeux du cirque, le peuple a parlé, et aujourd'hui donc, Sergio Moro se met en retrait  de la vie politique.

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Ce ne sont pour le moment que 5 jours, rappelle El Pais, mais si cela ne suffit pas à faire remonter la popularité de Jair Bolsonaro, le ministre pourrait sauter une bonne fois pour toutes. Or le malaise est profond, dans l'opinion publique brésilienne : il ne faut pas oublier que c'est justement la multiplication des scandales de corruption impliquant la gauche, le Parti des Travailleurs, qui a achevé de dégoûter les brésiliens de leur classe politique, et a amené l'extrémiste de droite Jair Bolsonaro au pouvoir.

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