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Trump organise une conférence de presse sur le coronavirus à la Maison Blanche le 9 mars 2020

Trump au temps du coronavirus

5 min
À retrouver dans l'émission

Le Président américain est critiqué par la presse de son pays ce matin pour sa légèreté face à l'épidémie et son incapacité à contrer la chute des marchés.

Trump organise une conférence de presse sur le coronavirus à la Maison Blanche le 9 mars 2020
Trump organise une conférence de presse sur le coronavirus à la Maison Blanche le 9 mars 2020 Crédits : TASOS KATOPODIS - Maxppp

C'est l'ennemi contre lequel il ne peut pas Twitter, remarque perfidement le New York Times... Trump au temps du coronavirus, voilà qui  donne encore beaucoup de grain à moudre à la presse américaine ce matin. Lui qui excelle lorsqu'il s'agit de blâmer des responsables, comment s'attaquer à un ennemi invisible, se demande le New York Times. Le Covid-19 n'a pas de compter twitter, ironise la BBC. Trump n'est tout simplement pas adapté aux temps de crise, cingle le New York Times, son narcissisme nuit gravement à notre santé. 

On a détaillé ici son ignorance et sa légèreté face au coronavirus, dont il comparait le peu de victimes encore ce week-end aux ravages de la grippe. Obsédé par sa réélection, le Président, dénonce Jennifer Senior dans le New York Times, maquille les chiffres et veut réduire au silence les porteurs de mauvaises nouvelles. Et de lister quelques uns de ses derniers exploits. Il ment en disant que les tests sont disponibles pour tous, il ment en cachant le taux de létalité du virus. Et de s'inquiéter de l'absence de communication sur le nombre, bien trop faible, de personnes qui ont pu avoir accès aux tests aux Etats-Unis.  Lorsque le coronavirus est apparu en Chine, certains ont comparé la situation à Tchernobyl, eh bien cela vaut désormais pour notre pays aussi, s'insurge l'éditorialiste.  Plusieurs titres sont encore choqués par ce tweet trumpien du week-end accompagné d'une photo le montrant jouant du violon avec cette phrase "Rien ne peut arrêter ce qui arrive"... C'est Néron pendant que Rome brûle! s'insurgent le Times ou le Post

Tout est affaire de chiffres

Vanity Fair relate comment le président bataille pour trouver le bon message. Lui qui est connu pour son aversion pour les microbes et s'inquiète en privé de devoir voyager avec des journalistes potentiellement porteurs du virus dans Air Force One, il refuse d'annuler ses meetings de campagne. Trump tente de maîtriser la narration, explique Vanity, citant des sources internes à la Maison Blanche mais n'y parvient pas. Il semblerait toutefois que la Maison Blanche commence à prendre la mesure de l'épidémie. Depuis quelques heures, les tweets s'assagissent et le président devrait détailler dans la journée toute une batterie de mesures visant à soulager l'économie américaine.

Tout est affaire de chiffres  Deux chiffres, nous dit la BBC, obsèdent le président américain qui les considère comme inextricablement liés : sa cote de confiance et les marchés. Aucun président n'a été à ce point obsédé par Wall Street. Chaque fois que la bourse ou le Dow Jones a battu un record, il a tweeté. 280 fois a compté la BBC. En moyenne, Donald Trump a exalté la performance des marchés tous les quatre jours. Car son calcul, c'est que s'ils montent, sa popularité aussi et il sera réélu en novembre prochain. Mais voilà, le coronavirus est venu perturber ce bel ordonnancement. La chute de Wall Street hier a été telle qu'une alarme a coupé les circuits durant 15 minutes, rapporte la BBC pour permettre aux traders de respirer et de prendre la mesure de la chute. Ils l'ont prise et au bout d'un quart d'heure les marchés ont repris leur plongée.  

Quant à l'autre chiffre eh bien le Washington Post publie ce matin un nouveau sondage qui ne va pas plaire à Donald Trump.   43% des Américains approuvent sa gestion de la crise du coronavirus contre 49% et 56% des personnes inscrites sur une liste électorale estiment que Biden ferait mieux que lui. C'est vrai, le Président jouit toujours une forte approbation en matière d'économie, reconnaît le Washington Post , mais cela souligne à quel point il est dépendant de ces chiffres et combien précaire serait sa réélection si la conjoncture devait se retourner.   Et cette chute des marchés et des cours du pétrole n'augure rien de bon. C'est le New York Times, entre autres qui analyse cette secousse sismique avec la guerre des prix lancée par l'Arabie Saoudite et la Russie. Les cours remontent légèrement ce matin, mais il faudra du temps pour absorber les chocs. Des mois pour connaître en détail l'impact de cette crise sur notre économie mais il sera considérable, prédit le journal, particulièrement au Texas et dans les Etats où le pétrole est le carburant du marché du travail. 

La purge saoudienne liée aux élections américaines ?

Comme si le coronavirus ne suffisait pas voilà que les marchés doivent affronter la bataille du pétrole entre deux des dirigeants qu'il admire le plus Poutine et Mohamed Ben Salman, le prince héritier. Il n'a même pas réussi à les modérer, dénonce le New Yorker.  MBS qui a lancé une nouvelle purge ce week-end... purge qui ne serait pas sans lien avec les échéances américaines si l'on en croit Middle East Eye. Parmi les derniers à faire les frais de l'autoritarisme du prince héritier saoudien, son oncle et principal rival le prince Ahmed ben Abdelaziz. Au moins 20 princes au total ont été arrêtés poursuit la revue. Et tout cela pourquoi? Car MBS entendrait devenir roi avant le sommet du G20 qui se tiendra à Riyad en novembre. Il souhaiterait en faire la scène de son accession au trône, sans attendre la mort du roi Salmane, nous dit Middle East Eye, car la présence du père donne une légitimité au fils. Pourquoi une telle précipitation? Middle East Eye cite plusieurs sources au palais selon lesquelles MBS s’inquiéterait de la possibilité que Trump ne soit pas réélu à l'automne. Il perdrait alors l'un de ses plus solides soutiens. Les candidats démocrates encore en lice sont en effet des critiques déclarés du prince héritier et l'ont ouvertement condamné pour le meurtre du journaliste Khashoggi quand Trump a lui rejeté les appels à une enquête criminelle du FBI. Ou comment les mauvais chiffres du président américains ont peut-être envoyé quelques princes saoudiens derrière les barreaux...

Chroniques

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