LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Hommages sur les lieux de l'assassinat d'Olof Palme à Stockholm en mars 1986

Qui a tué Olof Palme ? La Suède s'apprête à clore 34 années d'enquête

6 min
À retrouver dans l'émission

Le meurtre du Premier ministre de Suède Olof Palme en 1986 a traumatisé le pays autant que l'enquête l'a passionné. Le procureur spécial annonce des révélations pour ce mercredi. Au Brésil le gouvernement Bolsonaro dissimule l'ampleur de l'épidémie de Covid-19, les médias organisent la riposte.

Hommages sur les lieux de l'assassinat d'Olof Palme à Stockholm en mars 1986
Hommages sur les lieux de l'assassinat d'Olof Palme à Stockholm en mars 1986 Crédits : Scanpix Sweden - AFP

La Suède espère élucider dans les prochaines heures un mystère qui la hante depuis 34 ans.

Ce mystère, il porte un nom, il a un visage : ceux d'Olof Palme, Premier ministre social-démocrate de la Suède de 1982 à 1986... jusqu'à ce soir du 28 février 1986 où (c'est The Guardian qui nous rappelle les faits) il rentrait du cinéma avec sa femme, en pleine rue plein centre de Stockholm, sans gardes du corps comme le couple en avait pris l'habitude pour ne pas se couper de la vraie vie des vrais suédois, ils allaient prendre le métro, quand un homme, grand, s'est approché d'eux par derrière et a tué le Premier ministre, d'une balle de Magnum dans le dos, le laissant mort sur le trottoir, dans une mare de sang.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le tireur, lui, n'a pas de visage, c'est bien le problème. Le soir du 28 février 1986, il a disparu comme par magie, s'est fondu dans le décor nocturne de Stockholm, et jamais l'arme du crime n'a été retrouvé jusque-là... mais n'allons pas trop vite.  

Trente-quatre ans donc que la police et tout ce que les médias suédois comptent d'enquêteurs s'échinent à résoudre le mystère Olof Palme. C'est même devenu une obsession nationale, telle que la décrit The Guardian : le meurtre a tellement ébranlé la société suédoise de l'époque, laquelle se croyait faussement protégée des dangers du monde, que l'on a donné un nom scientifique à la dépression générale qui s'est emparé du pays : la "Palmesjukdom". Parmi ses symptômes, on retient surtout cette frénésie à avouer à la police que l'on est soi-même l'assassin : pas moins de 180 aveux spontanés en 34 ans, et aucun n'était sérieux.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Au total, reprend l'Expressen, de Stockholm, plus de 10 000 témoins ont été interrogés, de très nombreuses pistes ont été suivies, creusées, abandonnées, puis re-explorées ; elles ont mené à accuser successivement un commerçant voisin de la scène du crime, un toxicomane armé qui passait par là, des ennemis politiques suédois, mais aussi et plus improbables, la guérilla kurde du PKK, les service secrets sud-africains (on va y revenir), ou même des intermédiaires véreux à un contrat d'armement passé entre l'Inde et le marchand de canon suédois Bofors, contrat assorti de rétrocommissions qui auraient été découvertes par le Premier ministre...  

Tout cela ce ne sont à ce stade que des hypothèses plus ou moins conspirationnistes... mais est-ce que la Justice suédoise a assemblé quelques certitudes, tout de même, dans ce dossier ?

Très peu, à vrai dire, poursuit l'Expressen, sinon des fausses pistes et des impasses. Ceux qui ont été soupçonnés nommément, notamment un homme condamné à la prison à vie en 1987 puis libéré au bout de trois mois faute de preuves, sont tous morts aujourd'hui...  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et pourtant c'est bien ce 10 juin que l'on devrait connaître le fin mot de l'affaire : mercredi, s'enthousiasme le grand quotidien suédois Aftonbladet, le procureur spécial en charge de l'enquête va rendre ses conclusions. Soit il classe l'affaire faute de nouveaux éléments ou parce que les suspects sont décédés, soit il lance des poursuites. Le dénouement est proche, d'autant, comme l'affirment ce matin tous les journaux en Suède, que "l'arme du crime aurait enfin été retrouvée". Elle pourrait permettre d'identifier une bonne fois pour toute celui ou celle qui a tué Olof Palme il y a 34 ans... sauf que, prévient l'Aftonbladet, vu le temps qui a passé depuis le meurtre, il y a de fortes chances que ce soit un mort qui soit désigné comme coupable, et donc que le moment du dévoilement tant attendu soit aussi celui de l'épilogue pour ce grand mystère national.

… Un mystère qui avait passionné, ce n'est pas étonnant, le grand auteur de romans policiers suédois Stieg Larsson.  C'est ce que nous raconte The Guardian, dans un article d'archives qui revient opportunément à la surface: l'auteur de la série Millemium a lui aussi été obsédé pendant toute sa vie par cette affaire Olof Palme, au point de s'en inspirer pour plusieurs de ses livres. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Larsson, comme le Guardian d'ailleurs, penchait pour la piste des services secrets sud-africains : un assassinat politique commandité par le régime de l'apartheid dont Olof Palme était l'un des plus éloquents dénonciateurs à l'époque sur la scène internationale. Au début du mois de mars les enquêteurs suédois se sont rendus en Afrique du Sud pour y recevoir de la part de la justice sud-africaine un mystérieux dossier portant le nom de Palme.

Est-ce ce dossier qui a permis de boucler l'affaire ? On le saura mercredi... alors en attendant, les journaux de Pretoria à Stockholm en passant par Londres et New Delhi se délectent une dernière fois de toutes les pistes possibles et imaginables. Comme s'il fallait jouir du mystère une dernière fois, avant que la terne vérité judiciaire ne viennent tout gâcher.

Un autre qui a un rapport un peu compliqué avec la vérité, c'est Jaïr Bolsonaro au Brésil.

Le président brésilien d'extrême-droite fait face, avec son pays, au pic de contamination à la Covid-19 : les chiffres sont terribles, souvent plus de mille morts par jour depuis plus d'une semaine. Le Brésil en quelques jours est devenue le deuxième pays au monde en nombre de morts liées à la pandémie derrière les Etats-Unis. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Jair Bolsonaro, qui a toujours minimisé la menace du coronavirus et refusé les mesures de confinement, porte, selon le New York Times, une très grande responsabilité dans cette catastrophe sanitaire qui est en train de frapper son pays ; mais quand des journalistes l’interrogent sur le sujet, voilà ce qu'il répond : " Mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?"".

Et ça ne s'arrête pas là : depuis la fin de la semaine dernière, le gouvernement Bolsonaro a décidé de restreindre l'accès du public et des médias aux données sanitaires officielles sur l'épidémie. En particulier, il ne publie plus le nombre total de morts (autour de 37 000) qui est pourtant la donnée scrutée dans le monde entier pour prendre la mesure de la situation à un moment précis.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Quand les informations ne vous plaisent pas, cachez-les : voilà donc apparemment la logique de Jair Bolsonaro dont le ministère de la Santé, nous dit le groupe de presse Globo, a encore modifié ce lundi son mode de comptage quotidien. Les derniers chiffres officiels sont beaucoup plus bas que les précédents, et les données ne sont communiquées que par jour et pas région, plus jamais en nombres cumulés globaux.

Alors pour continuer à informer correctement les Brésiliens, les grands médias indépendants que sont la Folha et l'Estadao de Sao Paolo, le groupe Globo, UOL et Extra, ont décidé de collaborer pour récolter ensemble les vraies données épidémiologiques transparentes auprès des agences locales de santé pour les agréger et les rendre publiques. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

L'initiative est sans précédent, mais "Le journalisme doit jouer son rôle au Brésil, surtout face à une telle crise où une information honnête et fiable pet sauver des vies", voilà la profession de foi des journaux partenaires. "On ne peut pas, disent-ils enfin, laisser le Brésil plonger comme un avion sans pilote dans la tempête". Au moins eux ont trouvé leur réponse à cette question posée par le pilote lui-même : "Mais qu'est ce que vous voulez que j'y fasse ?"    

Chroniques
7H38
5 min
À quoi rêvez-vous ?
Olivier Mantei : "Je pense qu'il faut réagir, mais ne rien faire au rabais"
L'équipe
Journaliste
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......